BIFFF 2014, Critiques de films, Fantastique

Critique : The Zero Theorem de Terry Gilliam

Terry Gilliam est de retour avec un univers puissant

 

Affiche de The Zero Theorem de Terry Gilliam (2014)
Affiche de The Zero Theorem de Terry Gilliam (2014)

 

Tout le monde connaît Terry Gilliam. C’est l’ex Monty Python réalisateur de Brazil, L’Armée Des 12 Singes, Les Frères Grimm et L‘Imaginarium Du Docteur Parnassus (entre autre). C’est un réalisateur décalé, qui, à chaque film, plonge le spectateur dans un univers fantastique finement travaillé et précis. A l’instar de Tim Burton, chacun de ses films est très attendu par la planète cinéma à cause de cette identité qui lui est propre. Mais, à l’instar de Tim Burton également, au bout de moment, ça finit par lasser. Car si il y a quelque chose qui ressort après avoir vu The Zero Theorem, c’est que Terry Gilliam commence un peu trop à nous servir la même soupe.

 

 

The Zero Theorem raconte l’histoire de Qohen (Christoph Waltz), informaticien extrêmement doué mais à la vie sociale inexistante qui va être chargé par ses supérieurs de devoir travailler sur le décryptage de l’existence de l’univers. Cette tâche va se révéler être beaucoup plus ardue que ce qu’il s’était imaginé et, cela va se compliquer davantage avec l’arrivée dans sa vie de sa voisine Bainsley (Mélanie Thierry), une call girl assez particulière.

 

Cette histoire est assez intéressante. Une fois de plus, elle est relativement complexe et pleine d’éléments oniriques et philosophiques. A ce niveau là, on pourrait dire que c’est la quintessence de ce qu’a fait Terry Gilliam depuis le début de sa carrière. Les réflexions sont nombreuses et variées et abordent tant l’univers en général que l’amour. L’aspect univers est développé via le personnage de Qohen, celui de l’amour via le personnage de Qohen et de Bainsley. Cependant, il ne faut pas croire que le cinéma de Terry Gilliam se limite à ça. Il y a également toute une critique de la société de consommation et du capitalisme qui est faite en sourdine pendant tout le film. Le rendement, la production, les exigences des patrons, ce sont tous des thèmes abordés par Gilliam qui, comme à son habitude, ne fait pas juste un film divertissant mais aussi un film qui reflète le monde actuel et ce, grâce à un univers futuriste.

 

Extrait de the Zero Theorem de Terry Gilliam (2014)
Extrait de the Zero Theorem de Terry Gilliam (2014)

 

A côté de ça, le point fort du film reste évidemment la réalisation de Terry Gilliam et tout l’aspect production qui l’entoure. Visuellement, c’est, une fois encore, très réussi. Les décors, les costumes, les coiffures, rien n’est laissé au hasard. Tout a été extrêmement travaillé afin d’arriver à un résultat agréable à regarder mais aussi intrigant. Les fans et fidèles du réalisateur remarqueront de suite sa patte rien qu’avec ces éléments là. Au niveau de la mise en scène pure, il n’y a rien à redire. Gilliam est un réalisateur accompli qui n’a plus rien à prouver. La colorimétrie est très forte. Les couleurs ressortent très fort et la photographie atténue cela quelque peu en étant relativement léchée.

 

Extrait de the Zero Theorem de Terry Gilliam (2014)
Extrait de the Zero Theorem de Terry Gilliam (2014)

 

Comme pour chacun des films de l’ex comique américain (naturalisé britannique), il y a un casting de choix. En effet, The Zero Theorem met côte à côte le très en vogue Christophe Waltz, Mélanie Thierry, le truculent David Thewlis et l’oscarisée Tilda Swinton. Le premier rôle revient à Waltz qui a du beaucoup s’amuser lors du tournage tellement son personnage est particulier (quel personnage n’est pas particulier dans les films de Gilliam en même temps). Le crâne rasé, il interprète un homme paranoïaque qui n’a qu’une obsession, être chez lui afin de recevoir L’appel. Un personnage bien barré qui va donner lieu à quelques scènes très drôles. A ses côtés, Mélanie Thierry, l’atout charme du film s’en sort avec les honneurs. L’excellent David Thewlis nous propose une partition similaire à ce qu’il a pu faire avec le personnage de Lupin dans la saga Harry Potter. C’est toujours un plaisir de le voir à l’écran et, avec ce film-ci, on se dira encore qu’on ne le voit que trop rarement. Enfin, la vraie surprise et les moments les plus drôles sont du fait de Tilda Swinton, une psy online très pince sans rire qui va rentrer dans les annales. La comédienne sait se diversifier et on espère la revoir dans ce genre de rôle plus souvent (sa prestation dans The Grand Budapest, bien qu’un peu courte, était déjà légèrement de cet ordre).

 

Comme vous aurez pu le constater, cette critique n’est pas spécialement négative. En effet, ce n’est pas un mauvais film et, même si on est quand même content d’avoir un film de Gilliam, on reste cependant sur notre faim car, on a ce à quoi on s’attendait, ni plus ni moins. La déception est là malgré le fait que ce soit loin d’être le pire film de Gilliam. Le syndrome Tim Burton s’exporterait-il ?