Comédie, Critiques de films, Drame

Critique : The Big Sick de Michael Showalter

Le succès populaire américain de l’été !

Les comédies américaines ont toujours été des exemples quand il s’agit de dénoncer et aborder des sujets de société pas forcément joyeux. The Big Sick est clairement dans cet esprit là. Il a fait sa première mondiale au festival de Sundance, qui confirme d’années en années être la meilleure plateforme de lancement pour les comédies indépendantes et, évidemment, le cinéma indépendant de manière générale. Il s’agit ici d’une comédie dramatique qui parle d’un pakistanais vivant aux Etats-Unis, qui veut devenir comédien de stand-up et dont la famille veut choisir l’épouse.

Concrètement, The Big Sick est le parfait opposé du non moins excellent Noces de Stefan Streker qui abordait la même thématique des mariages forcés selon la tradition pakistanaise dans des familles vivant à l’étranger. Le scénario est l’œuvre de Kumail Nanjiani, un comédien américain d’origine pakistanaise dont le héros du film porte son prénom. Ce n’est pas dû au hasard puisque The Big Sick s’inspire de sa vie. Il y aborde la question de la famille immigrée, de son intégration, de ses choix de vie, du libre-arbitre, de l’amour, des traditions,… Mais ce qui domine, c’est que, alors qu’il devrait se marier avec une pakistanaise, Kumail tombe amoureux d’une américaine blanche.

Le jour où cette dernière est mise dans un coma artificiel suite à une maladie, Kumail va devoir prendre conscience des éléments qui l’entourent. Il va devoir faire des choix. Reprendre des études comme sa mère l’espère ou poursuivre son rêve ? Se marier avec une pakistanaise ou celle qu’il aime ? Les réponses peuvent sembler évidentes pour nous autres occidentaux mais, si les questions se posent dans le film, c’est qu’elles sont loin d’être résolues dans le monde entier.

Ce cocktail de thématiques fonctionne admirablement bien. C’est dû à la qualité du scénario, bien équilibré, qui alterne moments drôles et dramatiques avec une fluidité qui devrait en inspirer quelques uns de ce côté de l’Atlantique. Autour de ce sujet dramatique des mariages forcés, Kumail Nanjiani, qui interprète son propre rôle, parvient à toucher et emporter les spectateurs dans son univers sans jamais tomber dans le pathos ou trop en faire dans le comique. C’est un exercice particulièrement difficile que Nanjiani réussi avec brio. Il est épaulé par la toujours aussi ravissante Zoé Kazan, la petite fille du célèbre Elia Kazan qui a donné à Marlon Brando plusieurs de ses rôles les plus emblématiques. La jeune comédienne est pétillante et forme un fantastique duo avec Kumail Nanjiani, que Michael Showalter, un réalisateur de comédies, filme avec beaucoup de bienveillance.

Tout cela fait que The Big Sick est une petite surprise qui fait plaisir en ce début d’été. Elle vaut pour tant ses thématiques traitées avec justesse que son aspect comique ou encore ses talentueux comédiens. On en redemande.