Etrange 2016, Festivals

Étrange Festival 2016 : Jour 6

Sexe, sexe, sexe, violence.

Affiche de l'Etrange Festival 2016
Affiche de l’Etrange Festival 2016

Nous voilà maintenant au milieu de l’Etrange Festival et, à notre grande déception, nous ne croisons Gaspar Noé que deux fois aujourd’hui, apparemment venu en simple spectateur. Comme lui, nous profitons toujours d’un maximum de films. La journée commence avec un documentaire sur Robert Mapplethorpe, avec des photos pour le moins osées, suivi du roman porno Wet women in the wind, du survival The Neighbor et enfin, du plus expérimental We Are The Flesh. Autant dire qu’en terme de scènes érotiques et pénis en gros plan, nous avons eu notre dose, le tout accompagné de gens qui s’étranglent ou d’une jeune femme en otage qui n’a pas envie de niaiser.

Mapplethorpe de Randy Barbato et Fenton Bailey

Photographe de génie, l’Américain Robert Mapplethorpe est peut-être l’un des plus importants de la fin du xxe siècle. Ses provocations ont marqué le monde de l’art et ont déclenché les foudres des censeurs et des conservateurs en stylisant le corps de l’homme et l’univers du bondage. Décédé en 1989 à l’âge de 42 ans, il laisse derrière lui une oeuvre vaste qui continue d’influencer de nombreux artistes. Déjà auteurs du passionnant Inside DeepThroat, Randy Barbato et Fenton Bailey sont allés à la rencontre des proches, des amants et de la famille de Mapplethorpe, tout en proposant des images d’archives rares, sans jamais sombrer dans l’hagiographie facile. Applaudi à Sundance et à la Berlinale.

L‘avis de Manon : Je ne connaissais seulement que quelques œuvres de l’artiste (la plus connue étant les visages de profil d’un homme noir et d’un homme blanc et j’ai beaucoup apprécié le documentaire qui crée un parallèle entre l’artiste en tant que personne et son oeuvre – sa vie sexuelle jouant un intérêt particulier comme ses modèles étaient, pour la plupart, ses amants (Mapplethorpe n’était pas un ange, pour gagner son attention les jeunes hommes savaient ce qu’ils devaient faire). Les témoignages sont tous précieux, bien, choisis et placés. La dernière partie, sur les derniers jours de Robert Mapplethorpe est également forte puisqu’elle aborde directement le rapport qu’entretenait son sujet avec la mort – la photographie de l’homme assis en retrait, tenant sa canne à tête de mort, n’a jamais été aussi évocatrice.

Wet Women In The Wind de Akihiko Shiota

Extrait de Wet women in the wind
Extrait de Wet women in the wind

Kosuke, un acteur de théâtre qui a décidé de vivre en ermite au fond d’une forêt, se retrouve harcelé par Shiori, une jeune fille envahissante qui ne veut plus le quitter.

L’avis de Manon : l’autre roman porno de la Nikkastu présenté à l’Etrange est une comédie aux vagues relents féministes – qui ne semblent être là que pour la forme et trop peu approfondis. Les rapports font parfois un peu tiquer et tout n’est pas très clair voir brouillon, on trouve quelques fois le temps long mais on sourit à quelques gags.

The Neighbor de Marcus Dunstan

https://www.youtube.com/watch?v=WvGnb7Qq3Bg

Lorsque John rentre chez lui, il découvre que Rosie, sa compagne, a disparu. Il se rend chez son voisin, mais personne ne répond. Il pénètre dans la demeure et découvre au sous-sol plusieurs personnes séquestrées dans des cages… dont Rosie.

L’avis de Manon : The Neighbor n’est clairement pas (du tout) le film le plus intellectuel de l’année et manque cruellement de nouvelles idées. On est cependant obligé de reconnaître que la mise en scène n’est pas trop mauvaise et que le divertissement, le suspens et l’horreur (avec un déchaînement de violence sur le final) fonctionnent.

L’avis d’Ilan : The Neighbor est de loin le plus gros plaisir coupable du festival. Fun, déjanté, violent mais tout en  étant sage quand on sait de quoi est capable Marcus Dunstan . Un thriller très efficace avec répliques bad’ass . On aurait tort de se priver surtout que le film est un mix entre Hitchcock et Kevin Smith.

We Are The Flesh de Emiliano Rocha Minter

https://www.youtube.com/watch?v=7UNcpItRTdg

Lucio et sa soeur Fauna déambulent dans un Mexique dévasté à la recherche de provisions. Dans un bâtiment dévasté, ils rencontrent un homme qui va les entraîner un tourbillon de perversités, de violence et de folie.

L’avis de Manon : We Are The Flesh est une expérimentation plus ou moins réussie. Le film met un bout de temps avant de commencer à exposer clairement son idée conductrice puis commet l’erreur d’appuyer par les paroles ce qui est déjà montré à l’image. Le thème de l’esprit prisonnier du corps est par la suite très bien traité, avec plein d’évocations visuelles qui frôlent le genre poétique (c’est un peu l’autre ligne conductrice de ce festival), et des images chocs non pas destinées à faire vomir mais engendrer la réflexion et symboliser divers éléments. Cependant, c’est un peu trop mince pour tenir sur 1h20, le film aurait gagné à explorer d’autres domaines. Un peu maladroit mais non sans intérêt, We Are The Flesh aurait peut-être été plus adapté pour le format de moyen métrage.

L’avis d’Ilan : Un mec fou qui joue du tambour et hurle et des gens qui scotchent du carton pendant 30 minutes. Merci, au revoir .