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Séance de rattapage : Mon voisin Totoro, de Hayao Miyazaki (1988)

Le maître Miyazaki signe un chef d’œuvre, hymne à la nature, enchantement destiné aux petits et grands, d’une simplicité légendaire et d’un esthétisme inégalé, à l’image de l’esprit et la qualité des studios Ghibli.

 

Mon voisin Totoro, de Hayao Miyazaki affiche
Mon voisin Totoro, de Hayao Miyazaki affiche

 

Deux petites filles viennent s’installer avec leur père dans une grande maison à la campagne afin de se rapprocher de l’hôpital ou séjourne leur mère. Elles vont découvrir l’existence de créatures merveilleuses, mais très discrètes, les Totoros.
Le Totoro est une créature rare et fascinante, un esprit de la forêt. Il se nourrit de glands et de noix. Il dort le jour, mais les nuits de pleine lune, il aime jouer avec des ocarinas magiques. Il peut voler et est invisible aux yeux des humains. Il existe trois Totoros : O Totoro (gros), chu Totoro (moyen) et chili Totoro (petit).

 

Mon voisin Totoro bande annonce par PlacedeCinema

 

Les fantômes inspirent le cinéma japonais en profondeur. Du film d’animation à l’épouvante, le fantôme apparaît sous toutes ses formes. C’est ici le premier genre qui va nous intéresser. Deux noms à retenir. Ghibli, les studios japonais spécialisés dans l’animation, équivalent nippon de Disney. Hayao Miyazaki, co-créateur des studios avec Isao Takahata, et qui signe avec Mon voisin Totoro son deuxième long-métrage depuis la création de Ghibli en 1984, après Le château dans le ciel. Voguant sur le succès de Nausicaä de la vallée du vent qui permit la naissance de Ghibli, Miyazaki (et Takahara sur certains projets) est le précurseur d’un réel phénomène, en plus d’être aujourd’hui la pièce-maîtresse d’un pan de l’histoire du film d’animation.

Il y a derrière Ghibli tout un esprit, que ce soit sur la forme physique très soignée et colorée, sur le traitement des thématiques, ou encore le message qui passe dans ces films. Mon voisin Totoro illustre –comme les autres par la suite- cet esprit. Hayao Miyazaki fait de Mon voisin Totoro un film très particulier, puisqu’il insère beaucoup d’éléments de sa jeunesse. Il raconte une histoire dans le Japon d’après-guerre, y fait évoluer deux sœurs qui oublient la dure réalité (la pauvreté, les difficultés économiques, la maladie de leur mère…) en trouvant un exutoire à travers le rêve et le monde parallèle, aussi féérique soit-il. Les personnages sont assez classiques et représentatifs, la grande sœur est très mature pour son âge, en constante recherche de la sagesse, très protectrice envers sa petite sœur, qui elle mord dans l’aventure à pleine dent. Le père est le chef de famille, responsable et donc souvent absent, d’autant que la mère malade se soigne dans un hôpital en parallèle, et loin du cocon familial. Alors le trio déménage pour se rapprocher de la mère, ils font connaissance de celle qu’on appelle « grand-mère », et qui incarne la sagesse et l’expérience, l’exemple à suivre, aussi crainte que respectée. Dans les thématiques, ce film symbolise à la perfection l’équilibre nature-civilisation, en prime de se doter d’un message écologique fort. Ici, les humains, et plus particulièrement les enfants, vivent en harmonie avec les Totoros au milieu d’un décor campagnard idyllique.

 

Extrait du film Mon voisin Totoro (1988)
Extrait du film Mon voisin Totoro (1988)

 

Avec des images d’une beauté rare (accompagnées par la musique, toujours centrale), Miyazaki arrive à créer un univers empreint de réalisme et de féérie en même temps. Et réside dans Ghibli le secret de ce savoureux mélange qui nous enchante à chaque création du studio, quasiment toute le fruit de Hayao Miyazaki. Mon voison Totoro joue sur des rêves d’enfant et touche toutes les générations. Qui ne s’imagine pas dans le monde de Meï au milieu de ces merveilleuses créatures que sont les Totoros ? Miyazaki joue sur l’éveil des sens et suscite l’envie de voyager dans un monde où l’enchantement est constant, fabuleux et communicatif, et où la paix tient une place prépondérante. Totoro est devenu un symbole, premier réel grand succès du studio, puisque la grosse peluche si attachante, est devenu l’emblème de Ghibli. Il me reste comme une envie de vous dire simplement que c’est ultra mignon à tous les niveaux, et cela, sans niaiserie.