Action, Critiques de films, Drame, Séance de rattrapage

Séance de rattrapage : Bronson de Nicolas Winding Refn (2009)

A ce jour, il comptabilise 34 années derrière les barreaux, dont 30 en enfermement. Il est surtout le détenu le plus dangereux et violent d’Angleterre, une figure redoutée, qui voulait juste être célèbre. Le talentueux Nicolas Winding Refn s’empare de ce personnage pour signer un biopic saisissant, mais très violent.

Affiche du film Bronson, de Nicolas Winding Refn
Affiche de Bronson de Nicolas Winding Refn (2009)

1974, Michael Peterson a 19 ans, et il ne rêve que d’une chose : la célébrité, et rien d’autre. Mais acteur, il ne peut pas, chanteur, il est trop mauvais. Les choix sont donc limités, et curieusement, il va choisir une voie assez inattendue, à la limite machiavélique. Il braque une épicerie, pour un butin plus que ridicule. Cet acte lui vaudra 7 ans d’emprisonnement. Commence alors une véritable chute en enfer pour celui qui va se nommer désormais Charles Bronson, le prisonnier le plus dangereux et le plus violent qu’ait connu l’Angleterre.

La difficulté du film est probablement dans la capacité ou non d’arriver à capter le personnage si curieux et inexplicable de Peterson, alias Bronson. Il veut être célèbre, et la prison va lui offrir une célébrité inattendue, et probablement souhaitée par personne. Mais Bronson va y prendre son pied, la violence et taper sur les matons, c’est devenu son dada. Sauf que pour lui, la prison, il n’y goûtera que quelques années. Il va vite être pris comme un individu fou, et donc l’enfermement définitif enterre le personnage qui sombre définitivement dans le mal. Pour interpréter ce personnage, Tom Hardy, un acteur de théâtre, se surpasse pour offrir une prestation ahurissante et flippante du pire taulard anglais.

Tom Hardy (Bronson, 2009)
Extrait de Bronson de Nicolas Winding Refn (2009)

Dans ce film, le réalisateur Nicolas Winding Refn, réalisateur danois installé aux Etats-Unis et auteur de la trilogie Pusher, offre la particularité de pouvoir se placer par rapport au personnage de Bronson. Est-il si mauvais que cela ? Qu’est-ce qui peut expliquer un tel comportement ? Des questions, sans véritables réponses qui permettent aux spectateurs de se positionner, et même pourquoi pas, d’avoir pitié pour ce type considéré comme ultra-violent. Avec cela, le réalisateur danois nous plonge dans la dure réalité de l’univers carcérale, mais plutôt que de critiquer cet aspect là, il se penche sur les raisons d’une violence invétérée, proche d’une folie inexplicable.

Tom Hardy (Bronson, 2009)
Extrait de Bronson de Nicolas Winding Refn (2009)

Mais le problème c’est qu’à force de se retrouver entre quatre murs, et de constamment voir un prisonnier nous offrir ses plus belles droites, les scènes deviennent vite répétitives. Dans des scènes très stylisées, à la limite du choquant pour les âmes sensibles à la violence,  ces scènes de bastons gratuites deviennent presque lassantes. Comme un Stanley Kubrick et son film Orange Mécanique (avec le fameux personnage Alex) auquel on compare le film Bronson, la psychologie du personnage est  approfondie, à l’instar des scènes d’arts plastiques. Bronson bénéficie d’une mise en scène absolument magnifique et maitrisée, qui se boit avec une facilité déconcertante. Le style Winding Refn est absolument déroutant de facilité, une façon d’utiliser les plans  des plus judicieuses. A cela, nous rajoutons une BO du film démentielle, entre la musique d’époque new wave (New Order, Pet Shop Boys) et la magie classique (Verdi ou Wagner).

Winding Refn offre un biopic sur Charles Bronson, ce détenu considéré comme le plus dangereux et violent d’Angleterre, entre une psychologie intimiste, et un film ultra-violent. Entre une esthétique mise en scène et une prestation de Tom Hardy aussi ahurissante, le spectateur devrait trouver son compte dans ce Bronson, premier véritable bijou d’un futur grand réalisateur.