Critiques de films

Critique : Un monstre à Paris, d’Eric Bergeron

Dans une belle lignée de films d’animation à la française, Un monstre à Paris se coince entre toute l’authenticité d’un Illusionniste de Chomet et l’esthétisme de l’animation moderne, sans en tirer le meilleur.

 

Affiche du film Un monstre à Paris, d'Eric Bergeron
Affiche du film Un monstre à Paris, d'Eric Bergeron

 

Dans le Paris inondé de 1910, un monstre sème la panique. Traqué sans relâche par le redoutable préfet Maynott, il demeure introuvable… Et si la meilleure cachette était sous les feux de « L’Oiseau Rare », un cabaret où chante Lucille, la star de Montmartre au caractère bien trempé ?

 

Éric Bergeron est enfin un réalisateur français en France ! Après avoir signé outre Atlantique des films d’animation comme La Route d’Eldorado et Gang de Requins, il livre le tableau d’un Paris des années 10 et raconte une histoire touchante et drôle. Un film avec des moyens (à l’image du parc d’écrans assez étonnant – supérieur à celui de The Artist – dès sa première semaine) qui devrait ravir les plus petits. Un Monstre à Paris pourrait être un film véritablement tout public. Clairement destiné aux enfants, le film d’Eric Bergeron échoue dans ses clins d’œil destinés aux plus jeunes, comme par exemple celui du policier à vélo qui imite Bourvil (n’y aurait-il pas un problème d’époque à tout hasard ?).

 

Extrait du film Un monstre à Paris (2011)
Extrait du film Un monstre à Paris (2011)

 

L’action reste sympathique, mais le long métrage montre vite ses propres limites. Son action ressemble trop facilement à d’autres films ayant exploités la thématique du monstre terrorisant Paris (l’exemple d’Adèle Blanc-Sec en 2010 par exemple). Musicalement parlant, on aurait pu imaginer un film d’animation plus axé sur cette thématique. Mais les titres sont bien trop rares, naïvement introduits dans le fil de l’action. En prime, on remarque que le titre La Seine est repris plusieurs fois, en plus d’être court et assez simpliste dans les paroles. Un monstre à Paris serait donc limité sur ses deux thématiques principales. Il nous reste un ensemble relativement sympathique, très souriant, exploitant assez bien le personnage marginal de Francoeur cette puce géante. Physiquement, on apprécie les décors parisiens, l’ambiance folklorique, l’hommage culturelle à La Belle Époque. En revanche, la 3D qui tente d’exploiter les sauts de puce géants du monstre sur les toits de Paris, c’est la mal de crâne assuré, sans grande perspective ni profondeur.

 

L’avis : Si sympathique soit-il dans son ambiance, Un monstre à Paris accuse de trop nombreux défauts qui font de ce premier film d’animation français pour Éric Bergeron, un long métrage mal exploité dans son ensemble.

 

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