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L’Etrange Festival 2017 : Jour 4

What A Day!

Alors qu’on était assez déçu des films des jours précédents, c’est avec une attente immense qu’on patientait samedi devant les films. Et bien nous en as pris puisque cette journée fut probablement la meilleure depuis le début du festival!

A Day de Cho Sun-ho:

De retour d’un séminaire, Jun-young assiste à un accident de voiture. parmi les victimes se trouvent sa fille Eun-jung ainsi qu’une autre jeune femme, conjointe d’un ambulancier prénommé Min-chul. Jun-young et Min-chul vont être pris dans une boucle temporelle.

Nouveau venu dans la réalisation, Cho Sun-ho (par ailleurs co-auteur du scénario de Deo web-toon) fait une entrée fracassante, avec cette relecture passionnante d’Un Jour sans fin, qui ne se contente pas de singer son modèle, mais joue avec les lois du genre et y injecte de nombreux enjeux moraux et une vraie réflexion sur le deuil. Les spectateurs ne s’y sont pas trompés, faisant de A Day un vrai succès surprise dans son pays d’origine.

L’avis de Sacha: Première réalisation pour le sud-coréen Cho Sun-Ho, le film reprend la formule fantastique d’Un Jour Sans Fin cette fois-ci dans un contexte dramatique avec un père qui doit empêcher la mort de sa fille… L’originalité du scénario apparaît avec la rencontre d’un deuxième homme lui aussi victime de ce phénomène. Par moments dynamique, par moments trop long et trop étiré, la faiblesse du film repose bien sur son rythme et sa capacité à conclure son récit. Cinéma coréen oblige, l’esthétique est au rendez-vous avec une photo très soignée, une caméra très fluide et une excellente interprétation ! Un film dans l’ensemble original car il arrive à utiliser une formule utilisée généralement dans la comédie (Naked avec Marlon Wayans) mais handicapé par une mise en scène trop mainstream et qui manque de punch !

L’avis d’Ilan : A Day s’impose comme un divertissement coréen de bonne qualité. Sur le principe d’Un Jour sans fin où un homme revit la même chose chaque jour dans un but précis, ici sauvez sa fille d’un accident, le film surprend en mettant trois protagonistes qui ne se connaissent pas et qui vivent ici la même chose et sont donc lié à ce fameux accident. S’il y a un ventre mou au milieu et que le scénario est assez classique, difficile de ne pas être divertit devant A Day qui possède quelques atouts intéressant pour un premier film!

El Ataud de cristal de Haritz Zubillaga :

À l’occasion d’un gala, la jeune et jolie Amanda a revêtu sa plus belle robe de soirée. Alors qu’elle se rend sur les lieux des festivités en limousine, elle découvre qu’elle est enfermée dans le véhicule et que son téléphone est désactivé. Le cauchemar commence…

Les plus fidèles d’entre vous se souviennent certainement de Buried de Rodrigo Cortés, découvert ici même il y a quelques années et couronné du Grand Prix Nouveau Genre 2010. Aussi audacieux qu’inattendu, El Ataùd de Cristal est un premier film tout aussi claustrophobique qui risque d’en mettre plus d’un mal à l’aise. Une révélation : Paola Bontempi risque fort de ne plus être inconnue prochainement, tout comme le réalisateur Haritz Zubillaga, qui nous prouve ici tout son talent de mise en scène.

L’avis d’Ilan: Il s’agit du gros point noir de la journée d’hier. El Ataud de cristal est une série B catastrophique et d’un ennui profond qui ne va pas très loin. Le film ne dure pourtant que 75 minutes et on souffre devant un bêtise pareille. Il s’agit d’une actrice qui se retrouve sequestré dans une limousine et a qui on demande d’enlever sa robe. On tourne en rond pendant 30 minutes et on n’arrive pas à s’attacher au personnage. Un film à éviter donc.

Les Garçons sauvages de Bertand Mandico:

Au début du siècle dernier, cinq adolescents arrivent sur une île sauvage et mystérieuse après avoir commis un meurtre. Alors que les tensions naissent au sein du petit groupe, d’étranges phénomènes surviennent au contact de ce lieu paradisiaque…

Il est peu de dire que nous guettions impatiemment le passage au long-métrage de Bertrand Mandico, un des plus passionnants cinéastes hexagonaux (Boro in the Box, Notre Dame des Hormones, Living Still Life). C’est désormais chose faite avec Les Garçons sauvages, décrit par son auteur comme un « mélange entre une robinsonnade à la Jules Verne et un délire organique façon Burroughs », et dont les cinq rôles de garçons sont interprétés… par des femmes.

L’avis d’Ilan : Le premier long-métrage de Bertrand Mandico est un ovni. Il serait très compréhensible que le public n’adhère pas du tout à la proposition artistique du réalisateur. Mais si on y adhère, il s’avère un véritable plaisir. Porté par cinq actrices jouant des garçons, on est totalement fasciné par ce conte.

LES AVENTURES DE BUCKAROO BANZAÏ À TRAVERS LA 8E DIMENSION de W.D. Richter:

À la fois star du rock, neurochirurgien, spécialiste des arts martiaux et de la physique des particules, Buckaroo Banzaï part combattre des créatures venues d’une autre dimension.

Derrière ce film improbable se cache une sorte d’énorme bonbon acidulé biberonné à la culture pulp, qui lors de sa sortie catastrophique sonna le glas des studios Sherwood . Le réalisateur W.D. Richter, scénariste talentueux (L’Invasion des profanateurs, Dracula, Le Bazaar de l’épouvante) nous offre un personnage iconique interprété par Peter Weller (RoboCop, Le Festin Nu) qui n’est pas sans rappeler Jack Burton et ses aventures mises en scène par John Carpenter deux ans plus tard et écrites par… W. D. Richter.

L’avis de Sacha : Un des OVNI de cette édition, Les aventures de Buckaroo Banzaï dans la huitième dimension, c’est la carte blanche du duo Jean-Pierre Jeunet & Marc Caro qui plonge le spectateur au coeur d’un des plus gros nanars des années 80 ! Comédie fantaisiste et déjanté à la sauce pulp, le film raconte l’histoire de Buckaroo Banzaï (Peter Weller) et de ses acolytes tous plus étranges les uns que les autres (Jeff Goldblum déguisé en cow-boy?) recruté par le gouvernement américain pour empêcher une invasion extraterrestre composée entre autres de rastas jamaïcains et de Christopher Lloyd ! Malgrès l’aura culte liée à son casting et à son humour à la Monty Python, l’aspect kitsch, le faible budget, et les vfx de l’époque (…) font du film un nanar amusant mais dont on comprend pourquoi il est vite tombé dans une dimension oubliée de l’histoire du cinéma…

Kuso de Flying Lotus :

L’existence de survivants dans les décombres de Los Angeles après un tremblement de terre, que l’on suit à travers un réseau d’émissions de télévision improvisées.

Attention séance choc en approche. Le DJ et rappeur Flying Lotus décide de passer au long-métrage avec Kuso, conçu comme une œuvre ouvertement provocatrice et transgressive. Résultat : lors de son passage à Sundance, des spectateurs quittent la salle avant la fin de la séance tandis que la revue The Verge qualifie Kuso de “film plus écœurant jamais réalisé”. Une séance précieuse et brutale, qui ne laissera personne indifférent et qui devrait entraîner des réactions aussi diverses qu’épidermiques. Mais surtout un véritable « OFNI » et l’une des propositions les plus singulières vues au cinéma depuis 10 ans.

L’avis d’Ilan: Si David Lynch avait fait ce film, on aurait crié au génie mais comme c’est pas le cas, les gens ne comprennent rien et s’en vont de la salle. Alors que Kuso est loin d’être l’abomination. Divertissant et fascinant, il s’agit d’un véritable trip sous acide qui nous parle des peurs des êtres humains. Avc un casting improbable composé de star du porno ou d’humoristes US, Kuso est un film qui ne ressemble à rien mais qui mérite d’être découvert.

Un samedi haut en couleur à l’Etrange Festival. On est venu voir ce qu’on rechercher et c’est un véritable bonheur!