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L’Etrange Festival 2017 : Jour 9

Pris au piège de la dépression!

Grosse journée à l’Etrange Festival avec quatre films au programme avec notamment le début du focus sur Alex de La Iglesia !

The Last Family de Jan P. Matuszynski :

La vie du peintre surréaliste polonais Zdzisław Beksiński, dont l’œuvre est traversée de sado-masochisme, d’humour macabre, de corps en décomposition, ainsi que d’araignées, dont il est phobique. Avec sa femme bigote, il tente de protéger son fils Tomasz, suicidaire et névrosé.

Après un passage remarqué dans les mondes du court-métrage et du documentaire, le polonais Jan P. Matuszynski passe enfin au long-métrage, avec ce biopic littéralement étouffant qui se déroule sur près de trois décennies. Croisé chez Spielberg, Resnais et Houellebecq, Andrzej Seweryn nous offre l’une des ses plus grandes compositions, légitimement récompensée au festival de Locarno du Prix du meilleur acteur.

L’avis d’Ilan : Si on peut avoir des doutes légitime sur la présence de The Last Family à L’Etrange, il n’en est rien en ce qui concerne sa qualité. Biopic polonais sur l’artiste Beksinski, The Last Family est un grand drame sur la vie de cet homme. Une oeuvre forte, puissante et évidemment dépressive à souhait. Difficile de ne pas en ressortir chambouler tant la façon de voir la vie ici est loin d’être positive. Ajoutez à cela des acteurs en grande forme et on obtient ce qui est peut être l’un des meilleurs films du festival.

Ugly Nasty People de Cosimo Gomez :

Un cul de jatte, un nain rappeur, un rasta toxicomane et une femme sans bras. Ils sont quatre gangsters, et décident de braquer une banque. Mais le partage du butin ne se passe pas exactement comme prévu…

Avec ses faux airs du Pigeon de Monicelli revu et corrigé par Tod Browning, cette première réalisation du décorateur italien Cosimo Gomez n’est pas non plus très éloignée de Huis Clos de Jean-Paul Sartre, dans sa description d’un groupuscule qui se désagrège de l’intérieur avec un renversement constant des rôles de victime et de bourreau. Avec en prime Marco D’Amore (la série Gomorra ) et Claudio Santamaria (On l ’appelle Jeeg Robot , grand prix Nouveau Genre l’an passé) dans des compositions hallucinantes.

L’avis d’Ilan : Après Jeeg Robot l’an dernier, un autre film italien se retrouve en compétition à l’Etrange Festival. Si les 30 premières minutes sont assez jouissive notamment grâce à un jeu de faux semblants entre des personnages handicapés qui font un braquage, le film s’essouffle et ennuie dans sa seconde partie totalement inintéressante. Dommage donc.

Pris au piège d’Alex de la Iglesia :

Devant un bar madrilène, un homme se fait abattre par un sniper caché dans un immeuble en face. Les clients se retrouvent alors pris au piège de cette menace invisible mais bien réelle. Ces otages parviendront-ils à cohabiter et s’organiser pour s’en sortir vivants ?

Pour son treizième long-métrage, Alex de la Iglesia retrouve son fidèle coscénariste Jorge Guerricaechevarría et nous offre un huis clos qui devient le théâtre nihiliste de sa vision du monde . Formellement inspiré, à la construction et à la gestion de l’espace d’une limpidité remarquable, Pris au piège est aussi certainement l’œuvre la plus engagée socialement de l’auteur du Jour de la bête, plus grinçant que jamais. Une leçon !

L’avis d’Ilan : Alex de la Iglesia est de retour avec Pris au piège. Déjà disponible en VOD, ce nouveau film s’inscrit parfaitement dans le style du réalisateur espagnole. Il signe un huis-clos moderne sur les nouvelles peurs humaines que sont le terrorisme et les différents virus du monde. Avec une critique de la société mondial et des médias, Alex de la Iglesia signe une oeuvre de qualité mais échoue dans son troisième acte avec une partie souterraine trop longue.

Death Row Family de Yûki Kobayashi :

Après deux années passées derrière les barreaux pour un crime qu’il n’a pas commis, Takanori, fils d’un patron yakuza, est enfin libéré. Il retrouve sa fiancée et son frère Satoshi pour leur proposer de braquer le gang de Yoshida.

Deuxième réalisation du japonais Yûki Kobayashi (Kokô no tôboe) produite par la Nikkatsu, Death Row Family est une comédie noire tirée des recherches du journaliste Tomohiko Suzuki, comme seul le Pays du Soleil Levant sait en esquisser, avec savoir-faire et violence outrancière dans sa besace (on retrouve Yoshihiro Nishimura à la production). Une délicieuse friandise qui égratigne sévèrement au passage les codes et l’univers yakuza.

L’avis d’Ilan : Grosse déception pour le dernier film du jour. Death Row Family, adapté d’une histoire vraie s’avère être un véritable brouillon cinématographique assez inintéressant et bien loin de la comédie fun attendu. Des effets techniques au service de rien et une histoire trop simpliste pour nous emballer. 

Il ne reste plus que trois jours de Festival. La fin est proche!