Critiques de films

Critique : Real Steel, de Shawn Levy

En alliant une intrigue personnelle et émouvante à un des combats de boxe inédits, Real Steel est un hommage au film de combat, tout en étant destiné au jeune public.

 

Affiche du film Real Steel, de Shawn Levy
Affiche du film Real Steel, de Shawn Levy

 

Dans un futur proche, la boxe a évolué pour devenir un sport high-tech. Charlie Kenton, un ancien boxeur, a perdu toute chance de remporter le championnat depuis que les humains ont été remplacés sur le ring par des robots d’acier de 900 kilos et de 2,40 m de haut. A présent, il n’est plus qu’un manager minable qui utilise des robots bas de gamme fabriqués à partir de pièces de récupération. Il gagne juste assez pour survivre d’un combat à l’autre. Lorsque Charlie touche le fond, il accepte à contrecœur de faire équipe avec son fils Max, qu’il a perdu de vue depuis des années, pour construire et entraîner un champion. Dans l’arène où tous les coups sont permis, les enjeux sont plus élevés qu’ils ne l’ont jamais été. Contre toute attente, Charlie et Max ont une chance, une seule, de faire leur grand retour…

 

Il y a dans le film mettant en scène un sport de combat, une certaine tradition. Nul doute que le réalisateur Shawn Levy en a tenu compte. Pour ce spécialiste de la comédie bon public (Pour le meilleur et pour le rire, Treize à la douzaine, La nuit au musée), c’est un challenge que de réaliser un film d’action mêlant la science-fiction et le dramatique. Real Steel est découpé en deux niveaux bien précis qui arrivent à offrir un spectacle digne d’intérêt si on recherche un divertissement. D’une part, un côté visuel qui joue la carte du gigantisme, frôlant trop souvent la surenchère, mais très impressionnant à regarder. Le côté super-production auquel ne pouvait échapper un film comme celui-ci, qui veut aussi rassembler les plus petits (d’une tranche de 7 à 13 ans) et les adultes, heureux de retrouver certains influences du passé dans ce long métrage. D’autre part, l’histoire en elle-même, centrée sur la relation père/fils, émouvante et forte dès le départ. En parallèle, on découvre des personnages principaux tombés dans l’oubli, voir abandonnés. En premier lieu, Charlie (Hugh Jackman), ex-star de la boxe qui est devenu un petit manager de robots rafistolés. Il est à la dérive totale lorsque son fils renié Max (Dakota Goyo) fait irruption dans sa vie. Enfin il y a ce robot que Max va découvrir et entraîner et qui va devenir la star inattendue.

 

Extrait du film Real Steel (2011)
Extrait du film Real Steel (2011)

 

Du spectacle-combat à l’émotion d’une histoire, il n’y a qu’un pas, agréablement franchi par Shawn Levy derrière la caméra. Dans Real Steel , il rend hommage aux films mettant en scène la boxe et les sports de combat. En effet, la boxe amène une dimension tragique et émotionnelle non négligeable, car elle met en scène des héros tombés dans l’anonymat ou la disgrâce (Raging Bull, Rocky) et que le spectateur a envie de voir gagner au final. A ce petit jeu facile, Real Steel semble maîtriser le concept sans difficulté. Les thématiques du courage et de la bravoure sont régulièrement mises en avant, en même temps que la confiance en soi. Avec quelques mièvreries dues à son côté grand public et ses facilités d’écritures, Real Steel n’a pas la même portée émotionnelle que ses influences, mais il touchera obligatoirement si on se laisse porter par cette histoire que se laisse regarder.

 

Loin d’être parfait, le film de Shawn Levy arrive à convaincre et à créer l’attachement du spectateur. Même dans ses scènes les plus ridicules en apparence, Real Steel arrive à mettre en avant son originalité sous la forme d’un humour particulier. Par exemple lorsque le fils de Charlie, Max, arrive à danser avec son robot, non sans ressemblances avec une certaine coqueluche nommée Justin Bieber. On atteint alors des sommets du « too much », comme s’il était nécessaire de garder un lien avec le jeune public de cette façon. C’est un peu abaisser volontairement la qualité d’un film qui aurait pu être mieux apprécié sans cela. Mais il y a là-dedans la touche originale, un peu plus fun et décalée, comme une sorte d’exutoire à la violence du combat, et là-dessus, l’écriture du film peut s’avérer intéressante pour le spectateur.

 

L’avis : Sans laisser de côté le minimum de niaiseries qui s’accrochent obligatoirement à des histoires de ce type, Real Steel demeure un divertissement agréable à regarder, auquel le spectateur ne devrait avoir aucun mal à s’attacher, notamment grâce à une histoire facile et des personnages très accessibles.

 

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