Etrange 2017, Festivals

L’Etrange Festival 2017 : Jour 12, Palmarès et Bilan

This is the end !

Au programme de ce dernier jour, quelques étrangetés puis la cérémonie de clôture de cette 23ème édition !

Mansfield 66/67 de P. David Ebersole & Todd Hughes :

La mort de l’actrice Jayne Mansfield (la Blonde et moi, La Blonde explosive), adepte de la secte du mage satanique Anton Lavey, décédée prématurément dans un accident de voiture, a donné vie à de très nombreuses rumeurs. Accident ? Suicide ? Assassinat ? Sacrifice sataniste ?

En retraçant les deux dernières années de l’icône hollywoodienne, les deux cinéastes déjà responsables des passionnants Hit So Hard et Dear Mom, Love Cher, et producteurs exécutifs du déjà bien perché Room 237 donnent vie à “une histoire vraie basée sur des rumeurs”, qui bénéficie des présences de Kenneth Anger, Tippi Hedren, John Waters et de nombreux autres invités prestigieux. La sensation du dernier festival de Rotterdam, où il fut programmé en sélection officielle.

L’avis de Sacha : Portrait de la sulfureuse pin-up Jane Mansfield, le nouveau documentaire des producteurs de Room 237 s’intéresse aux deux dernières années folles de l’actrice avant sa mort tragique… Composé d’images d’archives de l’amérique des années 60, de couvertures de magasines, de bande-annonces de nanars et d’ITW de stars de l’époque notamment de John Waters, le film a une vrai tonalité « pulp » et « pop » aussi bien dans sa forme que dans son sujet. Découpé en plusieurs parties qui correspondent aux différentes relations étranges de l’actrice, la partie la plus mémorable reste sa relation avec le fondateur de l’église satanique américaine Anton LaVey ! Étrange, drôle, décalé et dynamique, Mansfield 66/67 est un portrait absolument génial d’une actrice et d’une époque malheureusement révolue…

Une Page Folle de Teinosuke Kinugasa : 

Une nouvelle séance exceptionnelle en compagnie du truculent Serge Bromberg, qui nous présentera la version restaurée d’un bijou du septième art.

L’avis de Sacha : Présenté par Serge Bromberg lors de sa fameuse séance « Retour De Flamme » comme un chef d’œuvre perdu du cinéma surréaliste mondial, le film de Teinosuke Kinugasa sortit en 1926 relève plus du drame psychologique complexe, vaguement métaphorique et assez hermétique la faute à l’absence de cartons explicatifs (texte original perdu) et à la très pauvre qualité de sa copie… Difficile de faire comme de nombreux critique à travers le monde un parallèle avec Le Cabinet Du Docteur Caligari ou encore Un Chien Andalou de Buñuel… Peut-être que, si comme le veut la légende le film a été retrouvé enterré dans le jardin du réalisateur, c’est parce qu’il ne voulait pas qu’il soit retrouvé…

Mutafukaz de Guillaume « Run » Renard et Shojiro Nishimi :

Dans un coin ravagé de la mégalopole Dark Meat City où la violence est partout, Angelino est victime d’un accident de scooter. Suite à cet évènement, il est pris d’étranges visions. Avec son ami Vinz, il essaye de comprendre ce qui lui arrive, mais il est pris en chasse par des hommes en noir…

Guillaume Renard, alias Run, bien connu du monde du neuvième art, adapte à l’écran sa saga de cinq romans graphiques. Il est secondé de Shoujirou Nishimi (Batman: Gotham Knight), le tout en association avec le studio Ankama Animations (Dofus, livre 1 : Julith) et Studio 4°C (Amer Béton, Mind Game) pour un des films d’animation les plus fous de l’année, mêlant hip hop et SF à la John Carpenter.

Retrouvez notre critique complète ici.

L’avis de Sacha : C’est le film d’animation Mutafukaz qui clotûre cette 23ème édition avec l’adaptation de la BD éponyme de Run. Le duo de réalisateur Guillaume Renard et Shojiro Nishimi nous livre ici une épopée de deux loosers dans un Los Angeles futuriste qui vont être pris en chasse par des hommes en noir… Même si techniquement parlant le film n’est peut-être pas à la hauteur de ses ambitions, l’univers de la BD française est bien là avec sa bonne dose d’humour incarné à merveille par Orelsan et Gringe, ses références au cinéma de SF, sa bande-son Hip-Hop et son humanisme ! Pour sa première réalisation, le duo franco-japonais a réussi à conquérir le public de l’Etrange Festival !

Le Palmarès de la 23ème édition 

Prix du court-métrage Canal+Other People’s Heads

Prix du court-métrage : Un Ciel Bleu Presque Parfait

Prix Nouveau Genre : La Lune De Jupiter 

Prix du Public : Les Bonnes Manières

Le Bilan de la 23ème édition :

SachaComme chaque année, L’Etrange Festival nous offre son lot de films fous, étranges et de nanars des quatre coins du globe. Même si de cette édition ne ressort aucun vrai chef d’oeuvre, certains films m’ont personnellement plus marqué notamment la série B ultra déjanté Attack Of The Adult Babies de Dominic Brunt, le film à sketch Kuso du rappeur Flying Lotus ou encore l’univers ultra gore de Yoshihiro Nishimura !

Ilan : Cette année, l’Etrange Festival m’a un peu déçu. La première fois depuis longtemps. Bien que chaque année, les éditions possèdent des films absolument mauvais, ils étaient cette année tous de qualité moyenne. Une sélection un peu plus hétérogène donc mais qui du coup fait qu’aucun film ne soit véritablement sorti du lot. Sono Sion a lui aussi déçu dans cette édition et l’absence d’un film de Miike est à signaler. On ne retiendra surtout pas des films affreux comme The Marker et Firstboarn qu’on a hâte d’oublier.Cependant, on retiendra l’excellent film brésilien Les Bonnes manières, probablement le meilleur film de genre du festival et son prix du public est somme tout assez logique. Je retiendrais personnellement le film polonais The Last Family qui m’a littéralement retourné bien que le terme Etrange ne soit pas dans le film puisqu’il s’agit d’un biopic. On retiendra aussi certains films présent déjà à Cannes comme Mise à mort du cerf sacré de Lanthimos et Avant que nous disparaissions de Kurosawa qui sont des valeurs sures.  On se souviendra aussi de deux bonnes surprises, déjà Cold Skin de Xavier Gens dont vous retrouverez une interview très vite sur le site qui nous a livré un film poétique digne de Del Toro et Low Life, film US indé possédant une construction à la Pulp Fiction avec une galerie de personnage freaks à mourir de rire.

Voici donc pour le bilan de cette édition en demi-teinte. On vous dit à l’année prochaine pour une nouvelle édition de l’Etrange Festival. En attendant, le cinéma continue et on vous donnera toutes les infos de cette fin d’année très alléchante!