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Focus Japon : Suicide Club de Sono Sion (2003)

Fight Club passe à l’acte. 

Affiche de Suicide Club
Affiche de Suicide Club de Sono Sion (2003)

54 lycéennes se jettent simultanément sous une rame du métro, considéré comme un « fait divers », il s’agit en réalité d’une vague de suicides qui se répandre à vive allure dans tout le pays. Kuroda, un détective est chargé de l’enquête…

Vous ne pouvez être cinéphile si vous ne connaissez pas ne serait-ce que de nom Sono Sion. Cinéaste japonais reconnu pour des films de genre loufoques. Suicide Club fait partie de ses films les plus connus. Une popularité grande car on ressort du film avec des pensées contradictoires. Impossble de savoir si on aime ou non cette oeuvre, tant elle nous choque, nous met mal à l’aise, mais nous ennuie aussi parfois. Un film hybride, qui part dans tous les sens.

Un groupe de jeunes lycéennes japonaises descend les escaliers du métro. Elles sont heureuses, prêtes à rentrer chez elles. Elles parlent, rigolent. Bref, elles semblent apprécier la vie. Le métro approche, elles se mettent en ligne et se donnent la main, puis sautent. Du sang gicle partout. Voici comment Sono Sion ouvre son film. Une scène d’introduction choquante qui nous sidère et nous interroge.

Malheureusement, le rythme du film va baisser. Difficile de tenir en haleine et de garder le rythme après une scène aussi forte. On va alors suivre le déroulement d’une enquête sur ce suicide. Passant d’un genre cinématographique à un autre (Suicide Club pioche notamment dans le cinéma d’horreur par le biais d’une scène terrifiante dans un hôpital), le film finit peu à peu par nous ennuyer a cause de son rythme extrêmement inégal.

Extrait de Suicide Club
Extrait de Suicide Club de Sono Sion (2003)

Sono Sion explore et expérimente beaucoup avec son Suicide Club. Son film laisse d’ailleurs place par la suite à la réflexion sur la communication, Internet (le film se déroule dans les débuts et la grande avancée d’Internet dans notre société – en ce sens, il se rapproche du remarquable Kaïro de Kiyoshi Kurosawa) mais aussi sur la société japonaise. Malheureusement, si le sujet est intéressant, Sono Sion a du mal a nous concerner par son oeuvre.

Par ailleurs, la seconde partie du film ne fait que dans le gore et part dans un délire, qui se veut ersatz d’Orange Mécanique, assez malsain. Le film devient alors déstabilisant. De l’hémoglobine à tout va, des scènes de suicide dérangeantes. Le choquant laisse place au malaise.

Suicide Club est considéré comme le film culte de Sono Sion. Impossible de dire si le film est bon ou mauvais. Il est probablement les deux. Intéressant lorsqu’il parle de la société japonaise en affirmant sa singularité, le film perd en intérêt par le foisonnement de dégueulasse et d’effets choc qui enrayent malheureusement son engrenage.

Ilan Arfi