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Critique : Wonder Wheel de Woody Allen

La roue tourne…

Ce film se déroule à Coney Island dans les années 1950, c’est une histoire d’amour pleine de passion, de personnages hors du commun, d’amants, d’infidélité et de gangsters.

Un peu moins de deux ans après Café Society, ce qui est une durée longuement inhabituelle pour lui, Woody Allen est de retour avec son nouveau long-métrage : Wonder Wheel, qui a pour cadre enchanteur Coney Island. Enfin, d’enchanteur, il n’y a bien que le cadre qui l’est car, comme souvent chez Allen, les personnages ont tout un tas de problèmes. Ici, il est même question de vie ou de mort, de mafieux, d’amour, de tromperies,… Bref, le lot habituel de thèmes cinématographiques.

Wonder Wheel est avant tout l’histoire d’un couple qui traverse une période compliquée. Lui est macho bien que très amoureux de sa femme. Elle en a marre et commence à aller voir ailleurs. La fille du mari, qui sont brouillés, débarque à l’improviste car elle est poursuivie par des gangsters. Forcément, comme ceux-ci savent qu’elle est brouillée avec son père, aller chez lui est plutôt une bonne cachette. Cela dit, tout va se compliquer, surtout quand elle va lorgner du côté de l’amant de sa belle-mère…

Une fois n’est pas coutume, Woody Allen a tenté un exercice de style. Wonder Wheel a une photographie très appuyée, bien trop surexposée par moment. C’est une œuvre où tout est très appuyé, exagéré voire surjoué. Forcément, comme il s’agit d’un parti pris, c’est compliqué d’aller reprocher cela à Allen mais, tout de même. Tout cette artificialité sonne trop faux que pour fonctionner. En agissant de la sorte, Allen veut rendre hommage à un certain cinéma hollywoodien mais il n’en a pas la saveur. Le réalisateur donne l’impression, encore plus que d’habitude, de mettre en scène une pièce de théâtre, avec ses mimiques habituelles. Le jazz, le ton, les costumes, tout est là pour signifier que le spectateur est bien devant un film d’Allen.

Malheureusement, on ne croit jamais à cette histoire, la faute à ses personnages auxquels on ne s’attache pas et au jeu des comédiens. Certes, le jeu surjoué est délibéré mais, vraiment, ce n’était pas la meilleure idée qui soit. Ils se donnent pourtant corps et âme, Kate Winslet en tête. Juno Temple, Justin Timberlake et James Belushi, bien trop rare sur nos écrans, ne sont pourtant pas n’importe qui et ont beaucoup de talent. Le choix effectué par Allen concernant la direction d’acteurs ne convient tout simplement pas.

Wonder Wheel est une nouvelle preuve du talent défectueux de Woody Allen et montre qu’il serait peut-être temps d’arrêter. Enfin ?