PIFFF 2016

PIFFF 2016 : Jours 5 et 6

Une clôture en beauté.

Le PIFFF 2016 s’achève. Retour sur les deux derniers jours du festival.

Sam Was Here de Christophe Deroo :

Perdu au fin fond du désert californien, un démarcheur cherche de nouveaux clients en passant de village en village. En vain. Alors que sa voiture tombe en panne et qu’un tueur rôde dans la région, il va découvrir l’hostilité de la population locale et
sombrer peu à peu dans la paranoïa…

L’avis d’Ilan : Difficile de digérer ce film. Il m’a beaucoup fait penser dans un sens à Memento de Christopher Nolan. Le film est une sorte de cauchemar, entre hallucination et purgatoire il interroge beaucoup mais reste un thriller très efficace. Surtout qu’il bénéficie d’une prouesse technique. Tourné en 12 jours dans des conditions pas évidente, le film démontre tout le talent de son équipe et c’est très louable.

L’avis de Manon : Le film est d’une telle propreté technique que je soupçonne l’équipe d’avoir soit menti sur la durée du tournage, soit énormément répété avant. Dans tous les cas, Sam Was Here reste une excellente découverte, axée sur l’idée du bouc émissaire. L’intrigue se dévoile au compte-goutte, la mise en scène accentue l’angoisse provoquée par les situations dans lesquelles Sam se retrouve, l’ambiance et le propos – sans ne jamais tomber dans le jumpscare facile (ce cancer du film d’horreur actuel…). On note également une musique particulièrement chouette mais on ne vous en dit pas encore plus puisqu’une critique complète du film est à venir !

Retrouvez notre interview du réalisateur Christophe Deroo ici.

The Priests de Jang Jae-hyun :

Deux prêtres tentent de découvrir l’identité d’un homme qui a agressé une jeune fille. S’agit-il d’un esprit maléfique ou d’un simple violeur ?

L’avis de Sacha : Avec cet unique film sud-coréen du festival, le réalisateur Jang Jae-Hyun s’attaque à un sous-genre du fantastique-horreur où deux prêtres vont avoir recours à un exorcisme pour sauver une adolescente. « The Priests » c’est avant tout un duo entre un jeune étudiant apostolique tourmenté par son passé et un vieux prêtre borderline avec une véritable immersion dans le clergé catholique de Corée traité par moments avec dérision et second degré dans la première partie avant de basculer dans le fantastique chrétien comme il a très rarement été représenté au cinéma! Le cinéaste sud-coréen signe ici un grand film de genre à la fois esthétique, sanglant, drôle, sacré avec des références et des thématiques chrétiennes tel que le pardon, la culpabilité et la rédemption du personnages principal sans jamais tomber dans le spectaculaire hollywoodien! « The Priest » n’est ni plus ni moins que le meilleur film d’exorcisme depuis le classique de Friedkin! Merci au PIFFF pour cette découverte!

L’avis de Manon : Si The Priests n’est pas désagréable à regarder et permet de passer un bon moment, il reste extrêmement classique dans son traitement du sujet (aux relents un peu vus et revus) et son scénario, ce qui déçoit un peu. Prenez L’Exorciste et ses questions, amenez-le en Corée, 40 ans plus tard, insérez-y un adorable porcelet pour faire craquer les foules, un drame dégoulinant pour ajouter quelques violons et vous obtiendrez une recette toute faite et sans surprise, néanmoins préparée avec un certain soin et une jolie mise en scène.

L’avis d’Ilan : Film d’exorciste coréen qui ne révolutionne pas le genre mais fait absolument le taff et s’en sort comme étant l’u n des meilleurs. Porté par Kim Yun-Seok (The Chaser), le film nous montre deux prêtres qui doivent exorciser une enfant tout en se débarrassant de leurs propres démons intérieurs. Si le film peut paraître bavard, le rapport à la religion y est plutôt bien écrit. Avec une mise en scène soigné et efficace, The Priests est un film de genre réussi.

Keeper of Darkness de Nick Cheung

Un truand devient une star du net grâce à une vidéo virale dans laquelle il pratique un exorcisme. Alors qu’une entité maléfique commence à le poursuivre, une jeune journaliste se passionne pour son travail…

L’avis de Manon : Ultra kitsch, sans aucune subtilité et doté d’un interminable final que n’aurait pas renié le pire des Twilight, Keeper Of Darkness est cependant une bonne garantie pour passer un agréable moment. Riche en rebondissements, le film n’hésite pas à sentir hors des sentiers battus, quitte à explorer des pistes totalement improbables et s’offre quelques moments de comédie bien réussis. Un peu naïf, mais pas dans le mauvais sens du terme, toujours inventif et plutôt même courageux, Keeper Of Darkness est finalement une belle surprise made in Hong Kong dont on n’oublie pas le nom.

Opéra de Dario Argento (1987)

Une chanteuse d’opéra engagée pour les besoins d’une reprise de Macbeth est harcelée par un fan dérangé qui massacre son entourage. C’est la première fois que le director’s cut du film est présenté en France.

L’avis de Manon : Un bon et beau giallo de Dario Argento, malgré quelques moments un peu improbables, qui contribuent finalement au charme de l’œuvre. La mise en scène est toujours magistrale et l’habillage musical soigné. Une rencontre avec le réalisateur est à venir sur le site.

La clôture : le compte-rendu et les avis de Manon

Opéra était le dernier film avant la rapide clôture. Si Grave a raflé à la fois le prix du long-métrage ciné + frisson (voilà qui doit ravir la chaîne) et le prix du public, les avis étaient un peu plus variés pour les court-métrages. Après deux très beaux discours de remerciement de Julia Ducournau, qui a notamment cité l’importance des échanges culturels (qu’elle a bien différencié de la colonisation), en évoquant son tournage en Belgique, nous avons découvert ce dernier palmarès. Le prix du court-métrage français Ciné + a été attribué à Dénominateur Commun de Quentin Lecocq et le prix du court-métrage français du public à Popsy, une adaptation d’une nouvelle de Stephen King. Enfin, le jury a récompensé Margaux en court-métrage français, et Curve en court-métrage international, après avoir félicité l’ensemble de la sélection, citant la difficulté qu’était de faire un court-métrage, en général. Nous avons donc découvert Margaux et Curve avant la projection du film de clôture, le premier est une jolie réussite d’un groupe d’étudiants en cinéma qui ont vraisemblablement très bien assimilé un court d’histoire de l’art sur Hokusaï, le second est un film australien basé sur un concept qui fonctionne très bien et s’avère très angoissant mais qui possède une ou deux minutes de trop. Qu’importe : c’était très agréable de découvrir ces deux œuvres courtes, un format trop malmené, qui s’avère pourtant quelque fois très prometteur. Quand c’est une bande d’étudiants qui gagne un prix, on ne peut que le qualifier de mérité compte tenu des difficultés qui sont souvent rencontrés, et l’applaudir quand il est, de plus, aussi réussi.

Safe Neighborhood de Chris Peckover

Une jeune babysitter vient s’occuper du pré-adolescent qu’elle garde habituellement et qui craque un peu sur elle. Des événements étranges viennent alors à se produire : des vitres cassées, des messages d’alerte et une présence dans la maison…

L’avis de Manon : Vendu comme un feel-good movie familial de Noël, Safe Neighborhood est à des lieux de cette étiquette puisqu’il s’agit d’une comédie noire qui ne cache pas ses ambitions horrifiques à travers un psychopathe plutôt dérangeant. Il n’est reste pas moins un film réussi puisque reposant en partie sur les effets de surprises provoqués par ses plusieurs rebondissements improbables mais qui, à l’écran et grâce au ton adapté, tiennent tout à fait la route. Les acteurs s’y débrouillent très bien et l’humour noir est dosé avec excellence.

C’est ainsi que cette sixième édition du PIFFF se termine, nous remercions toute l’équipe ainsi que les attachées presse pour ces formidables moments et opportunités. A l’année prochaine !