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Critique : The Infiltrator de Brad Furman

Walter White chasse les trafiquants de drogue

Affiche de The Infiltrator de Brad Furman (2016)
Affiche de The Infiltrator de Brad Furman (2016)

Qui l’eu cru ? Le dealer le plus réputé du petit écran, Walter White, passerait de l’autre côté. En effet, après avoir incarné White, Bryan Cranston interprète désormais un agent de la DEA. Quelques années après son très bon La Défense Lincoln et son très mauvais Runner Runner, Brad Furman revient aux manettes d’un long-métrage. Il s’attaque cette fois ci à un joli coup réalisé par la DEA.

L’agent fédéral Bob Mazur a pour mission d’infiltrer le cartel de drogue de Pablo Escobar. Son but : faire tomber 85 barons et une banque internationale. Son plan : s’inventer un passé, une identité, une fiancée. Son risque : le moindre faux pas lui serait fatal.

Après Runner Runner, ce n’était pas difficile de remonter la pente tant le niveau était lamentable. Furman repasse ici à quelque chose de plus sérieux, beaucoup mieux ficelé et, dans l’ensemble, mieux géré. A la base, il a un bon matériau. Le scénario, qui a un schéma plutôt classique, contient son lot de rebondissements, de problèmes et de thématiques. Et il y en a suffisamment que pour tenir la longueur sans perdre le spectateur. Après quelques minutes, le concept ne s’essouffle pas grâce à la mise en scène mais on y reviendra plus bas. Qui dit film d’infiltration dit forcément plusieurs sujets abordés. Le premier est celui de l’identité car, les infiltrations effectuées sont rarement de très courte durée. Cela joue sur le deuxième thème qui est celui de la gestion de la vie de famille. Enfin, le troisième est celui de la gestion de l’infiltration elle-même, ce qui implique les relations créées avec des personnes du bord que l’on combat. C’est ce qui va se passer pour Bob Mazur et Furman l’a parfaitement abordé.

Ce qui fait que The Infiltrator est un peu plus qu’un film correct, c’est son traitement tant scénaristique que visuel. Les années fastes d’Escobar sont fidèlement retranscrites à l’écran et Furman s’en sert très bien. Sa force réside plutôt dans la mise en scène. The Infiltrator se rapproche énormément de La Défense Lincoln pour son aspect thriller. Cela permet à Furman de ressortir quelques effets de style et de tenter quelques plans qui font leur effet. Il est aidé par son monteur qui confère au film un rythme soutenu sans être effréné. La bonne gestion des différents arcs narratifs y est pour quelque chose bien entendu.

Extrait de The Infiltrator de Brad Furman (2016)
Extrait de The Infiltrator de Brad Furman (2016)

Pour le rôle principal, Furman a fait appel à Bryan Cranston, un acteur star du petit écran, longtemps habitué aux seconds voire troisièmes rôles au cinéma et qui a de plus en plus de premiers rôles. Les deux hommes se connaissent déjà puisque Cranston était à l’affiche de La Défense Lincoln dans un second rôle dont on parlait plus haut. Ceux qui le connaissent savent toute l’étendue de son talent. Il en fait une nouvelle fois preuve ici. Sa partenaire de jeu, Diane Kruger, apparaît relativement tardivement mais est bien rentrée dans la peau de son personnage. Les seconds rôles marquants sont ceux interprétés par John Leguizamo (American Ultra, John Wick, La Défense Lincoln) et Benjamin Bratt (Traffic, Mise à l’épreuve 2, Docteur Strange). L’ensemble des comédiens fait de l’excellent travail et, c’est toujours agréable de voir des visages familiers qui se font rares sur nos écrans européens.

En définitive, The Infiltrator est un bon thriller d’investigation et d’infiltration avec un personnage principal très bien écrit, campé par un Bryan Cranston en grande forme. Il est épaulé par un grand nombre de seconds rôles dont les comédiens sont souvent des fidèles de Brad Furman, lequel revient à un bon niveau après l’échec de Runner Runner.