Comédie, Critiques de films, Drame

Fast review : El Chino – En Secret

La fast review vous offre un petit voyage blindé d’exotisme, entre l’Iran et l’Argentine avec deux films attachants et humains, bien pourtant très différents dans leur traitement.

 

 

El Chino, de Sebastiàn Borensztein

 

 

L’histoire insolite d’un Argentin et d’un Chinois unis par une vache tombée du ciel !
Jun débarque mystérieusement en Argentine. Perdu et ne parlant pas un mot d’espagnol, il tombe littéralement sur Roberto, quincaillier maniaque et célibataire grincheux, qui le recueille malgré lui. Ce grain de sable dans la vie très réglée de Roberto va peu à peu le conduire, de situations absurdes en drôles de coïncidences, à changer imperceptiblement…

 

En débutant son film par l’une des scènes des plus incongrues de l’année, El Chino met clairement l’accent sur le fantaisiste qui couvrir le film en fil rouge. Cette belle histoire, qui met un peu de temps avant de vous captiver, s’avère très attachante. Ses personnages, et notamment l’excellent Roberto (Ricardo Darin, Dans ses yeux), sont suffisamment intéressants pour donner un ton au film, entre comédie burlesque qui se moque des clichés sur l’homme en général et sa condition, et le dramatique de situation, tout aussi émouvant. El Chino apparaît comme une surprise, largement maîtrisée. Film sans prétention, El Chino joue sur les non-dits, compose avec les regards et gestes, fait évoluer ses deux personnages antinomiques avec un saveur si particulière que le charme est obligé d’agir. On ne va pas s’en plaindre, c’est si rare et si plaisant qu’on en redemanderait presque.

 

L’avis : Une comédie inattendue, autant amusante qu’attachante.

 

Extrait du film El Chino (2012)
Extrait du film El Chino (2012)

 

 

En Secret, de Maryam Keshavarz

 

 

Atafeh et sa meilleure amie Shirin fréquentent les soirées branchées du Téhéran underground. Elles essayent de profiter au mieux de leur jeunesse quand Mehran, le frère et complice d’Atafeh, devient membre de la police des mœurs. Alors qu’il désapprouve sévèrement leur besoin de liberté, Mehran tombe amoureux de Shirin. Ses sentiments vont vite tourner à l’obsession et mettre à l’épreuve l’amitié des jeunes filles.

 

 

Dans le mouvement de la Nouvelle Vague iranienne et de l’émancipation libératrice de quelques peuples arabes, le discret En Secret passe totalement inaperçu. Pourtant, lorsque à l’été dernier je visionne ce film, on sent déjà la chaleur de la censure comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de la réalisatrice, consciente d’être désormais une persona non grata dans son pays. Pourtant En Secret n’a à priori, rien d’aussi polémique qu’un film de Jafar Panahi. Non, En Secret est sulfureux, parle d’émancipation de la femme, d’homosexualité au travers de liens de proximité entre les deux personnages féminins principaux. Les deux actrices (Sarah Kazemy et Nikohl Boosheri) évoluent avec grâce et sensualité dans ce beau drame qui ne souffre de presque aucune longueur, malgré un sujet téléphoné qui semble manquer de pertinence. La réalisatrice, volontairement émigrée aux Etats-Unis, filme les corps comme une transgression. D’ailleurs le film ne cesse de nous le rappeler, quitte à pousser à l’épuisement de son propos. Si l’histoire est touchante, le propos moraliste apparaît presque désuet. Car depuis ce fameux visionnage, de l’eau a coulé sous les ponts, et ce brûlant sujet a perdu de sa pertinence.

 

L’avis : L’histoire  est émouvante, la morale moins pertinente.

 

Extrait du film En Secret (2012)
Extrait du film En Secret (2012)