Festivals, Viva Mexico

Viva Mexico 2016 : Jour 2

Première incursion à Viva Mexico

Le festival Viva Mexico nous accueille au Luminor Hôtel de Ville pour sa 4ème édition. Au programme, une plongée de quelques jours dans le cinéma mexicain pour s’imprégner de la culture, de la réalité économique, social et sanitaire de ce pays troublé mais fascinant. Des rencontres avec des cinéastes auront lieu, notamment une interview de Amat Escalante qui sera présent pour présenter son audacieux La Región Salvaje, en plus de nos avis réguliers sur les films projetés.

Aujourd’hui, il est question d’un documentaire sur la dégradation du fleuve Santiago et de la cascade El Salto, ancien Eden mexicain, dû à la pollution avec Résurrection et d’un drame social teinté de comédie avec La Delgada Linea Amarilla. Une projection qui à eu lieu en présence d’un des acteurs et qui avait fait office de film d’ouverture.

Résurrection de Eugenio Polgovsky

Extrait de Resurreccion
Extrait de Resurreccion

L’avis de Frédéric : Le sujet est crucial, vital même. Mais le traitement peine à trouver forme durant la première partie de son « récit ». Le documentaire prend très vite un aspect amateur avec ses mouvements de caméra trop brusques et un son mal optimisé. Les témoignages se font rares, le sujet est éclipsé et on a le désagréable sentiment qu’on ne fait que gratter la surface d’un problème important tandis que le film essaye de cacher qu’il n’a rien à dire avec des extraits d’autres documentaires, plus passionnants que lui. C’est dans sa deuxième partie, lorsqu’il plonge dans l’intimité d’une famille qui vit près du fleuve pollué, que le tout décolle. La maladie est montrée ainsi que l’inaction du gouvernement face à une situation qui empire d’année en année engendrant une « zone morte ». Le travail vient à manquer, les problèmes sanitaires se multiplient mais les gens ne partent pas. Le regard porté sur cette population furieuse mais qui refuse d’abandonner leurs racines et vit dans l’espoir est assez touchant. Il y a quelque chose de beau et de tragique dans le fait de voir ses enfants rire et s’amuser alors qu’ils ont des maladies de peaux ou des cancers très graves et qu’ils n’ont pas l’aide médicale requisse. Une chose que le documentaire a compris et qu’il enrobe avec beaucoup d’empathie et de mélancolie. Le constat est alarmant et le ton résolument pessimiste car cela fait des années que personne ne vient en aide à ses gens qui pourtant ne cesse de la demander. C’est toute la noblesse de ce documentaire de leurs avoir laissé la parole, il y trouve tout son intérêt malgré un début laborieux.

Résurrection sera rediffusé le 10 à 18h30 et le 11 à 16h30

La Delgada Linea Amarilla de Celso  Garcia

L’avis de Frédéric : Celso Garcia entend retranscrire ce qu’est une tranche de vie avec La Delgada Linea Amarilla, un film qui parle des liens qui nous unissent et d’espoir malgré des temps troublés. La trame est linéaire, attendue même, et cela vient handicaper une oeuvre attachante mais déjà vue. On s’amuse à suivre ce groupe de personnes qui doit tracer le marquage d’une route sur 200 km, certaines situations sont plutôt drôles mais chacun on un parcours relativement cliché. L’écriture est par moments trop évidente, notamment quand le personnage principal projette sa relation conflictuelle avec son fils sur le petit jeune de la bande ou encore dans les témoignages de ses protagonistes qui ont tous un passé difficile. On sent cette volonté de faire un constat économique pour un pays où le travail se fait rare et la pauvreté est monnaie courante, chaque personnages représentant un aspect bien particulier de son pays. On reprochera aussi qu’il passe trop de temps sur la relation paternel et délaisse ses autres personnages, surtout celui incarné par Gustavo Sánchez Parra qui a du mal à trouver sa place dans le récit et qui parait très accessoire. Après le film ne dévie jamais de sa course et ne prend que rarement par surprise, il reste un drame social classique qui sait se laisser apprécier mais qui ne marquera pas nécessairement les esprits. Sa morale étant plus qu’évidente en plus d’être trahie par des dialogues parfois très lourds.