Deauville, Deauville 2017, Festivals

Deauville : Jour 1

C’est un soleil radieux qui accueille les festivaliers pour ce premier jour de compétition. La foule est déjà là à 10h pour la projection du film Beach Rats, second long-métrage de la réalisatrice Eliza Hittman. Nous suivons dans ce film à fleur de peau la vacuité quotidienne d’un groupe d’adolescents à Brooklyn, et plus particulièrement les doutes qui entourent la sexualité naissante et confuse du jeune Frankie. La caméra est belle, mais c’est surtout la prestation du jeune Harris Dickinson et sa beauté qui marquent. En tant que premier film projeté en compétition, le film n’a pas semblé convaincre et beaucoup lui reprochent son vide narratif. Je pense qui si le sujet aurait pu être traité plus originalement, le film se tient et propose une vision de la jeunesse New-yorkaise actuelle et sensible.

Second film, le très attendu Mary de Marc Webb, que nous avons déjà chroniqué sur Cinephilia. Comme à son habitude, Marc Webb propose un film avec une jolie histoire. Les personnages sont attachants, les effets narratifs attendus mais efficaces et la jeune actrice est très juste (le chat aussi). On en ressort de très bonne humeur et cela s’est ressenti dans l’ensemble du public. Il ne faut cependant pas crier au chef d’œuvre, car passé la bulle « feel-good » on se retrouve face à un film de facture un peu trop classique. Suite à la projection du film, Marc Webb en a profité pour nous parler un peu de ces influences (Lellouche, Peter Weir) mais également parlé de son cinéma et de son besoin de faire des films intimistes car il accorde beaucoup d’importances aux détails.

Après une petite pause bien méritée (surtout lié au fait que j’ai raté la séance de 17h de 47 meters down), me voilà à nouveau au Centre International de Deauville pour la projection du film Good Time des frères Safdie mais également pour la remise d’un prix d’honneur à l’acteur Robert Pattinson. Je passerai sur les détails « champagne et petits fours » (les robes sublimes, les questions insupportables de la traductrice etc) pour aller directement à la cérémonie en tant que telle. C’est Bérénice Béjo qui s’est occupée du discours qui fut parfait : un bel équilibre d’humour et d’émotion, surtout face à un Robert Pattinson assez gauche et hésitant. Good Time est pour le moment mon coup de cœur du festival (Je n’ai vu que trois films pour le moment, en même temps). C’est un mélange explosif de couleur et de sons, qui mettent en valeur des prestations d’acteurs parfaites. Robert Pattinson m’a fait plus d’une fois pensé à Robert de Niro dans Taxi Driver dans ce revival de la figure du anti-héro fou, charismatique mais tout de même sympathique à la Roberto Zucco.