Critiques de films, Festivals

Paris International Fantastic Film Festival 2011 : Le palmarès et les critiques !

C’est parti pour la première édition du PIFFF. Un festival du film fantastique débarque donc à Paris pour la première fois (si on excepte l’Étrange Festival et ses programmations très éclectiques en terme de films de genre), comme on en trouve déjà du côté de Gérardmer, Bruxelles, Neuchâtel…

 

Affiche du PIFFF 2011
Affiche du PIFFF 2011

 

Pour cette première, la programmation s’annonce explosive. Du Balaguero, du Carpenter, du Ferrara, des Cillian Murphy, Luis Tosar, Willem Dafoe… Bref du gros, du lourd. La programmation complète est disponible sur le site officiel du PIFFF 2011.

 

— LE PALMARÈS —

Prix du Jury : Bellflower

 

Prix du public : Masks

 

Prix Ciné + : Masks

 

Prix du meilleur court-métrage français : Jusqu’au cou (Mention spéciale pour Peter)

 

Prix du meilleur court-métrage international : ex-æquo A Function et Hope

 

— LES CRITIQUES —

 

En compétition : Bellflower, de Evan Glodell

 

Je vous présente le Prix du Jury au Paris International Fantastic Film Festival 2011.

Deux amis se préparent à une apocalypse nucléaire en construisant armes et véhicules de destruction. Mais une fille va venir tout perturber…

Une très belle histoire d’amitié entre deux jeunes hommes. Avec de très bons acteurs (notamment l’acteur qui joue Aiden est vraiment sexy). La première partie du film est assez longue à se mettre en place. Quand cette dernière s’est mise en place, il y a beaucoup de longueurs dans les scènes, c’est vraiment dommage, car il y aurait des choses à exploiter.  Il n’y a que véritablement le moment où Woodrow devient « fou », qui est vraiment intéressant, c’est ce qui relève le film. En ce qui concerne la suite tout redevient plat, on ne comprend plus trop ce revirement de situation (de la réalité à l’imagination de Woodrow), cela casse vraiment tout. Evan Glodell a voulu pousser son film plus loin dans les explications, mais il n’aurait pas dû. Bellflower est vraiment trop long, je pense que le réalisateur aurait pu éviter certaine scènes ou du moins en raccourcir quelques unes, afin que son film nous paraisse moins interminable. La façon de filmer, elle aussi est spéciale , une mise en scène old school, qui donne malgré tout un bon effet.

L’avis : Bellflower, un début laborieux et une fin raté.

Note : **

By Laura

Extrait de Bellflower (2011)
Extrait de Bellflower (2011)

 

 

 

En compétition : Masks de Andreas Marshall.

Voici un des nouveaux films en compétition : Masks d’Andreas Marshall. Ce dernier a décidé d’opter pour la formule giallo, pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un giallo on va vous expliquez. c’est un genre de film d’exploitation, principalement italien et qui est à la frontière entre le cinéma policier, le cinéma d’horreur, de fantastique et d’érotisme. Un des grands maîtres du giallo est Dario Argento et notamment son Suspiria auquel Masks rend assez évidemment hommage.

Pour ce film, Marshall nous raconte l’histoire de Stella, enfin retenue dans un atelier privé aux méthodes extrêmement particulières, après plusieurs échecs dans divers conservatoires d’art dramatique…

Le réalisateur a fait son film dans une véritable école d’art dramatique avec de vrais étudiants et de vrais professeurs. Tous les décors que nous voyons pendant le film sont réels. Masks est un film qui dérange par son histoire. Un bon scénario avec des tensions qui sont  utilisées au bon moment, dommage qu’il y ait des scènes trop pesantes, quelques problèmes de mises en scènes qui donnent un peu mal à la tête et aussi un décor très simpliste (les récurrentes et faciles bâches en plastiques dans une pièce pour donner une ambiance flippante).  Mais rassurez-vous, il y a quand même des points positifs dans ce film. Les moments où le réalisateur montre des brides de scènes avec un côté mystérieux au film, agrémentées d’une tension palpable. Il y a aussi la prestation des acteurs qui n’est loin d’être mauvaise.

L’avis : Masks est un film qui ne donne plus envie de faire des arts dramatiques. Tendu et esthétique.

Note : ****

 By Laura

Extrtait de Masks (2011)
Extrtait de Masks (2011)

 

 

 

En compétition : Cassadaga, d’Anthony DiBlasi.

 

Après avoir signé Dread, Anthony DiBlasi se plonge dans une histoire d’esprits et de serial-killer avec Cassadaga. Le film porte d’ailleurs dans son titre le nom de la ville comptant le plus de médiums au monde. Une mise en situation déjà bien délicate pour un film qui nous raconte comment une jeune fille tente de rentrer en contact avec l’esprit de sa sœur récemment décédée. Au lieu de cela, elle se retrouve en contact avec la victime d’un tueur en série.

Cassadaga pourrait être un jeu de piste intelligent. Un film qui mixe les genres, du dramatique émotionnel forcément touchant, à cela du thriller (à la recherche d’un serial-killer) ou encore celui de l’épouvante (le contact avec les esprits et fantômes). Anthony DiBlasi a signé un film relativement efficace dans toutes ses tentatives. On regrettera qu’il n’aille pas encore plus loin dans ses idées (jeu sur la surdité un poil trop juste, rapport avec les esprits) pour rendre son film encore plus fort. Le film n’a toujours pas trouvé de distributeur, mais il mérite déjà le minimum, une reconnaissance. Et quant on sait que des plus mauvais films de genre sortent au cinéma pour bien moins que ça, on se dit que Cassadaga a largement sa chance.

L’avis : Un bon thriller d’épouvante, émouvant et parfois malsain mais qui laisse un goût d’inachevé.

 

Note : ****

Extrait du film Cassadaga (2011)
Extrait du film Cassadaga (2011)

 

 

Hors compétition : The Ward, de John Carpenter

 

Une bonne dizaine d’années que l’un des maîtres de l’horreur n’avait pas sévi sur grand écran. Pour The Ward, qui sortira directement en DVD ( !), c’est l’une des rares occasions de le voir dans ce type de condition, souvent la meilleure d’ailleurs pour apprécier un bon film de genre. Pour ce film, Carpenter nous amène dans un endroit déjà connu de ce genre (l’hôpital psychiatre) où le fantôme d’une ex-internée s’évertue à éliminer ses ex co-détenues…

John Carpenter renoue avec le cinéma d’horreur à la classique. Mais celui qui a inventé le slasher movie avec Halloween (entre autres) a du mal à se renouveler. Son film est d’un classique très décevant, tombant trop souvent dans la surenchère de cris ou d’effets musicaux puissants pour nous faire sursauter. Il faut croire que cela fonctionne, mais ça permet seulement de captiver et d’accrocher le spectateur en surface. Car en profondeur, The Ward ne propose pas grand-chose. Le film ressemble à un patchwork de Shutter Island, Sucker Punch (pour les teen-girls dans un asile) et d’autres films d’horreur ayant déjà eu recours à ce lieu pour le moins sordide et sujet à toutes les expérimentations. Sauf que The Ward n’invente, ni n’innove. Le scénario est même convenu, tourne en rond. Il reste tout de même un film sympathique à regarder dans son rythme et sa tension, mais on est très loin des modèles du genre. Carpenter signera-t-il de nouveau un grand classique dans un futur proche ? En est-il capable ?

L’avis : Le nouveau Carpenter sortira directement en DVD. On comprend pourquoi : c’est convenu, classique, un poil surfait et sans réel intérêt. Même pour Amber Heard.

 

Note : *

Extrait de The Ward (2011)
Extrait de The Ward (2011)

 

 

 

En compétition : The Innkeepers, de Ti West.


Chasse de fantôme dans un hôtel, cela ravive des souvenirs. Alors que donne The Inkeepers de Ti West, qui sur le papier paraissait très prometteur. Claire et Luke, deux employés d’un vieil hôtel de la Nouvelle Angleterre, tuent le temps en partant à la chasse aux fantômes qui rôdent dans l’établissement…

Et oui, encore un film de fantôme. Mais comment dire, celui-ci est un peu raté. Même s’il y a un esthétisme correct, sauf le fantôme de Madeline O’Mallet qui est vraiment ridicule, que l’histoire en elle-même n’est pas mauvaise, le reste lui , est vraiment mauvais. Un film de fantôme est censé faire peur, on y trouve de la tension, de l’adrénaline. Et bien non! Dans The Innkeepers , il n’y a rien de tout ça, car les seuls moments où il pouvait y avoir de la tension, le réalisateur Ti West, nous a mis du fou rire. Alors est-ce voulu ? En tout cas, si c’est voulu, le réalisateur s’est vraiment raté. Le rapport entre les deux ne fonctionne pas, et jamais la sauce ne prend malgré un synopsis intrigant.

L’avis : The Innkeepers, un film de fantôme raté.

.

Note : **

By Laura

Extrait du film The Inkeepers (2011)
Extrait du film The Inkeepers (2011)

 

 

 

En compétition : The Dead, des frères Ford.

 

Le film de zombie a aussi sa place au PIFFF. La preuve : les frères Ford nous offrent The Dead. Après le crash d’un vol d’évacuation, le lieutenant Brian Murphy doit suivre en milieu hostile : un territoire dominé par les morts-vivants en pleine Afrique de l’Ouest.

Des les premières scènes, nous sommes mis dans l’ambiance du film. Un nouveau film de zombie qui se passe en Afrique de l’Ouest, avec deux paysages, d’un côté il y a « la savane » avec les différentes tribus et de l’autre il y a le désert. Ces paysages sont vraiment magnifiques (pour ceux qui aiment l’Afrique seront servis). On a l’habitude de voir des films de zombies,de qualités inégales. Dans celui des frères Ford, les zombies sont vraiment réalistes, pas d’exagération, pas de surplus de maquillage. Il y avait juste ce qu’il fallait en matière de sang, mais aussi de burlesque.  Les deux frères ont aussi réussi dans leur façon de filmer. Malgré quelques scènes prévisibles, le spectateur sera surpris par la scène finale.

L’avis : Un bon film de zombies sans exagération.

 

Note : ****

By Laura

 

Extrait de The Dead (2011)
Extrait de The Dead (2011)

 

 

 

En compétition : Retreat, de Carl Tibbets.

 

Quant un couple en crise décide de se remettre d’aplomb, isolé sur un île, cela peut donner un film de paranoïa, en mode huis clos. Et lorsqu’un mystérieux militaire retrouvé blessé annonce au couple qu’ils doivent se calfeutrer dans la maison pour éviter un virus aéroporté qui est en train de tuer toute la population sur le continent, on se dit que Retreat va nous intéresser. Pour autant, le film est déjà annoncé pour une sortie DVD début 2012. On finit par comprendre pourquoi…

Retreat avait deux choix narratifs possibles : soit faire de ce militaire un bluffeur hors-pair – Retreat devenant un vrai film de paranoïa claustro – ou alors faire du genre pandémique l’essentiel. Carl Tibbets a fait le mauvais choix. On se retrouve avec un thriller d’action convenu, avec des ficelles assez grosses pour ne plus être tenu en haleine. Ce couple en crise touche, ce militaire inquiète, mais ça s’arrête là. Les acteurs y sont relativement convaincants, et le tour de force de Carl Tibbets est d’inverser les rôles : l’angélique Jamie Bell devient un inquiétant militaire, alors que Cillian Murphy (habitué aux rôles tordus) se retrouve en homme soumis. Thandie Newton en fait des tonnes, Jamie Bell surprend, Cillian Murphy touche.

L’avis : Si le rythme est assez captivant, Retreat s’avère être un mauvais thriller qui fait les mauvais choix.

Note : *

 

Extrait du film Retreat (2011)
Extrait du film Retreat (2011)

 

 

 

En compétition : Extraterrestre, de Nacho Vigalondo.

 

Une programmation d’un festival de film fantastique peut parfois surprendre dans ses choix. Extraterrestre est cette surprise. Nacho Vigalondo (dont c’est le deuxième long-métrage après Timecrimes) se paye la tête du genre SF en signant un faux-film de science-fiction déguisé en comédie romantique. Julio se retrouve dans un appart étranger, avec une fille qui lui est inconnue. Mais quelque chose d’encore plus inhabituel attend les deux protagonistes : une soucoupe volante occupe le ciel de la ville, cette dernière étant complètement vide. Il reste seulement le voisin de palier de Julia, et le petit ami de cette dernière qui ne tardera pas à débarquer. Alors s’invite une intrigue des plus délirantes où le but est de s’accuser d’être un infiltré venu d’ailleurs si vous voyez où je veux en venir.

Extraterrestre est donc clairement un film clandestin dans cette programmation, une sorte d’OVNI à lui tout seul. Son côté SF n’est qu’un prétexte pour servir une comédie teintée de romance. C’est drôle, piquant parfois, tendre à d’autres. Les acteurs se prennent au sérieux et servent une belle prestation, notamment pour Julian Villagran et Carles Areces. Malgré tout, le film accuse quelques longueurs et pointes d’ennui qui nuisent à un récit qui s’enlise un peu, avant de ressortir la tête du bourbier dans sa conclusion, nécessaire pour que le public comprenne le tout. Extraterrestre surprend, mais ne convainc pas sur la longueur.

L’avis : Amusant à défaut d’être hilarant, Extraterrestre est la séance détente du PIFFF !

 

Note : ***

 

Extrait du film Extraterrestre (2011)
Extrait du film Extraterrestre (2011)

 

 

 

En compétition : Blind Alley (El Callejon), d’Antonio Trashorras.

 

Une compétition de films fantastiques sans un long espagnol, cela relève de l’impossible ou du mauvais goût. Le PIFFF n’est pas de ceux-là. Les espagnols sont venus en masse pour cette première édition, à commencer par Jaume Balaguero en ouverture. C’est un autre acteur montant du cinéma de genre espagnol qui prend la relève. Après avoir signé les scenarii du grand classique de Guillermo del Toro (L’Echine du Diable) et celui d’Agnosia, Antonio Trashorras se lance dans la réalisation. Pour ce premier long, il nous concote un film ultra-référencé et pour le moins déroutant. L’histoire était à dormir debout : une jeune femme de ménage rêvant d’être une star se retrouve coincée en pleine nuit dans un lavomatic. Le résultat l’est tout autant !

Avec un tel synopsis, connaissant également les talents des ibériques pour nous offrir des huit-clos de grande qualité, il y a de quoi penser que ce Blind Alley part sur de bonnes bases. Mais dès les deux premières scènes, on a compris la blague. La première lance les pistes, nous montre qu’on va avoir à faire avec une chose assez monstrueuse. La seconde est celle du générique, totalement latino-pop, presque digne d’un film érotique des eighties. La suite n’est qu’enchaînement de références (du comics, la bimbo, de la sitcom, du film de vampire…). La forme intéresse, le fond pas du tout. En effet, rien à retirer d’un scénario complétement creux et sans intérêt, qui prête plus à rire (moqueur). La forme est un peu plus intéressante. Loin d’être bonne, elle retient néanmoins l’oeil (il faut bien quelque chose) et propose du visuel (avec une impasse un peu sorti de nulle part, par exemple). On connait les talents des ibériques pour inventer ou réinventer le cinéma de genre. On aime aussi quand ils nous proposent des choses sérieuses, qui apportent un plus. Quand c’est mauvais, la création artistique a peut-être ses limites, n’est-ce pas monsieur Trashorras ?

L’avis : Complétement décalé et néanmoins sans intérêt, Blind Alley veut assumer un film de genre barje et ultra-référencé. Cela ne fonctionne pas du tout.

 

Note : *

Extrait du film Blind Alley (2011)
Extrait du film Blind Alley (2011)

 

 

 

En compétition : A Lonely Place to Die, de Julian Gilbey.

 

La compétition internationale pour les longs-métrages commence donc par un film britannique, en l’occurrence un premier pour Julian Gilbey. A Lonely Place to Die nous transporte dans les Highlands écossais, avec 5 randonneurs qui lors d’une excursion tombent sur une petite fille séquestrée dans une boîte et enterrée. Tout naturellement, ils lui portent secours. Peut-être n’auraient-ils pas dû ? Le film se découpe en deux parties bien distinctes. Une première de toute beauté, concentrée dans les décors ahurissants des Highlands filmés d’une façon vertigineuse, alternant les prises de vues aériennes et la caméra au poing. Un juste milieu, une action trépidante, des décors splendides et naturels. Notre curiosité a de quoi être éveillée : nous sommes face à un survival (film de survie) haletant, imprévisible, réaliste et douloureux, et pour le moins abrupt.

Le lieu géographique de la montagne et des grands espaces avaient déjà servi, que ce soit en France pour Vertiges, ou en Norvège pour Cold Prey. A chaque fois, des films d’une belle qualité, énergiques et captivants. Mais avec A Lonely Place to Die, on avait des raisons de croire que la vitesse supérieure était enclenchée tant le style était beau. On parle déjà au passé. Parce que c’est sans oublier la seconde partie, où cette fois-ci le survival se mêle à pleins d’autres genres adjacents : le slasher, le thriller avec un pointe de dramatique. L’action se déroule cette fois-ci dans la civilisation, dans un petit village qui accueille une fête traditionnelle, et donc folklorique, ce qui tend à vouloir épaissir du mystère. C’est un peu l’arbre qui se cache derrière la forêt, puisque clairement le film de Julian Gilbey perd en identité. On garde le palpitant, mais l’action ne moins excitante à regarder. On s’éparpille, aussi bien dans l’histoire que dans le style et la manière de filmer, on devient un peu plus classique, et on finit par décevoir, risquant d’anéantir tout le travail fait au départ. Dommage que les deux parties soient aussi distinctes et différentes l’une de l’autre.

L’avis : Passant du survival abrupt dans des montagnes escarpées de l’Ecosse profonde, à un mélange de genre en pleine civilisation, A Lonely Place to Die a perdu trop rapidement son identité et tout l’intérêt qu’on pouvait lui porter au départ. Il reste néanmoins à voir pour ses nombreuses qualités. Le film sortira en France début 2012 sous le nom de Poursuite Mortelle.

 

Note : ***

Affiche du film A Lonely Place to Die, de Julian Gilbey
Extrait du film A Lonely Place to Die (2011)

 

Hors compétition : Malveillance (Sleep Tight), de Jaume Balaguero.

 

Pour se lancer ce festival du film fantastique, l’organisation a frappé fort en invitant Jaume Balaguero, lui-même membre du jury pour la compétition internationale. Il est venu présenter à l’occasion son dernier thriller, Malveillance. Balaguero est bien sûr connu pour être l’un des piliers de la franchise d’horreur espagnole [REC]. On lui doit également à la réa ou au scénario d’autres films de genre reconnus comme Fragile ou La Nonne. Avec Malveillance, il nous raconte comment un concierge en apparence sympathique cache bien son jeu… De jour, il est le gardien d’immeuble presque modèle si on excepte quelques retards. Efficace, discret, il est d’une aide quotidienne pour les habitants de l’immeuble. La nuit, il s’acharne à casser le bonheur de certains de ses habitants, notamment l’insouciante Clara, à qui il va faire vivre un enfer… sans qu’elle ne le sache !

Le ton est donné avec Malveillance, Balaguero joue la carte de la perversion, renforcée à coup de cadres rapprochés et d’une ambiance parfois suffocante mais pas trop. Sans tomber dans l’hystérie la plus totale, il donne à la fois à son film un ton flippant, et en même temps, carrément dément. Notre César (interpreté par un Luis Tosar encore au top) est à la fois un psychopathe dangereux, ultra pervers, mais aussi intelligent, malheureux, rendu attachant. Le film ne porte pas de jugement, il raconte une histoire, réinvente le happy end. On se trouve face à un thriller efficace, facilement regardable, loin d’être aussi suffocant qu’un [REC] (tiens ça parle encore d’immeuble), pas de huit-clos horrible. Si le film se met lentement en place, l’ambiance perverse monte crescendo, et comme le scénario dans son déroulement semble en dire un peu trop d’un coup, Malveillance lance ses derniers atouts et joue la carte de la surprise (parfois prévisible) et arrive à maintenir l’intérêt. Ce n’est pas un grand huit dans la section des films de genre, mais c’est presque un bon divertissement de genre, intéressant et maîtrisé.

L’avis : Un thriller pervers et maitrisé.

 

La note : ***

 

Extrait du film Malveillance (2011)
Extrait du film Malveillance (2011)