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Rétrospective Steven Soderbergh : Ocean’s Eleven (2001)

Le Big Deal

Après deux ans passés dans la prison du New Jersey, Danny Ocean retrouve la liberté et s’apprête à monter un coup qui semble impossible à réaliser : cambrioler dans le même temps les casinos Bellagio, Mirage et MGM Grand, avec une jolie somme de 150 millions de dollars à la clé. Il souhaite également récupérer Tess, sa bien-aimée que lui a volée Terry Benedict, le propriétaire de ces trois somptueux établissements de jeux de Las Vegas.

Pour ce faire, Danny et son ami Rusty Ryan composent une équipe de dix malfrats maîtres dans leur spécialité. Parmi eux figurent Linus Caldwell, le pickpocket le plus agile qui soit ; Roscoe Means, un expert en explosifs ; Ruben Tishkoff, qui connaît les systèmes de sécurité des casinos sur le bout des doigts ; les frères Virgil et Turk Malloy, capables de revêtir plusieurs identités ; ou encore Yen, véritable contorsionniste et acrobate.

En 2001, Steven Soderbergh est au sommet de sa carrière. La critique l’encense après les succès de ‘Erin Brockovich’ et ‘Traffic’, tous deux nominés à l’oscar du meilleur film à la 73e cérémonie. Un doublé inégalé dans l’histoire du cinéma ! Le jeune roi d’Hollywood vole tellement haut qu’il décide de fonder sa propre société de production avec son ami George Clooney : Section Eight.

Si l’objectif de cette collaboration est de produire des projets artistiques ambitieux (‘Insomnia’ de Christopher Nolan, ‘Loin du paradis’ de Todd Haynes), un succès commercial sera d’abord nécessaire pour financer la suite des opérations. Du coup, en 2001 sort Ocean’s Eleven, un remake de L’Inconnu de Las Vegas (1960). Un film pensé, tourné et promu pour plaire au plus grand nombre. Résultat : un véritable casse pour l’époque puisque la comédie amasse près de 500 millions de dollars !

Au-delà d’être un succès commercial, Ocean’s Eleven est avant tout un bon film. D’ailleurs, il sera lui aussi acclamé par la critique américaine et européenne. Steven Soderbergh s’amuse en essayant une multitude de plans originaux, de la caméra à l’épaule au montage rapide en passant par de nombreux gros plans et tracking shots. Le résultat est convaincant et donne un rythme nécessaire à ce long métrage qui contient énormément de dialogues (un peu trop même).

Les acteurs se caricaturent en interprétant des caricatures d’eux-mêmes. Brad Pitt en mec sexy qui n’arrête pas de bouffer, Clooney en chef de bande charismatique ou encore Matt Damon en intello coincé. Aucun ne prend son rôle au sérieux et, pour le spectateur, il est impossible de faire la distinction entre le personnage et la star hollywoodienne, ce qui donne l’impression que le film est un gag ou une parodie alors que l’histoire est bien celle d’un casse spectaculaire.

Ocean’s Eleven est un excellent divertissement américain. Si la superficialité de certaines scènes, l’abondance de dialogues et l’aspect 100% glamour en refroidiront certains, les amoureux du star système se délecteront devant ce film de casse au second degré.