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Critique : The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach

La vie de famille

Le récit intergénérationnel d’une fratrie en conflit rassemblée autour de leur père vieillissant

En cette fin de première semaine cannoise était projeté le second film estampillé Netflix, The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach. Techniquement, le film a été acquis par Netflix et n’a pas été financé dès le début, la précision a son importance. Il s’agit donc d’un vrai film de Noah Baumbach. Il retrouve son style antérieur à Frances Ha et un acteur avec qui il a collaboré par le passé : Ben Stiller.

The Meyerowitz Stories est une chronique familiale. Ou plutôt plusieurs chroniques familiales, comprenant de nombreuses anecdotes. C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on peut faire au film. La famille Meyerowitz est composée de plusieurs fratries. Tous les enfants sont issus de mères différentes. Baumbach se contente avant tout d’explorer les relations des enfants avec leur père mais aussi les relations fraternelles. Comme la vie du père ne fut pas simple, les enfants ont souffert de cela et, ce n’est que des dizaines d’années plus tard qu’ils mettent petit à petit les choses à plat. Quelques vannes fonctionnent, quelques arcs narratifs ont leur intérêt mais c’est très en deçà de ce que l’on espérait de Baumbach. Au final, c’est tellement anecdotique qu’il sera oublié dans l’heure.

Baumbach use et abuse de running gags, de références, de blagues. Beaucoup fonctionnent très bien d’ailleurs. On ri beaucoup pendant le film. Mais il y a un fameux goût de trop peu. C’est qu’a fait Baumbach, c’est un gentil film du dimanche soir. Il n’y a guère d’inventivité dans sa mise en scène, il nous avait habitué à mieux. Il y a un mécanisme de montage très efficace. Baumbach coupe certains dialogues avant la fin. Ce sont des moments de tension où les personnages sont souvent énervés. Les couper ainsi fait basculer les scènes dans le comique ce qui est plutôt bien vu.

Heureusement que le casting est là. Dustin Hoffman, Ben Stiller et Adam Sandler livrent tous le grand jeu. C’est même très agréable de voir Sandler dans un rôle plus sérieux, avec son lot de comique bien sûr mais, tout de même, il sort un peu de son terrain de jeu habituel ce qui n’est pas pour nous déplaire. C’est avec beaucoup de plaisir qu’on revoit aussi Emma Thompson, toujours aussi drôle, Elizabeth Marvel ou encore Rebecca Miller, la réalisatrice de Maggie a un plan. A noter également la découverte de Grace Van Patten qui incarne la fille d’Adam Sandler. C’est un talent à surveiller.

Finalement, la déception est bien là concernant The Meyerowitz Stories. Les attentes placées en Noah Baumbach étaient hautes. Il réussi certains passages et gère bien la partie humour mais le tout est trop déstructuré que pour fonctionner efficacement, au point que certains iront jusqu’à dire que c’est du sous Woody Allen.