Critiques de films

Fast review : Or Noir – Hideaways

Or Noir, de Jean-Jacques Annaud

 

Avec Tahar Rahim, Antonio Banderas, Mark Strong, Freida Pinto. En salles depuis le 23 novembre.

 

Cette grande fresque épique située dans les années 30 au moment de la découverte du pétrole, raconte la rivalité entre deux émirs d’Arabie et l’ascension d’un jeune Prince dynamique qui va unir les tribus du royaume du désert.

Tout le monde était d’accord pour crier à qui voulait bien l’entendre : Jean-Jacques Annaud est revenu au grand film à spectacle, notamment après avoir signé La Guerre du Feu, Le Nom de la Rose, Sept ans au Tibet ou encore Stalingrad. Réalisateur, il est passé par tous les genres de cinéma, tourne à l’international et jouit d’une belle célébrité. Pour autant, Annaud n’est pas encore ce réalisateur modèle qui sert de référence à une autre frange du cinéma français. On comprend alors pourquoi avec Or Noir. Si le spectacle grandiloquent (notamment dans les décors ou le casting) est présent, son film est bourré de défauts. Son aspect prévisible gêne sur la longueur pour commencer. L’histoire enchaîne les bonnes valeurs, accuse un certain manichéisme, naïvement détruit par un final des plus risibles et sans saveur. Côté acteur, Mark Strong en gentil vaut le coup d’œil, alors que Tahar Rahim déçoit, notamment sur une première partie où Annaud le fait camper dans la peau d’un jeune prince intello à la gueule de gamin. Enfin, Or Noir se morfond dans la surenchère, que ce soit dans les violons dès le départ, l’utilisation de la langue anglaise dans 99% des dialogues (les Qatariens producteurs n’y ont vu que du feu), ou encore des maquillages abusifs (et subitement, les yeux de Tahar Rahim s’embellirent d’eye liner et de mascara). Il reste tout de fois une histoire sur le fond assez passionnante, l’évolution d’un jeune homme en véritable adulte responsable, avec en guise de contexte une guerre autour du pétrole qui se profile et des vérités plutôt actuelles autour de ce fameux or noir, qui tranchent parfois dans le discours politico-utopiste du film.

L’avis : Lourd et ennuyeux, la fresque de Jean-Jacques Annaud ne fera pas date. A vouloir faire dans le grand spectacle, Annaud en a oublié les principes fondamentaux du vrai cinéma à l’écran.

 

Extrait du film Or Noir (2011)
Extrait du film Or Noir (2011)

 

Hideaways, d’Agnès Merlet

 

Avec Rachel Hurd-Wood, Harry Treadaway, Thomas Brodie-Sangster. En salles depuis le 23 novembre.

 

Dans la famille Furlong, l’aîné de chaque génération est doté d’un pouvoir extraordinaire, pour le meilleur ou pour le pire. James, le dernier de cette lignée, orphelin de mère, découvre la nature du sien lors d’un accident qui cause la mort de son père et de sa grand-mère. Hanté par ce mal mystérieux, il se retire au plus profond de la forêt pour ne plus nuire à ses proches.
Quelques années plus tard, Mae, une adolescente en révolte et atteinte d’un mal soit disant incurable, se réfugie elle aussi dans la forêt, et rencontre James. Ils tombent amoureux. Leur amour va révéler une force inattendue de la “malédiction” de James…

Récompensé à Strasbourg par un Méliès d’argent, le conte fantastique Hideaways propose une histoire originale dans une forme visuelle plutôt convaincante et un fond romantique un peu fleur bleue. L’idée originale est donc de donner un don tout particulier à chaque garçon de la lignée Furlong, on ne sait trop par quel moyen. C’est le charme du fantastique après tout. Sauf que l’attachant James (interprété par l’inégale Harry Treadaway) voit le sien être des plus gênants, et le pousse à s’éloigner de toute civilisation. Mais la rencontre par hasard d’une jeune fille atteinte du cancer va bousculer ce fameux don. L’autre force du film est donc de mettre face-à-face deux rejetés : l’un parce qu’il a ce fameux pouvoir fantastique, l’autre parce qu’elle est condamnée à une mort certaine à cause d’un cancer. Clairement, la première demi-heure est une base posée pour l’émotion facile. Mais sans tomber dans le pathos ambiant, Hideaways propose une sorte de nouvelle pour cinéma très intéressante, douce, enivrante et parfois même touchante. Le film fonctionne par l’enchantement, à l’image de la musique, ou d’une manière de mettre en scène qui relève presque du conte pour enfant. Il faut avouer au final que cette balade n’a pas été désagréable. On s’est aussi amouraché de la charmante Rachel Hurd-Wood, vue dans Le Parfum ou encore American Haunting.

L’avis : Aussi original que facile, Hideaways réussit à nous faire embarquer dans ce conte fantastique étonnant et naïf.

Extrait du film Hideaways (2011)
Extrait du film Hideaways (2011)