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Cérémonie des César 2012 : palmarès complet et analyse

Comme chaque année, la cérémonie des César est le théâtre des mécontents et râleurs en tout genre, malheureux d’y voir certains films sur-représentés. C’est surtout la fête du cinéma français. Et cette 37ème édition risque d’être belle, voir presque historique. En 2011, le cinéma français a connu de nombreux succès, symbolisé par les recettes d’Intouchables au BO français, et au succès international de The Artist. Derrière ces deux montres, une multitude de films ont marqué le public, que ce soit le favori du soir, Polisse (13 nominations) ou l’outsider parfait, L’Exercice de l’état. L’Académie n’a pas oublié non plus la claque de Valérie Donzelli, avec La Guerre est déclarée, ou encore la leçon de politique Pater. Elle n’a pas oublié le film social avec Le Havre ou Les Neiges du Kilimandjaro. Elle n’a pas non plus oublié la comédie avec Intouchables bien sûr, mais aussi Les femmes du 6è étage.

Pourtant, elle a oublié des films d’une candeur incroyable comme Tomboy ou Donoma, elle a boudé Les Adoptés de Mélanie Laurent et une poignée d’autres longs métrages. Bref, elle ne peut satisfaire tout le monde. Et ce soir, ce sera encore plus difficile pour les perdants et leurs supporters. Alors qui de The Artist, L’Exercice de l’Etat, Polisse, L’Apollonide et La Guerre est déclarée tirera son épingle du jeu ?

 

 

6. Le nombre de César pour saluer ce grand film de cinéma qu’est The Artist (VOIR LA CRITIQUE). Sur 10 nominations. Le film muet en noir et blanc de Michel Hazanavicius a confirmé sa razzia des récompenses mondiales, y compris en France. Si Jean Dujardin n’a pas remporté le César du meilleur acteur (semi-scandale), venant ainsi ternir la belle fête réservée à The Artist, les César 2012 confirment la tendance et n’auront pas joué la carte de la contradiction, tant espérée par certains.

1+1. La soirée des César commença par un ex-aequo, jouant une carte de la surprise plutôt appréciable. Clotilde Hesme mettait enfin un terme à cette aventure du meilleur espoir, elle qui mérite bien mieux. De l’autre côté, Naidra Ayadi remportait un des rares César offert à Polisse (qui glane également le montage, anecdotique dirons-nous). Enfin Céline Sallette reste tristement oubliée. A noter qu’Angèle et Tony remporte un deuxième César avec Grégory Gadebois -meilleur espoir masculin- mais échoue dans la catégorie du meilleur premier film où brille Le Cochon de Gaza.

1. In…touchables. Et pourtant. Omar Sy crée involontairement la surprise en remportant le César de la compensation pour sa prestation dans la comédie de l’année signée Toledano/Nakache. Certes, il y est brillant. Mais de là à battre Jean Dujardin (primé partout dans le monde !!) et le talentueux et régulier Olivier Gourmet ? Pas certain. Omar Sy est le premier acteur noir à remporte ce César. En voulant réconcilier le grand public et la profession, l’Académie s’est aussi offerte une édition historique. Voilà comment satisfaire tout le monde.

3. Il était l’outsider de la soirée, l’inattendu. L’Exercice de l’Etat, le film de Pierre Schoeller, a tout de même tenu son rang. Avec trois César pour 11 citations, autant dire que le rendement est plutôt intéressant pour un film qui a fait plus fort que Polisse (1,5 César) et L’Apollonide (1 César), ou bien de La Guerre est déclarée, Pater, Le Havre, les grands perdants de la soirée qui repartent bredouilles.

 

Le coup de la soirée : l’apparition sur la scène du théâtre du Châtelet de celui qui avait déclaré sur Twitter qu’il enculait le cinéma français, regrettant violemment la seule nomination de son film, L’Ordre et la Morale. Mathieu Kassovitz est donc apparu pour remettre un César, tenant au passage « sa promesse » en tant qu’homme d’honneur. LA véritable surprise à vrai dire, dans une soirée qui a une nouvelle fois joué entre les hauts et les bas.

 

LE PALMARES COMPLET

 

Meilleur film

 

The Artist, de Michel Hazanavicius

La Guerre est déclarée, de Valérie Donzelli

L’Exercice de l’Etat, de Pierre Schoeller

Intouchables, d’Eric Toledano et Olivier Nakache

Polisse, de Maïwenn

Le Havre, d’Aki Kaurismaki

Pater, d’Alain Cavalier

 

Le prono : The Artist, à film exceptionnel, titre exceptionnel. L’esprit de contradiction français ira sûrement faire pleurer Maïwenn sur scène.

 

Meilleur réalisateur

 

Michel Hazanavicius (The Artist)

Maïwenn (Polisse)

Valérie Donzelli (La Guerre est déclarée)

Alain Cavalier (Pater)

Eric Toledano et Olivier Nakache (Intouchables)

Aki Kaurismäki (Le Havre)

Pierre Schoeller (L’Exercice de l’Etat)

 

Le prono : Michel Hazanavicius, amoureux de cinéma et dignement récompensé pour sa performance sur The Artist.

 

Meilleur acteur

 

Omar Sy dans Intouchables

François Cluzet dans Intouchables

Jean Dujardin dans The Artist

Sami Bouajila dans Omar m’a tuer

Olivier Gourmet dans L’Exercice de l’Etat

Philippe Torreton dans Présumé coupable

Denis Podalydès dans La Conquête

 

Le prono : Si Olivier Gourmet est un excellent acteur reconnu, Jean Dujardin devrait et doit remporter ce César.

 

 

Meilleure actrice

 

Ariane Ascaride, dans Les Neiges du Kilimandjaro

Bérénice Béjo, dans The Artist

Leïla Bekhti, dans La Source des femmes

Marie Gillain, dans Toutes nos envies

Valérie Donzelli, dans La Guerre est déclarée

Karin Viard, dans Polisse

Marine Foïs, dans Polisse

 

Le prono : Autant récompenser une prestation. Mon cœur penche vers Valérie Donzelli et La Guerre est déclarée.

 

Meilleur second rôle féminin

 

Zabou Breitman dans L’Exercice de l’Etat

Anne Le Ny dans Intouchables

Noémie Lvovsky dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close

Carmen Maura dans Les femmes du 6e étage

Karole Rocher dans Polisse

 

Le prono : Noémie Lvovsky, toujours à l’aise face à la caméra, l’expérience parle pour elle.

 

 

Meilleur second rôle masculin  

 

Michel Blanc dans L’Exercice de l’Etat

Nicolas Duvauchelle dans Polisse

Joey Starr dans Polisse

Bernard Le Coq dans La Conquête

Frédéric Pierrot dans Polisse

 

Le prono : JoeyStarr ! S’il y a bien un acteur à ressortir de ce groupe (avec éventuellement Marina Foïs), c’est bien lui !

 

 

Meilleur film étranger :

 

Incendies, de Dennis Villeneuve

Une Séparation d’Asghar Farhadi

Le Gamin au vélo, de Luc Dardenne et Jean-Pierre Dardenne

Black Swan, de Darren Aronofsky

Drive, de Nicolas Winding Refn

Le Discours d’un roi, de Tom Hooper

Melancholia, de Lars Von Trier

 

Le prono : Paradoxalement la catégorie la plus serrée, car tous le mérite. Le cœur penche au filmd e Tom Hooper, Le Discours d’un roi, soutenu depuis plus d’un an déjà !

 

 

Meilleur premier film

 

17 filles, de Muriel et Delphine Coulin

Angèle et Tony, d’Alix Delaporte

Le Cochon de Gaza, de Sylvain Estibal

La Délicatesse, de Stéphane et David Foenkinos

My Little Princess, d’Eva Ionesco

 

Le prono: Angèle et Tony commence à dater, mais il est loin devant les autres.

 

 

Meilleur documentaire

 

Le Bal des menteurs, de Daniel Leconte

Crazy Horse, de Frederick Wiseman

Ici on noie les algériens, de Yasmina Adi

Tous au Larzac, de Christian Rouaud

Michel Petrucciani, de Michael Radford

 

Le prono : Tous au Larzac, de loin.

 

 

Meilleur film d’animation

 

Le Tableau, de Jean-François Laguionie

Le Cirque, de Nicolas Brault

Le Chat du rabbin, de Joann Sfar et Antoine Delesvaux

Un monstre à Paris, d’Eric Bergeron

La Queue de la souris, de Benjamin Renner

 

Le prono : Joann Sfar a offert l’un des meilleurs films d’animation avec Le Chat du rabbin.

 

 

Meilleur espoir masculin

 

Pierre Niney, dans J’aime regarder les filles

Nicolas Bridet, dans Tu seras mon fils

Grégory Gadebois, dans Angèle et Tony

Guillaume Gouix, dans Jimmy Rivière

Dimitri Storoge, dans Les Lyonnais

 

Le prono : Autant être à contre-courant : Pierre Niney !

Meilleur espoir féminin

 

Adèle Haenel, dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close

Clotilde Hesme, dans Angèle et Tony

Céline Sallette, dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close

Christa Theret, dans La Brindille

Naidra Ayadi, dans Polisse

 

Le prono : Céline Sallette, sans aucune hésitation possible !

 

Meilleur scénario original

 

La Guerre est déclarée

The Artist

Polisse

L’Exercice de l’Etat

Intouchables

 

Le prono : L’Exercice de l’Etat pourrait bien y trouver son compte.

 

 

Meilleure adaptation

 

La Délicatesse

Omar m’a tuer

L’Ordre et la morale

Carnage

Présumé coupable

 

Le prono : Et si Polanski glanait encore un César avec Carnage ?

 

 

Meilleure musique originale

 

L’Apollonide

Les Bien-aimés

The Artist

Un Monstre à Paris

L’Exercice de l’Etat

 

Le prono : Ludovic Bource et The Artist, évidence.

 

 

Meilleur montage

 

The Artist

L’Exercice de l’Etat

La Guerre est déclarée

Polisse

Intouchables

Le prono : Polisse peut y entrevoir quelque chose, mais le brio technique revient à The Artist.

 

Meilleur son

 

Intouchables

L’Apollonide

L’Exercice de l’Etat

Polisse

La Guerre est déclarée

 

Le prono : L’Apollonide, techniquement très bien réussi.

 

 

Meilleure photographie

 

Polisse

L’Apollonide

L’Exercice de l’Etat

The Artist

Intouchables

 

Le prono : la blague, c’est Polisse. Le réel challenger, c’est encore L’Apollonide, qui devrait être au coude à coude avec The Artist. Je pense donc pour le Bonello.

 

 

Meilleurs costumes

 

– My Little Princess

– The Artist

– La Source des femmes

– Les femmes du 6e étage

–  L’Apollonide

 

Le prono : Tentation d’un ex-aequo entre The Artist et L’Apollonide, deux films de costumes, dans deux époques différentes.

 

 

Meilleurs décors

 

– The Artist

– L’Apollonide

– Les Femmes du 6e étage

– L’Exercice de l’Etat

– Le Havre

 

Le prono : Incontestablement, L’Apollonide a frappé fort et l’importance du décor dans ce huis clos ne fait aucun doute.

 

 

Meilleur court-métrage

 

– La France qui se lève tôt, d’Hugo Chesnard

– L’Accordeur, d’Olivier Treiner

– J’aurais pu être une pute, de Baya Kasmi

– Un monde sans femmes, de Guillaume Brac

– Je pourrais être votre grand-mère, de Bernard Tanguy

 

Le prono : Un monde sans femmes, l’un des rares courts métrages à avoir connu un certain succès en salles.