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L’Etrange Festival 2017 : Jour 6

L’Amour plus fort que tout?

Nous étions à la recherche du thème du festival cette année depuis le début et il va sans dire que depuis les deux derniers jours, ce thème a été trouver. En effet, il ne s’agit ni plus ni moins que de l’amour comme le définit si bien Kiyoshi Kurosawa dans son nouveau film Avant que nous disparaissions. La journée d’hier fut un véritable marathon. Deux interviews dans un premier temps avec Xavier Gens et Jamie M. Dagg puis trois films dont vous pourrez avoir les avis ci dessous.

Le sacrifice de Andreï Tarkovski :

Alexandre, un artiste vieillissant, se retire en Suède avec sa famille sur une île. Pour son anniversaire, il part planter au bord de la mer un arbre mort en compagnie de son fils muet. Pendant ce temps, la fin du monde semble proche…

Pour son septième et dernier film, Andreï Tarkovski (Solaris, Stalker) rejoint la Suède et avec l’aide de Ingmar Bergman (qui produit le film) et ses proches (l’acteur Erland Josephson, le directeur de la photographie Sven Nykvist) signe une œuvre testamentaire flamboyante, à la fois universelle et humaniste, traversée des obsessions de son auteur. L’Apocalypse selon Andreï, grand prix spécial du jury à Cannes à sa sortie.

L’avis de Sacha : Projeté dans une copie 35mm d’une qualité épouvantable (merci L’Etrange Festival…), la carte blanche de Jaume Balaguero dresse le portrait d’un peintre suédois et d’un groupe d’amis dans une maison isolée sur une île de Suède. Le cinéma de Tarkovski est comme toujours très sensoriel et symbolique ce qui rend son oeuvre digeste mais n’en est pas moins un véritable calvaire pour le spectateur… Froid, statique, misérabiliste, le cinéaste russe filme une descente aux enfers de ses personnages teintée de philosophie, d’art et de religion mais complètement hermétique pour le spectateur… La séance soporifique de cette édition !

Game of Death de Sébastien Landry, Laurence Morais-Lagace :

Sept jeunes passent leurs vacances avec un certain ennui ponctué de sexe, d’alcool et de produits licencieux. Soudain, ils découvrent un vieux jeu de société intitulé Game of death et décident de se lancer dans une partie. Mais en connaissent-ils vraiment les règles ?

Avec férocité et intensité, Sébastien Landry et Laurence Morais-Lagacé (la série tendance 90’s Polyvalente) nous offrent un film d’une efficacité redoutable, au concept à mi-chemin entre Jumanji, Battle Royale et l’univers de Larry Clark. Bénéficiant d’effets spéciaux signés des Blood Brothers (Turbo Kid) qui assurent le ketchup, et d’un scénario sans le moindre temps mort, Game of Death n’en oublie pas d’écorcher la rétromania ambiante. Salvateur !

L’avis d’Ilan : Game Of Death est un film absolument stupide et faussement fun. Si l’idée de départ pouvait amenée un résultat très divertissant, il n’en est rien puisque le film se perd dans un délire faussement sérieux qui contraste avec la volonté à l’écran de délirer en proposant différente séquence de jeux vidéos. De même au niveau des différentes morts, très peu d’originalité. 

Les Bonnes Manières de Juliana Rojas et Marco Dutra :

Clara, une jeune infirmière, est engagée par Ana, jolie femme enceinte de la classe supérieure de São Paulo, pour l’assister en attendant la naissance de son enfant, puis devenir sa nurse. Alors que les deux femmes se rapprochent petit à petit, la future mère est prise de crises de somnambulisme…

Après une première collaboration réussie (Travailler fatigue), la nouvelle réalisation du duo Juliana Rojas (Sinfonia da Necrópole) et Marco Dutra (le flippant When I Was Alive) pour un film qui s’amuse des codes du cinéma fantastique et d’horreur pour mieux passer d’un genre à l’autre, quitte à briser, à mi-parcours, nos attentes tout en gardant une cohérence thématique et sociale. Une excellente surprise !

L’avis d’Ilan : On le tient enfin le grand film de la compétition. Incontestablement, les bonnes manières, production franco-brésilienne, s’impose comme le meilleur film de la compétition. Malgré sa durée fleuve de 135 minutes, la montée en puissance du film et la beauté visuelle en font un incontournable de cette édition. On pourrait dire qu’il y a deux films en un dans Les bonnes manières. D’abord un drame social brésilien. L’installation peut paraître longue mais elle n’en est pas loin inintéressante. Porté par deux magnifique actrices que sont Marjorie Estiano et Cida Moreira, Les bonnes manières finit peu a peu par tourner vers le fantastique alors que les deux personnages se rapprochent. Puis le flm continue son drame social mais dans un côté fantastique. Beau et fort, Les bonnes manières est pour le moment le film de la compétition!

Avant que nous disparaissions de Kiyoshi Kurosawa :

Alors que leur couple traverse une période difficile, Narumi découvre que son mari Shinji a disparu. Il réapparaît mystérieusement quelques jours après, mais il semble différent, apaisé et serein. Tout irait pour le mieux si ce n’était pas le début de crimes violents dans la région…

Avec le talent qu’on lui connaît, Kiyoshi Kurosawa (Vers l’autre rive, Kaïro, Cure découvert ici-même en 1999) adapte une pièce de théâtre à succès et mélange les genres et nos repères. Sous ses allures de remake de L’Invasion des profanateurs de sépultures, ce film s’avère une radiographie douce-amère et minimaliste du Japon contemporain déguisée en comédie de remariage. Remarqué à la dernière sélection Un Certain regard à Cannes.

L’avis d’Ilan : Kiyoshi Kurusawa nous sort a peu près un film par an. Maître du fantastique au Japon actuellement, le réalisateur nous livre un film sur une invasion extraterrestre sur Terre. Son film suit la trajectoire très tracé de Steven Spielberg et se rapproche de Rencontre du troisième type. beau, puissant et délivrant un sublime message sur l’humanité et l’amour. Un autre grand film de la compétition!

Cette sixième journée fut de loin la meilleure depuis le début du festival. Alors qu’on arrive a mi-parcours. A partir de maintenant, moins de films de prévus au programme mais on n’est pas à l’abris d’une excellente surprise encore!