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Focus Saga : Anges et démons de Ron Howard (2009)

Robert Langdon est de retour, au Vatican cette fois. Sa mission ? Déjouer le plan des Illuminati, sauver les preferiti et déjouer l’explosion d’une bombe.

Affiche du film Anges et démons réalisé par Ron Howard (2009)
Affiche du film Anges et démons réalisé par Ron Howard (2009)

Alors que le Pape vient de mourir et que les cardinaux s’apprêtent à entrer en conclave, les Illuminati, une ancienne et puissante société traquée par l’Eglise catholique, dérobent de l’antimatière au CERN à Genève. Cette bombe à retardement, ils la place au Vatican. Kidnappant les preferiti, quatre cardinaux papables, ils comptent en tuer un toutes les heures avant l’explosion de la bombe. Robert Langdon est alors appelé d’urgence pour sauver les preferiti et retrouver cette bombe.

Sorti en 2009, malgré quelques craintes justifiées sur la qualité du film face à ce que Ron Howard avait proposé avec Da Vinci Code, Anges et démons a réussi, pour le plus grand soulagement de tous, à se démarquer de ce précédent film. Tandis que le premier volet de la saga était resté fidèle à l’œuvre d’origine, avec Anges et démons, Ron Howard a fait le choix de s’approprier l’intrigue, développant certaines intrigues au profit d’autres, n’hésitant pas à apporter certaines modifications. Dans le roman, Brown développe une multitude de sujets ; Howard lui prend le parti de se concentrer principalement sur la résolution des énigmes et la découverte des Illuminati. Exit le développement de la vie du Camerlingue, sa filiation avec le Pape disparu étant seulement abordée au détour d’une réplique sans que le sujet ne soit plus creusé. Cette décision, favorable au film, allège le récit, permet au spectateur de se concentrer sur ce dernier sans perdre de vue l’objectif de l’œuvre. Howard nous offre avec Anges et démons un film concis, efficace ; l’intrigue y est claire, permettant au spectateur de s’y impliquer, de réfléchir aux côtés des protagonistes. Mais ce choix de détacher l’adaptation de son œuvre originelle n’est pas le seul point positif d’Anges et démons.

Photo extraite du film Anges et démons réalisé par Ron Howard (2009)
Extrait du film Anges et démons réalisé par Ron Howard (2009)

Dans ce second opus, le réalisateur offre une esthétique qui, outre son grand classicisme, offre de magnifiques images sur les différents monuments filmés. Howard sublime les diverses églises avec des plans de nuit majestueux, relevant de la prise de vue en hélicoptère pour certaines. Son esthétique est aussi plus significative de la nature des différents personnages ; ainsi, à l’exception de Robert Langdon et Vittoria Vetra, tous sont filmés souvent une partie du visage plongée dans l’obscurité, signe de leur culpabilité possible. Jusqu’au bout le suspense est entretenu, trompant même le spectateur sur l’identité du coupable. Howard joue avec les informations données, avec les attitudes. En montrant que le mal se cache partout, le réalisateur casse le côté manichéen développé au début du film. Quand bien même l’Eglise n’est pas montrée sous son meilleur jour, suite au scandale suscité par Da Vinci Code, Ron Howard cherche à minimiser le débat autour de la religion. Bien que n’étant pas croyant, Langdon fait preuve de respect envers l’Institution et ses coutumes. La fin du film en est d’ailleurs révélatrice, mettant en scène une entente cordiale entre le professeur et le Pape, ce dernier confiant à Langdon une œuvre de Galilée qu’il demandait en vain à consulter. Avec cette happy-end, Howard réconcilie l’église et la science qui, le film durant bataillent l’une contre l’autre.

Quand bien même Anges et démons est la suite de Da Vinci Code, il se démarque de ce dernier par des partis-pris plus frappants et nets. Détaché de l’œuvre originale, Ron Howard a estampillé son film, lui a donné une réelle identité. Durant les deux heures et demi que durent Anges et démons le spectateur est entraîné dans un univers toujours plus fascinant et mystérieux, prenant part aux énigmes auxquelles Robert Langdon et Vittoria Vetra sont confrontés.