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Focus BIFFF : Père Noël Origines (2011)

Le père Noël est une ordure. 

Tout est calme et tranquille dans ce charmant petit village finlandais proche de la frontière russe. Un calme plutôt relatif pour ce village isolé. Car en effet les braves travailleurs nordiques vont trouver quelque chose d’étrange… sous la glace. La légende veut que l’emplacement du forage soit également celui de la location « théorico-historique » du véritable village du père Noël. Pour Pietari, un jeune garçon qui croit encore à « Saint-Nicolas », et son père, les récentes découvertes n’ont rien de féeriques.

Père Noël Origines (Rare Exports en version originale) a remporté un franc succès critique, majoritairement dans les festivals de films de genre, et s’est vu par la suite un peu boudé par le public (à en croire sa note IMDB). Pourtant Père Noël Origines a apporté un vent de fraîcheur (sans mauvais jeu de mots) dans le monde du cinéma d’horreur. Il a même donné naissance à de dignes successeurs tels que Krampus de Michael Doughertysorti sorti en 2015, et qui reprend cette même thématique des sombres origines de Noël.

En terme de point de vue, nous suivons celui de Pietari, un petit bonhomme ayant un peu moins d’une dizaine d’années au compteur, un choix judicieux car un film sur le Père Noël prend toute son ampleur au travers du regard d’un enfant en âge de se détacher des contes. Pietari est également celui qui souhaite y croire, il est celui qui n’opte pas directement pour une explication rationnelle et logique. Il s’oppose donc idéologiquement (et au travers de ses actions) au groupe d’adultes rationnels dont fait partie son père, mais également aux autres enfants du village qui sont « trop vieux » pour croire au Père Noël. Père Noël Origines est un long-métrage sombre et sanglant qui ne fait pas dans la demie mesure. Loin des comédies d’horreur en vogue des dernières années, le film assume l’absurdité de son point de départ tout en optant pour un résultat premier degré.

On peut voir Père Noël Origines, comme la croisée de plusieurs phénomènes/influences. Le film finlandais n’est pas sans rappeler l’incroyable The Thing de John Carpenter. Glace, blizzard, travailleurs et chercheurs tous masculins, événements paranormaux inquiétants, Père Noël Origines utilise l’environnement et l’isolation géographique du village pour recréer les conditions d’un huis-clos. Père Noël Origines  est également de ces films qui ont démarré par un court-métrage. Saw, Dans le noir, ou dans un autre registre Whiplash, il n’est plus rare qu’un long s’essaye dans un format plus réduit pour convaincre des investisseurs ou juste pour s’entraîner. Jalmari Helander a donc réalisé deux courts-métrages traitant de Père Noël diabolique : Rare Exports, inc. en 2003 et Rare Exports : The Official Safety Instructions en 2005.

Et visuellement, Père Noël Origines en impose. Avec un budget d’à peine deux millions d’euros, Jalmari Helander obtient un résultat à en faire pâlir les films de genre US.

In fine, Père Noël Origines est un vrai bon film d’horreur. Le long-métrage finlandais a su venir chercher nos peurs d’enfants, pour en faire un parcours initiatique des plus originaux. Une thématique qui reviendra d’ailleurs avec Big Game mettant en scène Samuel L. Jackson et le jeune Onni Tommila.