Critiques de films, Rétrospectives

Rétrospective Steven Soderbergh : The Good German (2006

Casablanca

En 1945, le correspondant de guerre américain Jake Geismer débarque à Berlin pour couvrir la conférence de Postdam où les Alliés décideront du sort de l’Allemagne vaincue, parleront de l’avenir de l’Europe… et se disputeront âprement les restes du gâteau.
Quelques années plus tôt, Jake dirigeait une agence de presse à Berlin et eut dans cette ville une liaison avec la belle Lena, mais tout cela semble bien éloigné, car la guerre a souillé, meurtri et ravagé ce que chacun avait de plus de cher. Et l’après-guerre poursuit ce travail de sape, qui affecte aussi bien les vaincus, usés par les privations, la peur et les compromissions, que les vainqueurs, décidés à se « payer sur la bête ».
Le chauffeur de Geismer, le caporal Tully, est l’un de ces profiteurs, rompus à toutes les combines, livrant dans chaque secteur de Berlin petits secrets et produits de contrebande. Plus triste, il est devenu l’amant de Lena, une Lena que Jake trouve bien changée, étrangement lointaine et comme indifférente à son sort.
Lorsque Tully se fait tuer dans le secteur russe, en possession de 100 000 marks, Jake est aussi surpris que choqué de voir les Américains et les Russes classer l’affaire en un clin d’oeil. Il décide d’élucider cette mort mystérieuse, qui le rapproche insensiblement de Lena, ses secrets et ses mensonges.

Steven Soderbergh est très souvent reconnu pour être un réalisateur capable de s’attirer tous les acteurs possible dans un même film. Mais pas que. Il est aussi connu pour faire des films concept avec un budget de blockbuster. C’est le cas ici avec The Good German, ou l’auteur marque une nouvelle collaboration avec George Clooney et tente de ressusciter le cinéma d’antan. malheureusement c’est un véritable échec.

The Good German c’est l’adaptation d’un roman de Joseph Kannon qui a reçu le prix Edgar. Soderbergh est un adepte des adaptations avec plus ou moins de succès mais pour ce film, il a du se réinterpréter l’oeuvre pour tenir son film en moins de deux heures. Et c’est peut être sa grosse erreur u film car cl’histoire est un bazar sans nom dans laquelle on a du mal a se repérer et à comprendre le fin mot de l’histoire.

Sur le fond, le film possède d’énorme ressemblance avec Casablanca mais Soderbergh n’arrive jamais à lui inculquer le souffle qu’il faut. Construit sur un faux rythme, The Good German s’avère plat et ennuyeux.

Cependant, ce qui permet à The Good German de ne pas passer inaperçu, c’est son format. Soderbergh décide de filmer le film à l’ancienne pour se rapprocher du style de l’après-guerre, époque à laquelle se droule le film. Le tout, dans un soucis de réalisme. Techniquement, le film est parfait. Le Noir et Blanc est parfait et correspond bien à l’univers du film. Ici, ce n’est absolument pas un gadget.

De surcroit, le jeu des acteurs se veut assez théatraux et il faut dire que c’est très réussit. Surtout au niveau du jeu de Cate Blanchett. Soderbergh filme ses acteurs de manières admirables et réussit à ce niveau là ce qu’il entreprend.

The Good German est ainsi un film imparfait qui souffre de la banalité de son scénario ainsi que de sa platitude. Si l’on s’ennuie devant cette histoire, on reste admiratif par la technique de Steven Soderbergh qui nous livre un film d’époque alors que nous arrivons à la fin des années 2000. Ce n’est pas le grand film que souhaitait avoir Soderbergh mais c’est une tentative qui mérite le coup d’oeil.