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L’Etrange Festival 2017 : Jour 2

Mise à Mort.

Après une ouverture somme tout sympathique, place à une seconde journée de festival un petit peu plus difficile avec des films de qualités assez faible. Il a même fallu lutter pour rester jusqu’au bout et ne pas trop transpirer devant des bizarreries difficile. Retour sur ce deuxième jour de l’Etrange festival avec cinq films vus!

Firstborn de Aik Karapetian:

Alors que Francis et Katrina rentrent d’une soirée un peu arrosée, ils sont agressés par un motard qui dérobe le sac à main de la jeune femme. Francis retrouve par la suite le coupable et l’assassine en tentant de trouver une solution à cette affaire. Quelques jours plus tard, Katrina annonce sa grossesse inespérée, ce qui va peu à peu semer le trouble dans la famille…

Retour du cinéaste d’origine arménienne et lettonien d’adoption Aik Karapetian, après les très remarqués People Out There et The Man in the Orange Jacket. Ici, il signe par ailleurs le scénario de ce nouvel électrochoc à mi-chemin entre Les Chiens de paille et Rosemary’s baby, qui mélange habilement thriller, drame et suspense jusqu’à troubler nos repères.

L’avis d’Ilan: Firstborn est un film qui nous vient tout droit de Lettonie et cela se ressent. Très froid, le long-métrage de Aik Karapetian à du mal a nous embarquer dans son thriller et finit même par nous ennuyer. Mise en scène peu convaincante et jeu d’acteur limité, le ton est donné dès le premier plan surprenant et ressemblant à une publicité asiatique. On sent que le film parle beaucoup de la mythologie lettone, ce qui en France est assez méconnu. C’est peut être aussi pour ça qu’on a du mal à rentrer dans le délire du film. Mais cela fait partie de la beauté de L’Etrange Festival de nous faire découvrir ce genre de cinéma malgré qu’on y soit très réfractaire.

Firstborn sera rediffusé le 12 septembre à 21h30

Mise à Mort du Cerf Sacré de Yorgos Lanthimos:

Steven, un chirurgien réputé, père présent et mari idéal, voit sa vie et celle de sa famille voler en éclats le jour où il introduit auprès des siens Martin, un adolescent qui a récemment perdu son père et qui va prendre un joli plaisir à manipuler tout ce beau monde…

Yórgos Lánthimos aime faire éclater les normes morales et les schémas familiaux. Après Canine, déjà présenté ici, c’est de nouveau le cas dans ce thriller méchamment tordu où le cinéaste retrouve Colin Farrell après le beau The Lobster pour un jeu de massacre sous influence du Funny Games de Haneke, et du cinéma de Kubrick (plus particulièrement Eyes Wide Shut) à qui il emprunte Nicole Kidman. Prix du scénario au Festival de Cannes.

L’avis d’Ilan: Yorgos Lanthimos est de retour après le choc The Lobster et c’est une nouvelle fois une véritable pépite qu’il nous livre avec Mise à mort du cerf sacré. Il est toujours difficile de donner un avis sur son cinéma tant il est particulier et possède son propre style mais ici il dépeint les rapports humains de façon formidable servi par un casting parfait composé de Colin Farrell et Nicole Kidman. Un premier plan choc qui donne le ton et une scène finale qui vous retournera le cerveau. Un grand OUI!

L’avis de Thibault : Retrouvez la critique complète en cliquant ici

L’avis de Sophie : Grandiose ! La Mise à mort du cerf sacré fait partie de ces films qui usent à bon escient les codes cinématographiques pour élever une histoire déjà puissante. Le scénario fait penser à du Pasolini teinté d’absurde, ce malaise Yorgos Lanthimos a su le mettre en scène comme personne. Soulignons que l’alchimie avec Colin Farrell est de retour, après leur collaboration pour The Lobster, c’est avec bonheur nous retrouvons l’acteur au meilleur de sa performance !

Mise à Mort du cerf sacré sera rediffusé le 16 septembre à 14h30

The Marker de Justin Edgar:

Après une condamnation pour homicide involontaire, Marley sort de prison. Dévoré par la culpabilité, il cherche à retrouver Cristina, la fille de la femme qu’il a tuée. Mais Cristina, désormais adolescente, s’est mise dans une situation délicate en côtoyant les mauvaises personnes.

Avec ce thriller très noir, le producteur et réalisateur Justin Edgar (We Are the Freaks) nous plonge dans une quête rédemptrice dans laquelle aux côtés de John Hannah (La Momie) et Ana Ularu (Inferno) l’acteur Frederick Schmidt (vu dans la série Supergirl) compose une performance remarquable qui n’est pas sans rappeler celle de Matthias Schoenaerts dans le tétanisant Bullhead. Un diamant noir !

L’avis d’Ilan : Une affiche qui ressemble à Jason Bourne mais un long-métrage britannique qui ressemble à un gros navet. Profondément ennuyeux et possédant une histoire vu et revu sur la culpabilité après un meurtre. Une mise en scène molle et ennuyeuse qui nous fait transpirer d’ennui. John Hannah cabotine et veut mettre des épées dans un anus, ça en dit long sur la pauvreté de ce film. Hommage à la scène du gunfight la plus ridicule vu depuis très longtemps. Ne prenez pas de café avant de voir ce film au risque de souffrir.

The Marker sera rediffusé le 12 septembre à 18h

Replace de Norbert Keil :

Kira découvre un beau matin que son corps dont elle prend tant soin se recouvre de plus en plus de peaux mortes. Malgré tous ses efforts, rien ne semble stopper le phénomène, jusqu’au jour où elle découvre qu’elle peut régénérer sa peau à partir de celles d’autres personnes…

Après des courts métrages tels le psychédélique Bathtub to Happiness ou le méchant Twisted, Norbert Keil réalise son premier long-métrage en anglais, co-scénarisé par le génial Richard Stanley (Hardware, Le Souffle du démon, The Theatre Bizarre), avec qui il s’amuse à mélanger les codes du film de vampires et de cannibales, tout en dressant un regard grinçant sur le culte de l’apparence et la recherche de la beauté éternelle.

L’avis d’Ilan : Replace est un film assez classique sur le fond et la forme mais possède une photographie efficace ainsi que des actrices très convaincantes. Si la première heure du film est efficace et nous tient en haleine, la seconde partie redescend totalement et nous ennuie profondément. Résultat, un film bancal qui ne tient pas sur sa durée. Dommage.

L’avis de Thibault :  Il s’agit d’une fille qui se retrouve dans un appartement qu’elle ne connaît pas et qui a oublié tous ses souvenirs. En plus de cela, elle perd sa peau qui vieillit beaucoup trop vite pour son âge. Evidemment, un mystère est caché derrière tout cela. Au final, c’est probablement moins complexe qu’il n’y parait. C’est même sans doute plus simple qu’attendu. Du coup, cela est aussi moins efficace que ça aurait pu l’être. La technique est aussi mitigée. Les maquillages et les comédiennes sont approximatifs mais la photo et la musique, qui lorgnent du côté de Nicolas Winding Refn, sont agréables. Le résultat est logiquement très mitigé.

L’avis de Sophie : On sait où ça s’en va dès le début, et ça rend le film assez désagréable. S’il faut reconnaitre un certain souci du détail dans la mise en scène, il n’y a rien d’original non plus. Replace c’est du sous Refn alors que ça aurait dû partir vers du Cronenberg. Un peu d’actrices peu convaincant, un montage paresseux et un design son agaçant, le film est à éviter, sauf en cas d’amour pour le body horror soft et après avoir vu tout ce qui s’est déjà fait dans le domaine.

Replace sera rediffusé le 15 septembre à 17h15

Low Life de Ryan Prows :

El Monstruo est un catcheur qui incarne pour beaucoup le défenseur des opprimés. Pourtant, accompagné d’un ancien taulard et de sa femme héroïnomane et enceinte, il se lance dans un trafic d’organes qui dégénère.

Pour son premier long-métrage, Ryan Prows (Narcocorrido, Django Guilt) réunit l’équipe de scénaristes avec qui il signa la web série Boomerang Kids, et accouche d’un film de freaks pour le moins perché. Criminels nazis, lutteurs mexicains, douaniers véreux ne sont que quelques unes de ces sales trognes enfermées dans une histoire magistralement menée à la manière de Pulp Fiction. La séance montagnes russes de l’édition, qui vous glacera avant de vous faire hurler de rire.

L’avis d’Ilan : Il aura fallu attendre le dernier film de la journée pour avoir le droit a une jolie surprise. Low Life est un film de fou. Fou dans sa proposition, fou dans ses dialogues et ces différents personnages. Si le début est un peu difficile, le film vaut le coup de s’accroché puisqu’il finit par décollé pour ne jamais redescendre et enchaîné les dialogues cultes. Mention spéciale au personnage avec le tatouage nazi. Une vraie petite bombe et un film bien sympa façon Pulp Fiction avec des personnages haut en couleur et une histoire qui tient la route et surtout bien mené par son réalisateur qui mérite d’être découvert!

L’avis de Sophie : Dynamique, drôle et surtout extrêmement bien monté ! Car en effet si le film est efficace c’est en grande partie grace à la pertinence de son montage. Car le film serait bien, mais, pas forcement mémorable sans son montage. On doit d’ailleurs ce travail au monteur du film Cooties qui tout comme Lowlife avait connu un joli succès en festival. Lowlife c’est la déferlante de peps qui avait déjà balayé Fantasia cet été et qui, de toute évidence, n’a pas laissé indifférent le l’étrange festival non plus

Low Life sera rediffusé le 9 septembre à 17h15

Une seconde journée en demi-teinte donc à l’Etrange Festival dans laquelle on retiendra principalement Mise à Mort du cerf sacré et Low Life.