Rétrospectives

Rétrospective Steven Soderbergh : Ocean’s Twelve (2004)

L’arnaque

Trois ans ont passé depuis le braquage historique du casino Bellagio de Las Vegas. Depuis, Danny Ocean et ses associés se sont dispersés dans la nature avec l’intention de mener une existence honnête.
Remarié à Tess, ce dernier joue « profil bas » jusqu’au jour où l’un de ses anciens complices la balance à Terry Benedict. Le propriétaire du Bellagio n’y va pas par quatre chemins : la bande doit, sous peine de mort, lui restituer le magot.
Et ce n’est qu’un début, car quelqu’un d’autre s’intéresse de très près aux agissements passé et présents de la bande des onze…

Après l’immense succès d’Ocean’s Eleven, c’est sans surprise que Steven Soderbergh se lance dans une suite en réunissant à nouveau son casting cinq étoiles. Cette suite est considéré comme l’une des pires suites de tout les temps. George Clooney et les autres renient même ce film. Pourtant, plus de 10 ans après sa sortie, Ocean’s Twelve s’impose comme un film en avance sur son temps où Soderbergh surprend tout son monde…

Steven Soderbergh aurait pu choisir la facilité et refaire exactement la même chose qu’Ocean’s Eleven. Un film de braquage classique. Sauf que c’est mal connaitre le réalisateur et avec Ocean’s Twleve, il décide de casser tout les codes en faisant un nouveau film expérimental sans suspens ni action filmé avec une caméra à l’épaule façon documentaire et avec un montage ultra découpé.

L’histoire se veut à la fois simple et complexe. Le simple est dans le fond où il s’agit de la vengeance de Benedict envers la bande de Danny Ocean. Mais la complexité vient de la narration du film où Soderbergh décide de faire un anti-blockbuster en alternant les flashback et les sous-entendus. Dans Ocean’s twelve, tout le monde se fait arnaquer. Les personnages, les spectateurs, Hollywood… Soderbergh signe un véritable film d’auteur avec un budget faramineux.

Comme dans Hors d’atteinte, les personnages deviennent inévitablement des loosers et l’humour se fait bien plus présente que dans le premier. En rajoutant un coté extrêmement méta au film notamment avec le personnage de Linus (Matt Damon) mais aussi l’immense scène du caméo de Bruce Willis.

Coté casting, deux nouveaux rejoignent la bande. Catherine Zeta-Jones et Vincent Cassel dans sa première expérience américaine. Un casting impeccable qui donne cette fois-ci la part belle à Brad Pitt et Matt Damon.

Ocean’s Twelve est un film mal aimé et incompris pour l’époque. Un film en avance sur son temps où Soderbergh se moque d’Hollywood et des spectateurs. Un film imparfait certes mais ô combien intelligent!