Etrange 2016, Festivals

Etrange Festival 2016 : Jour 4

Alejandro Jodorowsky, Gaspar Noé et des films fous pour cette nouvelle journée de l’Étrange

Affiche de l'Etrange Festival 2016
Affiche de l’Etrange Festival 2016

Et c’est reparti pour une nouvelle journée à l’Etrange Festival. C’est samedi, l’occasion pour nous de voir un maximum de films mais aussi une interview avec la réalisatrice de Dark Circus. Et la surprise du jour c’est la présence de Gaspar Noé, venu présenter La Region Salvaje d’Escalante qui lui sera présent dimanche .

Le crypto-cinéma d’Alejandro Jodoorowsky :

En 2010, le réalisateur de El Topo, Santa Sangre et La Montagne sacrée venait présenter à l’Étrange Festival une carte blanche hallucinante et hallucinée. À cette occasion, il avait choisi de décoder pour nous, sous le prisme de son regard mystique, un classique du cinéma, qui prenait ainsi un sens nouveau. Pour la programmation cette année de Poésie sans fin c’est avec plaisir que nous vous proposons une nouvelle fois cette cryptoséance du maître de cérémonie Alejandro Jodorowsky !

L’avis de Manon : Jodorowsky nous a présenté une analyse ésotérique du Magicien d’Oz avec ses cartes du tarots. La sexualité, l’intellect et le coeur devait former un tout, Dorothée devait apprendre à dompter son égo (le chien) pour trouver la paix intérieur. Bon cours de cinéma, il faut admettre que Jodorowsky reste bien plus agréable à écouter qu’un maître de conférence dans une université.

La Region Salvaje : 

 Jeune mère au foyer, Alejandra élève ses deux garçons avec son mari Angel. Fabian, son frère, est infirmier dans un hôpital local. Leurs vies provinciales vont être bouleversées par l’arrivée de la mystérieuse Veronica…

L’avis d’Ilan :  Le nouveau film d’Amat Escalante est un véritable ovni. D’une beauté visuelle incroyable, cette histoire de couple et de désir surprend . Si le rythme du film risque d’ennuyer beaucoup notamment lors de la première partie, la seconde qui installe le fantastique est beaucoup plus intéressante. L’histoire reste cependant difficile à suivre et risque de rebouter de nombreuses personnes. Un film pas accessible à tous mais suffisamment original pour mériter sa chance.

La femme insecte :

Tome, une paysanne miséreuse née à l’aube du XXe siècle, va tout faire pour s’extirper de sa condition sociale. Arrivée en ville, elle va peu à peu sombrer dans la prostitution.

L’avis de Manon : On ne présente plus l’oeuvre d’Imamura et c’était un plaisir de découvrir La Femme insecte, chronique sociale à la destinée peu cruelle. Je déconseille cependant n’importe quel vieux film en noir et blanc dans une langue que vous ne maîtrisez pas quand vous avez dormi 3h la nuit précédente. Vous voyez ce que je veux dire.

The Bodyguard :

Après avoir été élevé dans la tradition des arts martiaux, Wu-Lin arrive en ville et se fait remarquer par un riche homme d’affaires. Ce dernier lui propose de devenir le garde du corps de sa fille Faye. Quand celle-ci se fait enlever, Wu-Lin va devoir mettre en pratique ses années d’apprentissage.

L’avis d’Ilan : Le voici enfin le premier film défouloir du festival. 90 minutes de castagne, de scènes et de dialogues dignes des grand nanar. Yue Song considère son film comme le meilleur film de kung-fu des 20 dernières années. Bon c’est pas vraiment ça mais c’est jubilatoire. On s’éclate pendant 1h30, ça donne des coups, la réalisation ne suit pas forcément mais au moins on se fend la gueule, un véritable plaisir . Puis voir un mec ouvrir une canette en enfonçant son doigt dedans c’est assez immense. Et des posters de James Bond dans une chambre c’est vraiment génial. Bref, le plaisir coupable de la journée.

Transfiguration :

https://www.youtube.com/watch?v=lW0MKmzKDGA

Milo, un orphelin new-yorkais de 14 ans, est la tête de turc de son quartier et des petites frappes locales. Pour s’évader de son quotidien, il s’adonne à sa passion : le film de vampires. À mesure qu’il se rapproche de Sophie, sa nouvelle voisine, son existence va basculer dans l’horreur…

L’avis de Manon : Trop fatigués, les critiques qui ont vu le film à Cannes sont sans doute passés à côté – je ne vois que cette explication pour justifier les mauvais premiers retours. Transfiguration est d’une intelligence absolue dans son utilisation du mythe du vampire, il utilise ses symboles les plus ancestraux comme ceux développés dans les films (on ne nous montre pas le Nosferatu de Murnau pour rien). La réalisation est sobre – ce qui n’est pas désagréable. Au fil du rythme un peu lent mais pas ennuyeux, l’horreur, la vraie, se tisse. Adolescence perturbée, deuil, violence et frustration mènent ce qui sera sans doute une des œuvres, voir l’oeuvre la plus intéressante de cet festival. Pour le coup, une critique complète du film et un interview du réalisateur Michael O’Shea sont à venir.

L’avis d’Ilan : Avec les mauvais retours, j’étais assez inquiet avant de découvrir Transfiguration. Au final, il s’agit d’une bonne surprise. Un drame romantique avec le thème de vampire sur deux adolescents qui vivent dans le ghetto.Bien foutu malgré un rythme lent, le film n’en reste pas moins intéressants notamment sur le thème du deuil et sur les conséquences de la perte d’un être cher dans la vie.

Bad Cat :

Obsédé, fumeur, amateur de boissons fortes, vulgaire, violent : Shero est un chat pas comme les autres, qui règne en maître sur son quartier. Ses deux amis sont Riza, un rat et Rifiki, une mouette, avec qui il organise des soirées sur le toit de son immeuble. Un soir, Shero apprend qu’il a un fils.

L’avis de Manon : Certains gags ont peut-être été un peu déjà vus mais jamais assez pour nous gâcher le plaisir et il y a un rat qui vole sur le dos d’une mouette, c’est pas du génie ça ? Sale, irrévérencieux, absurde, lubrique et parfois un peu mignon, Bad Cat est une super comédie qui mérite de sortir en France.

L’avis d’Ilan : Film d’animation Turc, Bad Cat a tout pour surprendre. Encore plus quand on voit l’incroyable qualité d’animation, digne des plus grands studios hollywoodiens. Bad Cat c’est un peu Comme des bêtes en version adulte avec un personnage ressemblant étrangement à Ted en pire. Gros chat qui fume, vulgaire et qui ne pense qu’à baiser. Le film contient des meurtres et possède un méchant cartoonesque qu’on avait pas vu depuis assez longtemps. Il s’agit de l’adaptation d’une bande dessinée en Turquie donc autant dire que c’est considéré comme un blockbuster là bas. Et c’est absolument génial. On rigole, ça se moque de pleins de choses, bref un film à voir absolument !