Festivals, PIFFF 2016

PIFFF 2016 : Jours 1 et 2

Des morgues à foison et David Lynch en vedette, pour entamer cette 6ème édition du Paris International Fantastic Film Festival !

Cette année, le PIFFF nous gâte sur son choix de salle en proposant le Max Linder, avec son grand écran et ses trois étages. C’est ainsi que nous nous sommes rendus, bien heureux, à son ouverture. Après Behind, un court-métrage espagnol habilement mis en scène et ne lésinant pas sur les frissons sans tomber dans les jumpscares faciles, nous avons découvert Autopsy of Jane Doe. Le programme du deuxième jour était constitué de I Am Not The Serial Killer en compétition, Fire Walk With Me en rétrospective, Realive à nouveau en compétition (présenté par Jérôme Vidal, le producteur de la société Noodles Production) et, enfin, David Lynch The Art Life en hors compétition.

Autopsy of Jane Doe de André Ovredal

Un père et son fils tiennent ensemble la morgue locale. Un soir, la police y amène le corps étrangement bien conservé d’une inconnue, découvert dans la cave d’une scène de crime. Alors que le duo cherche à déterminer les circonstances de sa mort, des évènements étranges commencent à se produire…

L’avis de Manon : Un film d’horreur à esprit sympathique et, on doit l’avouer, fort effrayant, bien que relativement classique. L’espace est bien utilisé, les personnages sont attachants et le scénario tient la route en interpellant le spectateur sur les origines du cadavre.

L’avis d’Ilan : Un grand film de genre pour démarrer cette édition du PIFFF. Huis-clos dans une morgue, on retrouve deux personnages dans un enfer terrible, pris au piège par un cadavre qui ne bouge jamais. Bourré d’idée, le film nous met sous tension et nous effraie. Avec une photographie de qualité pour un huis-clos dans une morgue, The Autopsy of Jane Doe passionne et on détourne des yeux à plusieurs moments. Comme l’impression de subir nous-même une autopsie par moments. Malgré un troisième acte aux raccourcis scénaristiques, le long-métrage s’impose comme l’un des meilleurs du genre pour cette année 2016.

I Am Not A Serial Killer de Billy O’Brien

D’affreux crimes sont commis dans une petite ville des Etats-Unis, quelques jours avant Noël. Un adolescent médicalement diagnostiqué sociopathe et suivi par un psy, qui se bat contre l’idée de faire du mal à quelqu’un, se met en tête de pister le tueur.

L’avis de Manon : Tourné en 16mm, le film gagne, dès ce choix, une ambiance toute particulière, tout en restant simple : c’est là l’art de savoir travailler correctement son image (le DoP n’est autre que celui de I, Daniel Blake, dernière Palme d’Or surtout, d’American Honey, qui m’avait un peu laissé de marbre à Cannes mais possédait une photo incroyable). I Am Not A Serial Killer c’est également un scénario particulièrement bien écrit, qui tient en haleine tout en proposant un personnage original, un adolescent sociopathe qui se refuse à devenir un meurtrier pour autant. Mâtiné d’une troublante psychologie qui tend même vers la philosophie, ce thriller adolescent (mais pas idiot) mêlant fantastique et horreur s’offre également quelques délicieuses blagues sordides pour lorgner quelques fois du côté du second degré et aérer la tension générale. Une très jolie découverte et un petit coup de cœur, qui mérite un bon succès.

Twin Peaks : Fire Walk With Me de David Lynch (1992)

Les derniers jours de Laura Palmer, la fameuse victime pleine de secret de Twin Peaks, dont on recherchait le meurtrier.

L’avis de Manon : On ne présente plus Twin Peaks, la grande série de David Lynch et son enquête pour trouver le meurtrier de Laura Palmer… Après un départ laborieux, handicapé par ses longueurs, Fire Walk With Me revient prendre place dans la ville de Twin Peaks et son envol par la même occasion. Construit comme un puzzle pour décrypter les traumatismes de Laura Palmer, autour de ses derniers jours. Le film est un délice pour les yeux comme pour les oreilles grâce à sa splendide direction artistique. La plastique du long-métrage est aussi bien soigné que celle de la série, offrant un spectacle aussi beau que troublant.

Realive de Mateo Gil

Atteint d’un cancer et condamné, Marc choisit de se faire cryogéniser, espérant revenir un jour à la vie, dans un futur qui pourrait guérir sa maladie. C’est ce qui arrive, 70 ans plus tard, il renaît, relié à une machine dont il est dépendant, alors que ses amis semblent être tous morts et qu’il ne reconnaît plus le monde qui l’entoure. Relégué au rang de prouesse de la science, perdu face à ses questions, Marc sombre petit à petit dans la mélancolie de sa nouvelle vie.

L’avis de Manon : Realive est très littéraire, voir même beaucoup trop bavard et s’embarrasse de quelques petites longueurs, notamment autour du thème de l’histoire d’amour, finalement mineur face aux autres idées du film. Parce que, malgré ces premiers défauts, il propose une réflexion intéressante et très personnelle sur le concept de l’immortalité, à travers la résurrection. Le futur y est bien travaillé, peu fantasque mais souligné avec subtilité, pour un résultat original qui tient largement la route, route qui mène du plus grand rêve de l’Homme à son pire cauchemar.

David Lynch : The Art Life de Jon Nguyen, Rick Barnes et Olivia Neergaard-Holm

David Lynch revient sur son enfance et ses débuts en tant qu’artiste, d’abord peintre, puis cinéaste.

L’avis de Manon : Il est toujours très intéressant d’entendre David Lynch parler de sa vie puisque cela, et c’est le but du riche documentaire, explique toujours un peu ses œuvres et ses débuts en tant qu’artiste peintre, ce qui l’a mené au cinéma. Cependant, le film amène un peu à la frustration en s’attardant sur des détails anecdotiques pour se couper juste après le tournage d’Eraserhead, alors qu’on aurait aimé en savoir plus sur la suite de sa carrière. C’est une prise de décision un peu dommage.

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