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Interview de Karl Urban (Thor Ragnarok)

Rencontre avec un comédien néo-zélandais trop rare à l’écran

 

Karl Urban à la première de Thor Ragnarok au FACTS.

Pour la plupart des gens, Karl Urban, c’est avant tout Eomer dans la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Depuis la trilogie, Urban a fait un sacré bout de chemin avec des rôles dans le second volet de Jason Bourne, un dans la trilogie des Chroniques de Riddick ou encore un autre, et c’est sans doute le plus important, dans la trilogie Star Trek initiée par JJ Abrams. Avec Thor Ragnarok, il fait son entrée dans le Marvel Cinematic Universe où il retrouve une autre actrice du Seigneur des Anneaux, avec qui il n’avait pas tourné, Cate Blanchett. Karl Urban était de passage en Belgique à l’occasion de la convention Facts. C’est donc à Gand que nous l’avons rencontré pour qu’il nous parle de Thor Ragnarok dans lequel il incarne Skurge.

Etiez-vous familier avec le Marvel Cinematic Universe avant d’y entrer avec Thor Ragnarok ?

Non. Je n’avais jamais lu les comics en grandissant. Ma première introduction à Marvel, comme beaucoup de monde je suppose, était avec le Iron Man de Jon Favreau. Depuis, j’ai vu beaucoup de films.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire partie de cet univers ?

J’ai lu le scénario et j’ai senti qu’il y avait une aventure émotionnelle irrésistible avec ce personnage. Il a un choix clair à faire. Soit il sera tué, soit il s’aligne à une cause qu’il estime être détestable. Il fait ce second choix et doit vivre avec. C’est comme faire un pacte avec le diable. Le coût de ce choix est terrible. 

A quel point est-ce intéressant de donner vie à un personnage qui existe déjà ?

Comme je le disais, le voyage émotionnel du personnage était attirant. J’ai senti qu’il y avait quelque chose d’intime, que le public pourrait comprendre les décisions qu’il prend. Il a aussi beaucoup de conflits internes qui étaient intéressants pour moi. Il y a aussi le fait qu’il a un arc très précis, avec un début, un milieu et une fin. 

Comment se prépare-t-on un personnage comme celui-là ? Avez-vous lu des comics ?

J’en ai lu quelques uns mais pas tant que ça. La majorité des choses qui m’étaient nécessaires étaient dans le scénario. Le reste, c’était plus par rapport à son apparence. Il est rasé, a des tatouages, apprendre le maniement des armes,… Le plus important était de définir son côté humain.

Tout ce qui concerne son look justement était déjà défini avant ou vous avez pu participer à son développement ?

J’ai reçu un appel du réalisateur qui disait qu’il y avait une partie du film à laquelle il voulait que je réfléchisse. « Je t’envoie le scénario et des visuels du personnage ». C’était pour que je vois à quoi il ressemble. Il a un look très spécifique, il fallait que je me rase la tête. Je suis toujours intéressé de jouer un genre de personnage que je n’ai jamais joué avant. 90-95% du look du personnage était défini. Les éléments avec lesquels j’ai pu jouer sont plus subtils. Comme une cicatrice ou des choses comme ça, afin d’essayer de contribuer à son histoire.

De nombreux personnages que vous avez joué sont issus de la pop culture. Beaucoup de ces univers ont de fortes fanbases. Quels genres de contacts avez-vous avec les fans et ces univers ?

Je pense que c’et vraiment génial qu’il y ait tant de fans de pop culture. Qu’il y ait des événements et conventions comme celui ci, le Facts. Des endroits où les gens peuvent venir et célébrer des aspects de la pop culture qu’ils aiment. En tant qu’acteur, on fait des films, de cinéma ou télévision, pour divertir le public. Mon boulot est de raconter des histoires et divertir. C’est une bénédiction que ces films soient si populaires et aient de si fortes fanbases. 

Comment était-ce d’enfin tourner avec Cate Blanchett avec qui, si mes souvenirs des films sont bons, vous ne partagiez aucune scène dans Le Seigneur des Anneaux ?

Cate Blanchett était une des principales raisons qui m’ont poussé à accepter de faire le film. Surtout vu mon temps d’écran avec elle. J’ai trouvé que c’était une opportunité énorme pour moi. Pouvoir travailler elle, avoir des discussions pour définir les personnages et leurs relations, c’était une expérience incroyable.

Avez-vous rapporté un accessoire du film chez vous ? Parfois cela vous arrive de le faire.

(rires) Parfois oui. Effectivement, parfois des accessoires trouvent leur chemin pour rentrer chez vous mais pas dans ce cas ci. Honnêtement, il n’y avait pas grand chose qui valaient la peine et, rentrer avec deux fusils M16 ou des haches, je n’en ai pas besoin.

Sur Le Seigneur des Anneaux qu’aviez-vous gardé ?

Peter Jackson m’avait offert le casque d’Eomer et je lui en suis très reconnaissant.

Vous disiez ne pas lire de comics étant jeune. De quoi est faite votre culture « geek » ?

Je ne pense pas vraiment qu’on puisse définir les fans de films ou romans graphiques comme des geeks. Maintenant, ce sont plutôt des fans de cinéma. Cela serait intéressant de savoir combien de personnes se sont mise à lire des comics grâce aux films, opposé au nombre de gens qui vont voir les films en étant fans des comics avant tout. Pour moi, en tant qu’acteur, c’est juste bénéfique d’avoir de telles ressources. Quand je fais mes recherches, avoir des telles histoires, relations etc, c’est génial.

Comment était-ce de tourner avec Taika Waititi ?

J’ai beaucoup de respect pour ses films précédents et j’espérais avoir l’opportunité de tourner avec lui un jour. J’ai apprécié tout le processus. Ce qu’il a accompli avec la franchise Thor est un boost et elle en avait besoin.

Est-ce que tourner sur de gros projets comme celui-ci change quelque chose pour vous ?

Fondamentalement, le processus est le même. En théorie, ce qu’un gros budget a de plus, c’est du temps. Sur le terrain, quand on fait le film, c’est très important. En post-production, cela donne aussi la possibilité de manipuler le matériau afin de le rendre le meilleur possible pour le public. 

by @Philippe Wuyts Photography

Est-ce que cela vous donne autant de liberté ? Avez-vous la possibilité d’improviser ?

Ce qui m’a énormément impressionné sur Thor c’est la quantité de liberté que Marvel a donné au réalisateur et aux acteurs pour collaborer, contribuer, improviser. Sur le film, une bonne partie des dialogues est improvisée. Après, ils retravaillent tout ça, font des ajustements et, par la suite, il y a des jours additionnels de tournages qui sont organisés afin de rendre le tout fonctionnel. Cela, c’est le budget qui le permet. C’est souvent comme ça sur les films à gros budgets, il y a le tournage principal pendant plusieurs mois, ils font un premier montage puis ils font des ajustements et reprogramment plusieurs jours de tournages. Pour moi, j’ai eu une semaine de tournage additionnel à Atlanta. A la base, j’étais prévu pour 6 semaines de tournage. 

De votre point de vue, est-ce difficile de trouver la bonne balance entre comédie et drame ou autres, dans les films de genre particulièrement ?

Je pense que c’est une balance très difficile à atteindre. Il ne faut pas trop pousser l’aspect comique, au détriment de la profondeur. Il faut trouver la bonne balance pour garder le public investi dans le voyage émotionnel des personnages. Il y a des enjeux et des conséquences à chaque action. Si vous avez une balance où ce ne sont que des rires et des blagues, souvent, le reste est sacrifié. Mais s’il n’y a pas de comédie, cela peut devenir un peu lourd.

Quelle était la chose la plus difficile sur le tournage ?

C’était la séquence de combat à la fin. On l’a tournée sous une chaleur de 38 degrés. (rires) Je devais me battre avec une grosse armure donc c’était difficile.