Critiques de films, Drame

Critique : Shame de Steve McQueen (II)

Steve McQueen (II), n’a pas encore réalisé beaucoup de films. Deux à vrai dire. On peut donc dire que c’est un jeune réalisateur qui arrive dans le milieu. Il a tout de même un film à son actif (en ne comptant pas Shame), Hunger, qui est sorti en salle en 2008. Mais nous allons le revoir dans quelques temps, puisqu’il réalisera Twelve Years a Slave dans le courant de l’année 2013, en y dirigeant un certain Michael Fassbender.

 

Shame, de Steve McQueen affiche
Shame, de Steve McQueen (II) affiche

 

Brandon un  trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup. Son quotidien est dévoré par une seule obsession : le sexe. Quand sa sœur Sissy, chanteuse, un peu paumée, arrive sans prévenir à New-York pour s’installer dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie.

 

 

Pour son deuxième film Steve McQueen (II) a décidé de continuer sur sa lancée des films interdit aux moins de  12 ans. Avec pour cette fois un sujet tabou dans nos sociétés actuelles, l’addiction. Mais pas n’importe laquelle. Une addiction qui peut gâcher l’existence d’un homme ou d’une femme, mais aussi celle de son entourage, et dont beaucoup de personnes souffrent, mais qui reste secrète, car considérée comme une honte. Nous parlons de l’addiction sexuelle. Le réalisateur porte un intérêt à ce sujet qui a déjà été utilisé dans d’autres films comme Choke de Clark Gregg (2008), The Slut de Hagar Ben Asher (2011) ou bien encore la série Californication de David Duchovny (2007). Maintenant, reste à savoir si Shame provoque plus d’effets que ses concurrents.

A la base, une histoire qui aux premiers abords attire, intrigue, et qui donne envie d’être vue, mais quand on arrive devant, on regrette d’être rentré dans la salle. McQueen  n’a pas su exploiter son sujet comme il le fallait, la seule chose qu’il a su nous montrer c’est du sexe, Brandon au travail, du sexe et encore du sexe. Voilà et le film s’arrête là. Pourtant il aurait pu faire beaucoup mieux, mettre de la subtilité dans un sujet qui se veut être direct. Il a voulu nous expliquer, nous montrer physiquement ce qu’était l’addiction sexuelle. Sur ce point-là, on peut dire qu’il a réussi à nous dévoiler le  problème sous tous les angles (allongé, debout, assis, devant, derrière…). Mais sur la longueur a-t-il aussi bien réussi ? Des scènes et une fin prévisibles. On ne parlera même pas des dialogues car il y en a très peu, et quand les acteurs sortent leurs répliques, on se demande vraiment qui a écrit un tel scénario, pas franchement très recherché.

 

Shame, de Steve McQueen
Shame, de Steve McQueen (II)

Vous allez me dire : il y a quand même Michael Fassbender ! Moi je vous réponds : et alors ! Il faut arrêter de se voiler la face, Michael Fassbender (que l’on peut retrouver dans Inglourious Basterds, X-Men : Le Commencement, ou bien encore dans Hunger, etc) n’a rien de particulier dans se film. Il ne laisse paraître aucunes émotions, il a pourtant un rôle important dans ce film je vous l’accorde, mais il ne casse pas trois pattes à un canard. Il est censé faire passer de la tension, de la colère, de la révolte dans son personnage. Moi j’attends toujours. De plus il n’est pas mis en valeur (physiquement), car si on regarde des photos de lui sur la toile, on se dit « ouah quel beau gosse », mais dans Shame il ne ressemble à rien (désolé pour les fans, mais il faut être réaliste). Ce que j’ai ressenti, c’est une sorte de cliché physique : on voit un Brandon ravagé, physiquement peu en valeur. J’aurais préféré un personnage plus subtil que brut à l’image, une sorte de virilité exacerbé qui donne dans la caricature d’une addiction.

Il donne la réplique à Carey Mulligan qui a joué dans Drive (2011), Never Let Me Go (2011), Une Education (2010), et que l’on retrouvera prochainement This Beautiful Fantastic de Terry Loane, elle est vraiment très douée. Dans cette histoire elle interprète une jeune chanteuse qui est un peu paumée dans sa vie, et qui vient se réfugier chez son frère (Michael Fassbender). Elle aussi devrait nous émouvoir, mais non il ne se passe rien, elle n’arrive pas à sensibiliser le spectateur. Quand on regarde son rôle de plus près on peut constater qu’il y a pourtant matière à faire, mais non Carey Mulligan me paraît effacé, loin derrière le personnage ultra central de Brandon qui attire toutes les attention, elle n’allait pas faire frémir le spectateur. Un rôle par exemple loin d’être aussi intense que dans Une Education. De plus, dans Drive, son rôle est autant secondaire, mais elle a une responsabilité, une émotion qui passe, malgré le regard irrémédiablement attiré par Ryan Gosling.

 

L’avis : Un film avec un budget confortable – 6 500 000 dollars – mais avec un réalisateur qui a voulu faire au-dessus de ses compétences, et qui rate un film, qui aurait pu être très intéressant.