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Critique : 12 Years A Slave de Steve McQueen

Nouveau coup d’œil sur l’esclavage aux Etats-Unis avec ce coup de poing de McQueen.

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. 
Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. 
Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. 
Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

 Steve Mc Queen c’est le réalisateur du moyen Hunger et du très bon Shame. Il signe ici un film encore meilleur que ses précédents. Un film qui traite de la vie d’un noir libre poussé à l’esclavage suite à une mauvaise rencontre. C’est une histoire vraie qui peut paraître invraisemblable mais qui, malheureusement, était relativement courante à l’époque.

Cette nouvelle œuvre de Steve McQueen narre donc l’histoire de Solomon Northup (joué par Chiwetel Ejiofor), violoniste très doué habitant New York avec sa famille qui va, après avoir été joué à Washington, se faire kidnapper et être vendu en tant qu’esclave dans une plantation de Louisiane. Débute alors son parcours d’esclave, parcours inhumain durant lequel il va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Ce genre d’histoire, ça peut faire peur. C’est la porte ouverte à de l’académisme pur et dur et à de la musique larmoyante à outrance. Comme à son habitude, McQueen parvient à éviter de tomber dans ce piège grossier et livre, une fois encore, une partition de haut niveau. La mise en scène est brillante du début à la fin. Elle est va même en s’améliorant au fur et à mesure que les minutes s’écoulent en atteignant son paroxysme dans quelques scènes bien  senties dont une de pendaison assez incroyable. Le réalisateur n’est pas à son coup d’essai concernant les plans-séquences (remember Hunger) mais cette scène montre tout ce que l’esclavage avait de plus dégueulasse d’une manière particulièrement efficace. Le tournage a d’ailleurs du être éprouvant pour Chiwetel Ejiofor qui livre une prestation de grande classe.

Car, une fois encore avec McQueen, une des forces du film est son casting. Outre Chiwetel Ejiofor dont j’ai déjà parlé et qui est vraiment bluffant, on retrouve Lupita Nyong’o, Paul Giamatti, Paul Dano, Benedict Cumberbatch et le fidèle Michael Fassbender (déjà héros de Hunger et Shame pour ceux qui ne le sauraient pas encore). Si les seconds rôles joués par Giamatti, Dano et Cumberbatch sont évidemment très bons (mention spéciale au psychopathe Paul Dano), ceux qui marquent particulièrement, ce sont ceux joués par Lupita Nyong’o et Michael Fassbender. La première joue une esclave qui endure la même souffrance que Solomon, voire pire par moments. En face, il y a Michael Fassbender dans un rôle de tortionnaire sans nom. Ce dernier n’a pas un rôle facile. Il a un rôl.e qui ne doit pas être facile à jouer pour un acteur tant il est détestable. Un rôle qui pourrait aboutir à un Oscar du meilleur second rôle (la même chose est valable pour Lupita).

Pour conclure, on peut dire que 12 Years A Slave est un film coup de poing qui, sans académisme dégoulinant, parvient à toucher le spectateur. L’histoire parle d’elle-même mais Steve McQueen appuie son propos admirablement bien ce qui est remarquable quand on voit que, sur base d’un bon scénario, bon nombre de réalisateurs font le service minimum