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Critique : Tout là-haut de Serge Hazanavicius

Les rois de la glisse

Scott, jeune surdoué du snowboard, n’a qu’un rêve : être le premier. Il veut réaliser ce que personne n’a réussi : aller tout en haut de l’Everest et tenter la descente de la plus pure, de la plus raide, de la plus dangereuse des pentes. En arrivant à Chamonix, capitale mondiale de la glisse, son destin va croiser la route de Pierrick, ancien champion devenu guide de montagne. Une rencontre qui pourrait bien le conduire jusqu’au sommet.

Dans la famille Hazanavicius je demande le frère. Serge, frère de Michel donc, se lance dans la réalisation, après avoir écumé les plateaux de tournage en tant qu’acteur. Pour ses débuts, il réalise la vision de quelqu’un d’autre, celle de Stéphane Dan, un ami snowboarder et guide de montage qui n’est pas étranger au cinéma puisqu’il a déjà été doublure dans plusieurs films dont Le Monde ne suffit pas. Ensemble, ils ont écrit cette histoire d’un jeune rider qui veut être le premier à descendre l’Everest en snowboard. En réalité, comme indiqué à la fin du générique, seule une personne a tenté la descente dans les années 90 et, à ce jour, elle n’a jamais terminé sa descente (qui a dû être interrompue).

C’est ainsi qu’on suit Scott qui va démarrer en douceur, se faisant remarquer lors d’une descente risquée. Et ça ne sera pas dans le bon sens puisqu’il a pris des risques, n’étant pas préparé adéquatement. Suite à cela, il va se faire épauler par Pierrick, un ancien champion devenu guide de montage. A partir de là, le chemin est classique. Scott est bon, très bon, il monte les échelons, doit démarcher des sponsors, monter une équipe pour son rêve de descente de l’Everet, la chute, la réalisation du rêve. Tout y est. C’est cela le principal problème. C’est qu’au final, ça ne raconte pas grand chose. C’est plutôt vide. Bien sûr, on a les morales habituelles, réalise tes rêves, ne prends pas de risques, profite de la vie,… Mais est-ce suffisant ? Non.

Là où le film devient un peu intéressant, c’est quand il se croit être sponsorisé par une célèbre marque de boissons énergisante. Les descentes en snow sont certainement les scènes les plus réussies. Mais évidemment, elles ne sont pas filmées par Serge Hazanavicius mais bien par une équipe de spécialistes. D’ailleurs, c’est Stéphane Dan lui-même qui double Pierrick, le personnage incarné par Vincent Elbaz. Elbaz est d’ailleurs de plutôt bonne composition dans le film, jouant une partition qu’on lui connaît mais il le fait bien. Quant à Kev Adams, c’est une toute autre histoire. Il n’est foncièrement pas mauvais dans l’absolu mais, son problème c’est qu’il croit encore avoir 15 ans. Forcément, quand on joue quelqu’un ayant dix ans de plus, ça passe moins bien. Bérénice Béjo est quand à elle carrément invisible, elle n’est que le simple atout féminin du film, autant dire qu’elle ne sert malheureusement pas à grand chose.

Au final, Tout là-haut vaut uniquement pour ses scènes de glisse, qui sont largement insuffisantes que pour sauver le film. On est dans le très anecdotique avec des personnages peu incarnés et une mise en scène très plate. Aussitôt vu, aussitôt oublié.