Etrange 2016, Festivals

Etrange Festival : Jour 9

Au tour d’Ilan de trouver son coup de coeur avec Détour.

Affiche de l'Etrange Festival 2016
Affiche de l’Etrange Festival 2016

 

Alors qu’on commence à se rapproche de la fin, on  rattrape les films ratés et on en découvre encore quelques nouveaux. Au programme : un documentaire sur le pony play (fétichisme), un film de Peter Weir, un film onirique français, un film d’animation de Bill Plympton et Détour, le gros coup de cœur d’Ilan.

Etre Cheval de Jérôme Clément-Wilz

Le pony-play est le jeu de domination entre un dresseur et un dressé, harnaché, métamorphosé et devant se comporter comme un cheval. Ils seraient plusieurs dizaines de milliers d’adeptes de cette pratique à travers le monde. Déjà auteur d’un documentaire sur un photographe de guerre (Un Baptême du feu), Jérôme Clément-Wilz a suivi l’un d’eux : Karen, transgenre, 50 ans, professeur à la retraite, dans sa quête initiatique pour assouvir ses fantasmes. Troublant et quasi-mystique, le film interroge notre propre regard sur l’autre. Selon le réalisateur : « Toute pratique humaine provient d’une quête de reconnaissance et cet abandon mutuel dans le pony-play comble cette demande. »

L’avis de Manon : Le sujet peut paraître improbable voir voyeuriste mais il est abordé avec le cœur pour un résultat très sensible. Karen, pony girl, se livre à la caméra avec une telle sincérité que l’on peut vraiment parler de force et de courage. Parfois un peu imparfait mais sans que ce soit gênant, Etre cheval est un documentaire à voir pour mieux comprendre l’autre et épouser une nouvelle vision du monde.

La Dernière vague de Peter Weir (présenté dans le cadre de la carte blanche à Jaz Coleman)

Alors que la ville de Sidney est touchée par d’inédits phénomènes météorologiques, l’avocat David Burton est frappé par des visions étranges. Il est chargé de défendre cinq aborigènes accusés d’avoir tué un des leurs au cours d’une rixe.

L’avis de Manon : Je n’avais encore jamais vu ce film de Peter Weir et il me confirme que c’est un cinéaste que j’aime beaucoup. Peter Weir reste extrêmement mystérieux et captive avec cette histoire d’homme blanc soudainement mêlé à une effrayante prophétie aborigène. Par ailleurs, les aborigènes et leurs croyances semblent plutôt bien abordés (si je ne peux confirmer la véracité de chaque élément donné ne connaissant rien au sujet, une longue recherche aurait été mené en préalable).

Where Horses Go To Die de Antony Hickling

Artiste plasticien, Daniel erre dans la nuit à la recherche d’inspiration. Au milieu de rêveries et de fantasmes, il croisera sur sa route Manuela, Divine et Candice, trois anges nocturnes qui l’entraîneront vers un voyage au bout du désir…

L’avis de Manon : Where Horses Go To Die est un de ces films post Rencontres d’après-minuit qui ne possède malheureusement ni la grâce ni la poésie de ce dernier. Les personnages sont stéréotypés et sans grande profondeur, du peintre qui veut lire l’âme des gens aux prostituées trans à la vie sentimentale chaotique. Ce schéma de personnages est par ailleurs assez obsolète et ne montre pas grand chose des vrais drames de la vie des jeunes femmes trans obligées de vendre leur corps. Il y a une tentative de faire quelque chose, de bons interprètes et quelques fulgurances quand un bébé arrive le temps de 2 ou 3 scènes, peut-être que le film aurait même pu verser astucieusement dans le comique absurde qui semble, lui être bien mieux inventif et maîtrisé par le réalisateur, mais le reste donne l’impression de s’étirer pour s’auto-contempler.

La Vengeresse de Bill Plympton et Jim Lujan

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Extrait de La Vengeresse

Les aventures de Rod Rosse, un chasseur de primes qui accepte un contrat commandité par un ancien biker devenu sénateur, surnommé Deathface. Sa mission : récupérer un colis dérobé et revenir avec la voleuse…

L’avis de Manon : Un film d’animation à l’aspect bien caractéristique pour une histoire d’espionnage et d’action entre Tarantino et les frères Coen, qui fait souvent sourire. Les personnages sont plutôt bien foutus (mention spéciale à la mère de Rod Ross) et l’histoire captive vite. On passe un très bon moment, plein de verve.

Détour de Christopher Smith

Extrait de Détour
Extrait de Détour

Harper accuse son beau-père d’être responsable de l’accident qui a plongé sa mère dans le coma. Lors d’une nuit d’ivresse, il confie à deux inconnus, Johnny et Cherry, un stratagème pour se venger. Le couple accepte pour 20 000 dollars de s’occuper du beau-père.

L’avis d’Ilan : Il aura fallu attendre le neuvième jour pour voir le film le plus excitant du festival. Le film qui te fait dire putain c’était bon à la fin. Le nouveau Christopher Smith est un plaisir total. Le réalisateur nous gratifie certes parfois d’un scénario prévisible mais d’une inventivité folle et nous offre exactement tout ce qu’on a envie de voir. La magie du montage du film est incroyable . D’une ambition folle, Détour ridiculise la filmographie de Christopher Nolan en utilisant certains de ses procédés.  On se met a genoux devant ce tour de force d’une beauté visuelle sublime et d’une technicité sans précédent !