BIFFF 2014

BIFFF 2014: Carnet de Bruxelles Jour 3

Du chinois, du français, de l’indien et du serbe, c’est le plat du jour.

 

Deuxième jour complet au BIFFF. Après la bonne surprise de la veille au soir, on espérait que la seconde journée serait aussi bien. Au programme: The Incredible Truth, Aux Yeux Des Vivants, Monsoon Shootout et The Nymph avec Franco “Django” Nero. A côté de ça, les activités de body painting et de maquillages étaient toujours visibles pour le plus grand bonheur du public.

 

Extrait de The Incredible Truth de (2014)
Extrait de The Incredible Truth de Leong Tak-Sam (2014)

Parlons donc de The Incredible Truth. C’était un bon gros moment de franche rigolade avec le public, chose qui est souvent synonyme de mauvais film. Et bien, ce film n’a pas fait d’exception à la règle, c’était très nul. Si le démarrage pouvait laisser penser que la suite serait à la hauteur, autant dire qu’on a vite déchanté. L’intrigue était plutôt prenante et intéressante pendant les 10/15 premières minutes et puis c’était terminé. Problèmes de rythmes, effets sonores pas utiles, musique de suspense alors qu’il n’y en a pas, ce sont tous des problèmes que ce film cheap rencontre. Et la liste est encore longue: mal filmé, mal joué, effets de style au niveau de la réalisation qui sont invraissemblables et inutiles et j’en passe. Le gros problème de ce film est qu’il essaie de passer pour un gros thriller à bon budget alors que c’est très cheap et que ça ne fonctionne pas. Dommage donc car l’idée de départ n’était pas mauvaise mais le réalisateur n’a sans doute pas pu obtenir tous les moyens qu’il désirait.

 

Extrait de Aux Yeux Des Vivants de (2014)
Extrait de Aux Yeux Des Vivants de Alexandre Bustillo et Julien Maury (2014)

Le second film du jour était un film français, Aux Yeux Des Vivants. Disons-le d’emblée, c’était une très bonne surprise. Le début est très prenant. Le spectateur est tout de suite pris dans le film grâce à une mise en scène excellente (qui assure tout le reste du film), qui va au travail sur la lumière à la composition de l’image. L’histoire raconte ce qui arrive à 3 jeunes garçons qui ont vu quelque chose qu’ils n’auraient pas du voir (d’où le titre du film). L’histoire, assez classique et qui ne renouvelle pas le genre, est intéressante à suivre et c’est dans la partie plus “survival” que les choses deviennent réellement intéressantes. A noter que le film bénéficie d’un excellent casting: Béatrice Dalle, Anne Marivin, Zacharie Chasseriaud,… Il y a toutefois quelques petits bémols. Le premier est le mixage du son qui n’était pas génial. On entendait parfois plus le son que les dialogues, ce qui est gênant. On peut aussi regretter que le film soit très soft. Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus gore, sanglant et effrayant mais ça n’est pas le cas. Ca reste correct mais ça aurait pu être encore plus poussé et ça aurait été pas plus mal. A noter aussi quelques petites incohérences scénaristiques (ou des choses pas claires du moins) et une petite réplique en fin de film tout à fait risible mais bon, dans l’ensemble, le film est vraiment d’un bon niveau, bien supérieur au film dont on parlait précédemment.

 

Extrait de Monsoon Shootout de Amit Kumar (2014)
Extrait de Monsoon Shootout de Amit Kumar (2014)

Troisième film du jour, une oeuvre qui était projetée dans le cadre du focus sur l’Inde: Monsoon Shootout. Avant la projection, on a eu droit à un petit morceau joué par un duo basse/sitar. Après cela, le réalisateur, à l’accent très drôle, comme tous les indiens, est venu présenter le film. Film qui s’est révélé être une bonne surprise également. Qu’est-ce qui se passerait si on se retrouvait avec une arme en main? C’est le postulat de départ du scénario. On suit un jeune policier qui vient d’être muté à la brigade criminelle. Lors d’une grosse enquête, il se retrouve en position de devoir tirer (ou pas) sur un suspect. Le film va donc esplorer plusieurs directions toutes plus intéressantes les unes que les autres. La force de ce long-métrage c’est son arc narratif et son montage, fort liés bien entendu. Le réalisateur arrive à surprendre le spectateur plus d’une fois de par ses choix scénaristiques intéressants. Il y a un beau travail effectué sur les personnages qui ont vraiment du caractère et de la personnalité. Et au fur et à mesure des situations, on en apprend plus sur leur façon de faire et penser, ce qui est de plus en plus rare au cinéma. Bref, un film vraiment intéressant qui démontre, si besoin était, que l’Inde, c’est aussi autre chose que Bollywood.

 

Extrait de The Nymph de Milan Todorovic (2014)
Extrait de The Nymph de Milan Todorovic (2014)

Enfin, le dernier film du jour était The Nymph de Milan Todorovic avec Franco Nero, l’acteur qui a joué le célèbre Django dans le film de 1966 réalisé par Sergio Corbucci. Autant dire que beaucoup de monde attendait ce film et qu’il s’est avéré être la grosse déception du jour. Filmé comme un clip avec un aspect très téléfilm, The Nymph a en fait de gros problèmes de mise en scène. Cette mise en scène, pas très inspirée, a tendance à faire un peu n’importe quoi et ne justifie pas certains choix. En gros, c’est très mal filmé, avec une photographie dégueulasse et une image très moche. On repère à des lieues les plans filmés à la Go Pro ce qui n’aide pas. Enfin, parlons du castinf principal, franchement pas terrible, qui peut être très drôle par moments. Quant à lui, Franco Nero fait un boulot correct mais n’est certainement pas dans son meilleur rôle. Jolie déception donc car on espérait quelque chose de beaucoup mieux et de, surtout, pas aussi mal torché que ça.

 

Après cette longue journée, n’allez pas croire que c’en était terminé pour moi, il a fallu rattraper le Django de Corbucci pour préparer l’interview du jour et, on ne va pas se le cacher, c’était vraiment très bien.