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L’Etrange Festival 2017 : Jour 8

La Folie de Yoshihiro Nishimura

Entre l’oeuvre folle d’un japonais fou et grosses déceptions, on vous parle de cette huitième journée !

Kodoku : Meatball Machine de Yoshihiro Nishimura :

Anonyme quidam tokyoïte, Yuji se découvre un cancer qui ne lui laisse que quelques semaines à vivre. Or, quand la ville est recouverte d’un immense dôme de verre extra-terrestre, Yuji n’écoute que son courage et part combattre les nécrobrogs, ces monstres venus de l’espace.

Dix ans après avoir signé les effets spéciaux de Meatball machine de Yūdai Yamaguchi et Jun’ichi Yamamoto, l’outrancier Yoshihiro Nishimura (Tokyo Gore Police, Hell Driver) en réalise une séquelle encore plus folle. Un splatter fou furieux avec Eihi Shiina (Audition), Takumi Saitô (RoboGeisha) et Ami Tomite (Antiporno), à côté duquel le premier opus ressemble à un drame minimaliste suédois des années 50. L’instant déconne du festival.

L’avis de Sacha : A la surprise générale, le nouveau film du japonais Yoshihiro Nishimura commence comme une fable sociale à la Breaking Bad avec le portrait d’un quinquagénaire aigri à qui on annonce un cancer jusqu’au jour ou sa vie va basculer avec l’invasion extraterrestre de son quartier… Le réalisateur nous propose un scenario à twist complètement déjanté et ultra sanglant avec un héro mi-homme mi-alien, des gags gores, des strip-teaseuses, du sang, du sang, du sang… Le réalisateur/créateur de sfx s’en donne à coeur joie jusqu’à saturation et perdra surement quelques spectateurs en chemin mais il n’y a qu’à L’Etrange Festival qu’on peut voir sur grand écran une certaine folie japonaise poussée à l’extrême !

Bitch de Marianna Palka :

Jill n’est pas ce qu’on peut appeler une femme épanouie. Son mari Bill la délaisse, ne pense qu’à son travail et la trompe sans le moindre scrupule, tandis que ses quatre enfants s’éloignent de plus en plus. Brusquement, elle commence à se comporter comme un chien.

Sous des allures grotesques, Marianna Palka (également interprète et scénariste du film) nous offre une fable féministe osée, qui n’est pas sans rappeler le Liza de Marco Ferreri dans lequel Catherine Deneuve acceptait de prendre la place du cabot de Mastroianni. Seulement, dans Bitch, la créature est plus sauvage et agressive, et n’hésite pas à montrer les crocs. Une nouvelle réussite pour SpectreVision (The Greasy Strangler, Cooties, Toad Road).

L’avis de Sacha : On pouvait espérer de Bitch de Marianna Palka présenté en compétition internationale une métaphore féministe et violente, malheuresement le film tombe très vite dans le grotesque pour plusieurs raisons… Premièrement la représentation de la « femme-chien » est presque entièrement suggérée et maladroitement compensée par des effets de montages visuels et sonores assez pauvres comme si l’actrice/réalisatrice n’osait pas aller jusqu’au bout de sa metaphore… L’autre mauvaise surprise du film, c’est que tout le récit repose désormais sur le personnage du mari certes brillament interprêté par l’acteur Jason Ritter qui va remplacer sa femme dans la vie de famille mais filmé avec une tonalité comique un peu à côté de la plaque… Au bout de 96 minutes interminables on attendait une morale à cette histoire mais le problème c’est qu’il n’y en a aucune…

The Villainess de Jung Byung-Gil :

Entraînée depuis l’enfance aux techniques de combat les plus violentes par une agence de renseignement après l’assassinat de son père, Sook-hee est une arme redoutable. Afin de gagner sa liberté, elle est engagée comme agent dormant. Mais un jour, elle va découvrir la vérité sur le meurtre de son père.

Il y a quatre éditions, vous découvriez dans ces murs Confessions of Murder, premier long-métrage d’un nouveau-venu dans l’univers du cinéma hard boiled coréen. Bonne nouvelle, Byung- gil Jung nous revient en très grande forme avec cette œuvre qui fait très mal, nourrie des univers de Old Boy , Hardcore Henry , The Raid et Kill Bill , et qui lors de sa diffusion en séance de minuit à Cannes fut gratifiée d’une standing ovation.

L’avis de Sacha : Film sud-coréen présenté cette fois dans la catégorie « Mondovision », The Villainess de Jung Byung-Gil s’ouvre sur un plan séquence en caméra subjective absolument virtuose afin d’introduire le personnage de Sook-Hee, une femme membre d’une confrérie d’assassins. Malgré son ambiance et sa photo étrange, le film bascule très rapidement dans le passé du personnage pour s’enfermer dans un récit en flash-backs incompréhensible de plus de deux heures, adieu l’action et bonne nuit…

Malgré la découverte d’une oeuvre japonaise totalement folle, les deux films suivants promettaient beaucoup mais déçoivent beaucoup…