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Interview de Nicolas Duvauchelle : « Je reste le plus simple possible »

Pour la sortie de Parlez-moi de vous, premier long métrage de Pierre Pinaud. Cinephilia est allé à la rencontre de Nicolas Duvauchelle, vous savez, ce beau brun ténébreux aux multiples tatouages (paroles de filles).

 

Comment êtes vous arrivé sur le projet de Parlez-moi de vous ?

Pierre Pinaud m’a contacté pendant le tournage de Polisse, ses miettes m’ont plus.

 

 

On vous a déjà vu joué aux côtés de Karin Viard, et on a remarqué que vous étiez assez proches. Et donc comment s’est déroulée la collaboration avec Karin Viard lors de ce tournage ?

Elle s’est très bien passé, en plus j’avais envie de faire plus de scènes avec Karin car dans Polisse on avait beaucoup de scènes en groupe. Alors dans Parlez-moi de vous cela nous a permis de nous rapprocher. De plus, j’aime beaucoup travailler avec Karin car elle est simple, à l’écoute des gens. Je l’adore car elle est très naturelle.

 

 

« Feminin et viril »,c’est comme cela que vous voit Karin Viard. Pouvez-vous nous en dire ?

(il est gêné) … Euh… C’est gentil. Je ne sais pas quoi dire… C’est surement parce que je suis sensible.

 

 

Et vous comment vous décrieriez-vous ?

Féminin et viril (rire). Je ne sais pas… C’est dur de parlez de soi comme ça. C’est pas ce que je préfère faire. Plutôt aller vers des projets qui me plaisent et me correspondent aussi. Et c’est vrai que j’ai une grande sensibilité.

 

 

Dans chaque film vous avez une prestance, je voulais savoir comment vous façonniez votre sex-appeal ?

(il est de nouveau gêné… décidément) Je ne fais rien pour ça. Mais de toute façon ce n’est pas inné, tout se construit. On a tous eu un jour où l’on remarque des gens, alors qu’ils sont là depuis un certain temps. Une sorte de personne transparente. Certains sont comme ça, d’autres sont visibles de tous et travaillent aussi pour cela. Sans me vanter, je tends plus à être dans la seconde classe.

 

 

Comment votre personnalité influe t’elle sur le personnage que vous interprétez à l’écran ?

On ne peut pas construire, ni  partir de rien non plus, y’a des rôles où l’on se sent plus en danger que d’autres. Il y a des choses qui peuvent apparaître et que l’on ne soupçonnait pas chez nous. Il faut savoir se mettre en danger dans des rôles. C’est ce que j’aime bien aussi. Mais là, il n’y avait rien de particulier, on joue au moteur et ça se fait tout seul.

 

 

Comment vous êtes vous lancé dans le rôle de Lucas ?

Comme d’habitude. Je ne sais pas quoi dire. Quand ça me plaît, je suis content de le faire. Les semaines qui précèdent, il  y a une certaine angoisse. Mais, moi je ne fais rien en particulier. Je joue!

 

 

Comment faites-vous pour que dans chaque film, vos prestations ne soient pas les mêmes ? Car on connait des acteurs qui ont toujours le même « style de jeu » et vous non.

Bah c’est gentil. Ouais, je pense que cela dépend de la personne que l’on a en face de soi, mais aussi la façon d’aborder le travail. La relation que l’on a avec le réalisateur, certaine fois ça peut être un copain, d’autre fois ça peut être quelqu’un que l’on ne connait pas personnellement. On peut donc être plus ou moins libre dans son travail. Même dans notre façon de lui parler, on ne lui parlera pas de la même façon si c’est un ami, un intime, que si c’est une personne « étrangère ». Je m’adapte aux circonstances.

 

 

Il y a quand même une histoire d’amour qui s’est glissée dans le scénario, avec des personnages totalement opposés.  Comment vous en tant qu’acteur arrivez-vous à rendre cette histoire d’amour crédible à l’écran ?

Moi je dirais que cette histoire de crédibilité c’est plus du ressort du réalisateur [Pierre Pinaud]. Rester le plus simple possible, mais aussi être impliqué par ces scènes. Il y a aussi quelque chose qui passe entre moi et Karin donc voilà. Quand les relations sont franches, je pense que cela se voit à l’écran.

 

 

Avez-vous appris des choses sur Karin Viard ?

Je ne sais pas si j’ai appris quelque chose d’elle, mais c’est une grande professionnelle, voir comme elle arrive à se concentrer. Moi j’ai beaucoup parlé avec elle. Elle est très simple, elle est super détente.

 

 

Comment s’est déroulée votre collaboration avec Nadia Barentin sur le tournage, qui est décédée juste après ?

Ouais, moi j’ai appris ça après le tournage… (il reprend après un long silence). Elle a voulu continuer ce qu’elle faisait, et je pense qu’elle savait que faire 6 mois de chimio n’aurait servi à rien, elle se sentait condamnée. Elle a joué à fond jusqu’au bout et ça, c’est fort. Mais elle est vraiment très touchante, mais c’est un  peu compliqué de parler de ça.
Pierre Pinaud a fait justement tourné deux scènes dans un hôpital avec l’actrice (qui incarne une grand-mère vieillissante et volontaire). Pierre Pinaud savait-il quelque chose ?

Non non. Il savait qu’elle était malade, mais il ne savait pas quoi. Mais elle lui disait, « je veux tourner, je veux tourner » donc voilà. Mais je pense que s’il avait réellement su, il n’aurait pas fait cette scène. Travailler la réalité et la fiction c’est assez dur mais Pierre Pinaud après cette scène n’était vraiment pas bien.

 

 

Quel cinéaste ou quel acteur vous plaît le plus ?

Viggo Mortensen, j’adore. Je suis un peu comme lui je trouve. Il ne parle pas beaucoup à l’écran, mais il a une prestance, et c’est ça qui me plaît énormément.
Quel sont vos projets pour cette nouvelle année ?

Je viens de finir deux film et je vais prochainement avoir celui de Zoé Cassavetes [mars, avril], mais je vais surtout m’occuper de ma petite fille et c’est ça qui m’importe le plus en ce moment, c’est mon grand bonheur.