Critiques de films, Espionnage

Critique : Un Traitre Idéal de Susanna White

Mieux vaut éviter le mauvais endroit au mauvais moment

Affiche de Un Traître Idéal de Susanna White (2016)
Affiche de Un Traître Idéal de Susanna White (2016)

En vacances à Marrakech, un couple d’Anglais, Perry et Gail, se lie d’amitié avec un millionnaire russe nommé Dima. Ils ignorent que cet homme charismatique et extravagant blanchit l’argent de la mafia russe… Lorsque Dima demande leur aide pour livrer des informations explosives aux services secrets britanniques, la vie de Perry et Gail bascule. À travers toute l’Europe, ils se retrouvent plongés dans un monde de manipulation et de danger où chaque faux pas peut leur coûter la vie. Pour avoir une chance de s’en sortir, ils vont devoir faire équipe avec un agent anglais aux méthodes vraiment particulières…

Se frotter à John Le Carré pour des presque débuts dans les long-métrages de fiction, ce n’est pas choisir la facilité mais c’est pourtant le choix opéré par Susanna White. Après avoir réalisé Nanny McPhee et le Big Bang, White s’attaque donc au thriller d’espionnage. Son ambition est évidente, d’autant plus qu’elle s’est épaulée d’un casting impressionnant. Mais au final, ça donne quoi ?

Tout amateur de John Le Carré sera ravi de retrouver les éléments qui font de ses romans et leurs adaptations au cinéma des succès. Et qui font surtout qu’on les aime. Il n’y a plus besoin de parler du talent du gaillard qui régale à chaque fois. Dans les adaptations les plus récentes, on peut citer Le Tailleur de Panama, The Constant Gardener, La Taupe ou Un Homme Très Recherché. Que du bon donc. Disons-le d’entrée de jeu, Un Traitre Idéal n’arrive pas à la cheville des films précités mais, il ne démérite pas pour autant. L’intrigue se suit facilement. Peut-être trop facilement. Les engrenages sont simples et, parfois, les événements manquent d’ampleur. C’est un récit d’espionnage probablement plus facile d’accès mais, un peu faible pour les afficionados. De plus, le film n’évite pas quelques incohérences et facilités scénaristiques, principalement dans la dernière moitié du film.

Extrait de Un Traître Idéal de Susanna White (2016)
Extrait de Un Traître Idéal de Susanna White (2016)

L’autre gros souci, c’est la mise en scène et, surtout, la photographie. Cette dernière est très lumineuse, quasiment blanche. Ce n’est pas très beau ni agréable et, en plus de cela, ça apporte un côté un peu cheap à ce métrage qui n’avait pas besoin de ça. Quelle ne fut pas notre surprise quand on a remarqué que c’était Anthony Dod Mantle qui s’y est collé. Malheureusement, le constat est cinglant, le chef opérateur attitré de Ron Howard s’est loupé. Pour le reste, on remarque rapidement que Susanna White n’est pas une réalisatrice exceptionnelle. Elle se contente de filmer platement et ne parvient pas à insuffler une dynamique énergique.

Reste le casting qui fait le travail. Tant Ewan McGregor que Naomie Harris, Damian Lewis ou Stellan Skargård, chaque comédien est investi dans son rôle. Ce sont tous des acteurs avec un talent énorme mais, il n’y en a pas un qui sort un peu du lot. Il y a finalement peu à dire à leur sujet.

Un Traitre Idéal est un film d’espionnage qui ne marquera pas dans la durée. Loin d’être dans le haut du panier des adaptations de John Le Carré, il pâtit d’une mise en scène plate et d’une photographie étrange. Restent les comédiens et l’histoire, parfois un peu faible, pour contrebalancer les soucis. Aussi vite vu, aussi vite oublié.