Etrange 2015, Festivals

L’étrange Festival Jour 3 et 4

Week-end très chargé à l’étrange festival avec Elijah Wood dans un film de zombie, le retour de Takashi Miike, une nuit Supermégabloodybunnyapocalypticaturbozombinight, ainsi que Rupert Grint face à Ron Perlman dans Moonwalkers et pleins d’autres film. Le bilan du week-end !

Affiche L'étrange Festival
Affiche L’étrange Festival

Retour sur Stung :

L’avis d’Ilan :  Il s’agit ici d’un petit film d’horreur américain où des abeilles géantes tuent petit à petit les invités d’une soirée de luxe. En soit, c’est un nanar mignon mais très décevant car le massacre attendu n’a pas vraiment lieu et il faut avouer qu’on s’ennuie beaucoup. Un film un peu radin qui plus est. Les acteurs ne sont pas terrible et les effets spéciaux et la mise en scène ne valent pas grand chose. Sans oublier un scénario extrêmement médiore . La séquence de fin reste tout de même assez drôle. Les amateurs du genre apprécieront surement !

Retour sur Cooties :

L’avis d’Ilan : La petite pépite du festival à ce jour. Cooties est un véritable régal avec au scénario, un des scénaristes de la série Glee !  Le pitch es simple, un jeun écrivain raté devient prof dans son ancienne école et les enfants sont victime d’une pandémie dû à un nuggets de poulet qui va les transformer en zombies ! Un film jouissif. Des élèves qui veulent tuer leurs professeurs et des professeurs qu explosent la tête des élèves. Jubilatoire au possible, le film s’avère très drôle et réussi. Le casting et la réal sont top. On s’amuse vraiment. Un vrai film de zombie qui arrive à se différencier. Il sortira d’ailleurs en DTV la semaine prochaine !

Retour sur Upstream Color :

L’avis de Manon : Un homme injecte un vers dans le corps de ses victimes qu’il contrôle ensuite. Un jeune couple touché tente de se reconstruire, sans savoir ce qu’il s’est vraiment passé. Un début horrifique, donc, avec à la fois beaucoup de poésie dans le rendu. Un début qui intrigue et met le spectateur en alerte, jusqu’à se concentrer sur les difficultés d’un jeune couple. C’est à ce moment là que le film se perd totalement et ne fonctionne plus du tout, la psychologie des personnages n’est que très superficielle, Upstream Color s’embourbe dans une sorte de délire pseudo-Terrence Malick qui ressemble plus à une parodie ratée des films de Malick, tout manque cruellement de profondeur et bascule vers une morale écologique très floue et assez forcée, après avoir perdu plusieurs fois le spectateur en chemin. Malgré une forme joliment poétique, Upstream Color ne parvient pas à tenir sa ligne conductrice, se perd dans ses sujets et manque de consistance.

Retour sur La Chambre Interdite

L’avis de Manon : La Chambre Interdite est surement un des films les plus étrange et décalé de la programmation de ce 21ème Etrange Festival. Il démarre dans un sous-marin dont l’équipe est condamné, jusqu’à l’apparition d’un forestier qui leur narre comment il est allé sauver Margot, alors que Margot rêve d’un vampire… La forme est à l’image du scénario, totalement délirante, le travail visuel et sonore est à saluer. Mais le film commet l’erreur irréparable d’être beaucoup trop long, son concept ne tient pas sur la durée et le rire n’est plus toujours là où on aimerait le trouver. Reste un casting 4 étoiles dont l’intérêt reste plus de voir les comédiens dans des rôles inhabituels et souvent ridicules plus que d’admirer leur talent. Mention spéciale pour Mathieu Almaric et son potentiel comique.

Retour sur Yakuza Apocalypse :

L’avis d’Ilan : Déjà présenté à Cannes, Yakuza Apocalypse débarque à L’étrange Festival ! Takashi Miike est un habitué et cette année, il envoie du lourd. Des Yakuzas Vampires doivent empêcher la fin du monde !! Un film totalement loufoque, bruyant mais absolument génial. Bourré d’idées mais malheureusement manquant de moyens et d’une vériable fin. Mais que faire, Miike s’en fout et va à fond dans son délire. Si le début est plutôt ennuyeux et lent, le film démarre véritablement dans sa dernière heure avec l’apparition de L’Homme Grenouille. Une invention que seul Miike a le secret. Il s’agit ici d’un des moments les plus fous du cinéma. Seul Miike est capable de rendre un truc totalement con en quelque chose qui colle parfaitement. Avec un combat final absolument époque et des moments qui vous feront pisser dessus, Yakuza Apocalypse ravira les fans de Miike !

Retour sur The Corpse of Anna Fritz :

L’avis de Manon : The Corpse of Anna Fritz possède des personnages assez stupides, c’est sans doute volontaire mais ça créé des dialogues assez bêtes et très vides. L’enchaînement des évènements n’est pas toujours des plus crédibles et le scénario à rallonge plus lourd qu’autre chose. L’ensemble n’est pas assez travaillé, à peine sauvé par quelques éléments très drôles (est-ce volontaire ?). La « morale » finale est bienvenue mais plutôt évidente, sauf si le spectateur est du niveau beauf des personnages du film. Reste un traitement intéressant de la notion de consentement du rapport sexuel et une réflexion sur les séquelles du viol.

L’avis d’Ilan : Film espagnol de 76 minutes, The Corpse of Anna Fritz est un film ridicule, possédant des personnages débiles qu’on a envie de frapper. Un film sans aucun projet si ce n’est montré des choses bêtes. Le film enchaîne donc des séquences longues et ne s’arrête quasiment jamais. Et la fin n’expliquant pas grand chose sur le pourquoi du comment, difficile de savoir ce que souhaitait faire le réalisateur. A éviter !

Retour sur la Supermégabloodybunnyapocalypticaturbozombinight :

Quatre films programmés pour cette nuit de la 21ème édition de l’Etrange Festival

 Turbo Kid, l’avis de Manon : Un hommage sympathique aux films des années 80, sympathique et drôle sans être tordant pour autant. Le film doit beaucoup à ses acteurs qui apporte un vent de fraicheur (mention spéciale au personnage d’Apple qui aurait pu être lourd et insupportable mais reste mignon et rigolo). Le scénario reste assez basique, il se référence énormément à Mad Max et on peut lui reprocher de ne pas chercher à aller plus loin. Sans être transcendant, Turbo Kid offre tout de même un agréable divertissement très entraînant. Voir l’avis d’Ilan ici et la critique du film ici.

Bunny the Killer Thing, l’avis de Manon : Le WTF le plus total de cette nuit pourtant déjà placée sous le signe de l’étrange, l’histoire d’un homme-lapin mutant géant doté d’un énorme pénis créé par un scientifique qui s’évade dans la nature, à la recherche de « chattes » fraiches, alors qu’un groupe de jeunes abuse de sexe et d’alcool dans un chalet isolé. Autant dire que Bunny the Killer Thing annonce dès son synopsis qu’il ne fera pas dans la subtilité. Après un départ maladroit et assez lourd, qui n’évite pas les erreurs des slashers actuels dont il veut pourtant être une parodie, le film décolle. Venu tout droit de Finlande, il n’hésite pas à mêler stéréotypes du film d’horreur (avant de les renverser avec brio) et ses propre stéréotypes nationaux, en assumant plutôt bien le tout. Il mêle . Petite satire de sa société tout en gardant son côté volontairement stupide, il devient très drôle et jubilatoire, prônant un laissé-allé sexuel total mais sans se départir d’une certaine morale pour autant puisque Bunny the Killer Thing est un appel à la libération du désir sexuel mais condamne ses dérives.

 Tales of Halloween, l’avis de Manon : Une multitude de contes d’Halloween et légendes urbaines, un film à sketchs qui, disons le de suite, n’échappe pas au reproche quasi-systématique des films à sketch : l’inégalité. Après une excellente première proposition, on est un peu déçu de constater que la suite ne suit pas forcément. Les histoires ne sont pas toujours les plus pertinentes, on retrouve par exemple une légende assez célèbre pour que sa chute tombe à plat (même si on est toujours aussi captivés par cette légende archi-connue qui continue à nous apporter des frissons), mais aussi un sketch dont l’intrigue et la chute ne captivent pas alors qu’une autre nous fait sourire pour ses références… Les connaisseurs en légendes urbaines et contes d’Halloween risquent d’être déçus puisque le film n’a pas vraiment pris assez de risques dans ses choix. On a par ailleurs quelques bons éléments, tantôt drôles, tantôt gores, tantôt effrayants et quelques bonnes idées dans la mise en scène bien que l’ensemble soit relativement classique. Tout est également très rythmé, cette forme de sketchs très courts pourrait rebuter mais empêche au film de devenir lourd et est finalement assez plaisante. Tales of Halloween reste un petit film sans prétention, une cour de récréation de réalisateurs qui s’amusent devant la caméra, on lui trouvera un petit charme et l’avantage de proposer un bon divertissement pour un soir d’Halloween.

Wyrmwood : road of the dead, l’avis de Manon : Le dernier film de la Supermégabloodybunnyapocalypticaturbozombinight (projeté aux alentours des 6h30 du matin, la fatigue se faisait ressentir dans la salle) nous vient tout droit d’Australie et n’est autre qu’un film de zombies, comme on les connaît bien. Bien qu’il parte d’une base « sérieuse », le film sait se montrer drôle et l’humour prône plutôt au dessus de la peur et de l’émotion. Si l’introduction nous laissait espérer une belle narration bien travaillée, Wyrmwood déçoit beaucoup par la suite. Le scénario reste trop basique et peine sur la fin à trouver un équilibre entre ses éléments comiques et ses enjeux plus sérieux. L’apparent petit budget du film est par ailleurs bien contourné voir bien utilisé. Esthétiquement, on se rapproche d’un jeu vidéo et on part dans des extrêmes d’étalonnage, ce n’est pas toujours très beau mais c’est totalement assumé et ça fonctionne très bien comme choix.

Après trois films assez décevants vus dans l’après-midi, cette nuit a eu le mérite d’être plutôt drôle, sans devenir exceptionnelle pour autant. Mention spéciale à Bunny the Killer Thing qui assume très bien son ridicule et optimise chacun de ses éléments pour un rendu aussi drôle qu’hyper trash.

Retour sur Extraordinary Tales

Extrait de Extraordinary Tales
Extrait de Extraordinary Tales

L’avis de Manon : Exposition de quelques histoires choisies d’Edgar Allan Poe pour un hommage qui utilise plusieurs sortes d’animations. Inégalité habituelle des films à sketchs, certaines animations très belles alors que d’autres un plus moins jolies ou moins adaptées à l’univers (ou moins les histoires moins bien mises en image) mais la diversité est appréciable. Le film aurait gagné à être un peu moins statique et moins convenu dans sa forme. L’ensemble reste plutôt bien sympathique et l’âme des écrits originaux n’est pas perdue à travers cette mise en images, bien qu’on aurait aimé plus de dynamisme, moins de conventions et éventuellement un côté graphique gothique / expressionniste un peu plus poussé, puisqu’au final c’est toujours ce qui fonctionne le mieux

Retour sur Men and Chicken :

L’avis d’Ilan : Autant vous le dire, je me suis endormi pendant quasiment tout le film donc j’aurai du mal à vous expliquer le film. Ce que je peux vous dire par contre c’est qu’il s’agit d’une comédie absurde avec un Mad Mikkelsen au look délirant.

Retour sur Klovn Forever :

L’avis d’Ilan : Klovn Forever est la suite d’un premier film qui était déjà l’adaptation d’une série télé. Ce qui est bien et même s’il y a des références pour le fan service, n’importe qui peut comprendre le film. Et il faut dire que c’est une véritable réussite. Une comédie très très drôle. On rigole énormément devant les conneries du duo principal. Une sorte de Dumb and Dumber danois, le coté scato en moins. Une séquence vous fera même rire pendant de longues minutes. L’histoire est d’ailleurs très sympathique et le film possède plusieurs caméo réussi.

Retour sur Moonwalkers :

Extrait de Moonwalkers
Extrait de Moonwalkers

L’avis d’Ilan : Pour sa première européenne, le film a reçu une ovation et c’est mérité. Moonwalkers traite de ce qui aurai pu se passer en 1969 lorsque le gouvernement américain voulait avoir des fausses images de l’homme qui marche sur la lune au cas où la mission Apollo 11 était un échec. Il s’agit clairement d’un film ultra fun où le casting au top s’éclate absolument. Ron Perlman en tête, est juste tout simplement excellent et difficile de ne pas rire devant sa  grande séquence du film. Rupert Grint qu’on retrouve dans un rôle différent de Ron Weasley, excelle dans le rôle d’un manager sans le sou hippie et puis Robert Sheehan en junkie est extraordinaire. Un film sous acide jubilatoire qui débarque en janvier 2016. A voir absolument, en plus c’est réalisé par un français !

L’avis de Manon : Une comédie réussie qui part sur une bonne base avec une idée assez hilarante, celle d’un jeune manager sans le sou et de son colocataire junkie qui doivent assumer ce qu’ils pensaient être une petite arnaque à un producteur milliardaire sans conséquence et se retrouvent à devoir tourner les (fausses) images du premier pas sur la lune. C’est très drôle et on découvre un Rupert Grint plutôt au top, très détendu et clairement à l’aise, alors que sa carrière d’acteur notable semblait se limiter au rôle (plus ou moins réussi…) de Ron Weasley dans les Harry Potter. Le scénario nous embarque plutôt bien, on rigole beaucoup même si le film aurait parfois pu exploiter certains éléments qui auraient été bien plus drôles que quelques gags un peu lourds. Si certaines scènes sont absolument tordantes, d’autres restent très inégales, on peut reprocher à Moonwalkers de sous-exploiter certains de ses éléments.

Retour sur Sunrise :

 L’avis de Manon : Polar noir qui instaure un ambiance poisseuse qui fonctionne assez bien et une esthétique pas trop poussive mais bien présente, qui sert les obsessions du personnage. Malheureusement, les enjeux restent trop flous. Le scénario aurait pu être plus efficace mais reste captivant (il faut dire que le film a l’intelligence d’éviter tout ennui en restant sur un format de long-métrage assez court). Le thème des enlèvements d’enfants aurait gagné à plus évident et mieux expliqué mais reste cependant bien en tête, même après la séance (il me semble que c’était ici un des buts du film). Déception face à une bande annonce qui semblait trop prometteuse mais pas un mauvais film pour autant.