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Critique : Shadow Dancer, de James Marsh

Quand on pense film d’espionnage d’un côté il y a le FBI, la CIA, et Tom Cruise, et de l’autre il y a Shadow Dancer.

 

Affiche du film Shadow Dancer de James Marsh
Affiche du film Shadow Dancer de James Marsh

 

Colette Mc Veigh originaire de Belfast, fait partie d’une famille d’activistes de L’IRA. Celle-ci est arrêtée suite à un attentat avorté en plein Londres. Elle rencontre alors Mac, un agent secret du MI5 qu’il lui propose un choix terrible: passer 25 années en prison, et renoncer à son jeune fils, ou bien espionner sa propre famille. Elle cède alors à l’agent et retourne au sein de sa famille, afin d’accomplir sa mission.

 

Récompensé au Festival de Dinard, Shadow Dancer est adapté de l’œuvre du même nom de Tom Bradby, scénariste du film et ex-correspondant de guerre pour la télévision d’Irlande du Nord, au moment des faits. Réalisé par James Marsh à qui l’on doit des documentaires tels que Le Funambule ou Le projet Nim, ou encore la Red Riding Trilogy, Shadow Dancer est un film qui ontrairement à un film d’espionnage de type « américain » prône le réalisme, défaut professionnel du documentariste. Le film dépeint une Irlande du Nord, sombre et froide avec la guerre qui sévit, ce qui n’est pas sans rappeler le glorieux « Bloody Sunday », sur fond de conflit nord-irlandais. Le réalisateur, nous emmène dans la vie d’une jeune mère de famille pour qui attentats et cadavres ne sont que le quotidien.

 

Extrait du film Shadow Dancer (2013)
Extrait du film Shadow Dancer (2013)

 

James Marsh nous propose un drame qui se voudrait presque anti film d’espionnage. Stop aux fusillades et aux scènes de combats, puisqu’il y a pour ainsi dire que deux coups de feu et une brève explosion sur 1h40 . Le film s’ouvre sur la jeunesse de la protagoniste, avec un drame familial : la mort de son jeune frère, duquel elle est responsable. (Un incipit assez étrange puisque cette scène, ne se retrouvera pas plus tard dans le film, ce fait ne sera même pas évoqué. Une scène qui aurait pour seul but de mener le spectateur sur une fausse piste). L’important ici ne semble pas de connaître l’intrigue ni de savoir qui tire les ficelles. Mais le film veut porter l’intérêt sur l’impact du terrorisme sur cette vie de famille plutôt que les actes en eux-mêmes. Ce qui compte c’est le point de vue de l’héroïne, comme si les événements de cette période et cette histoire d’infiltrés n’était qu’un prétexte pour s’immiscer dans l’histoire de Colette.

 

La rencontre entre les deux personnages nous donnera le ton du film à savoir très peu de dialogues mais une tension en continue. Des décors naturels : les rues de Belfast sous la pluie, la maison familiale, qui nous épargne la succession de salles d’interrogatoires auxquels d’autres nous ont habitués. Celle qui ne semble être qu’une faible mère au foyer, se révèle plutôt sûre d’elle, et parviendra à défendre ses intérêts, de même que le personnage de Mac (Clive Owen) qui, lorsqu’il sera écarté de l’affaire, cherchera en vain à protéger Colette, que lui seul aura finalement mis en danger. Ce brave Clive Owen, qui n’a plus rien à prouver se retrouve parfois effacé tant, l’on est focalisé sur Colette brillamment interprété par Andrea Riseborough. Le rôle d’un personnage à la fois terrorisé et paniqué par la mort qui pourrait lui être promise, mais qui parvient au sein de sa famille à faire preuve de patience et d’un très grand calme.

 

Extrait du film Shadow Dancer (2013)
Extrait du film Shadow Dancer (2013)

 

Un calme présent tout au long du film, qui pourrait donner la forte impression de longueurs dans le scénario, pourtant l’histoire ne cesse de se dérouler, et la traque d’avancer. La seule différence c’est que le spectateur n’est pas toujours tenu au courant de ce qui se trame. C’est là que réside un des intérêts du film: semer le spectateur et le faire douter du rôle de certain des personnages, comme si il faisait partie de l’histoire. Une intensité particulière, qui nous tient en haleine au long du film.

 

L’avis : Même si Shadow Dancer, ne sera sûrement pas prétendant au scénario le plus « original » de l’année, pour cause un conflit entre l’Angleterre et l’Irlande du nord, qui aura pas mal donné matière au cinéma grand breton, Celui -ci se démarque par sa manière de traiter le sujet, ainsi que par son don de troubler le spectateur, et de lui faire ressentir le point de vue de Colette. Le genre de films qui nous laisse confus, et nous trotte dans la tête , comme une impression d’avoir louper quelque chose.