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Critique : 7 Psychopathes, de Martin McDonagh

Avec l’anti-Tarantinesque 7 Psychopathes, Martin McDonagh nargue Hollywood et sa glorification de la violence avec l’ironie d’un casting prestigieux. Presque jouissif.

 

Affiche du film 7 Psychopathes, de Martin McDonagh
Affiche du film 7 Psychopathes, de Martin McDonagh

 

Marty est un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration. Confronté à l’angoisse de la page blanche, il peine à écrire son nouveau projet de film au titre prometteur : 7 PSYCHOPATHES. Son meilleur ami Billy, comédien raté et kidnappeur de chiens à ses heures, décide de l’aider en mettant sur sa route de véritables criminels. Un gangster obsédé par l’idée de retrouver son Shih Tzu adoré, un mystérieux tueur masqué, un serial-killer à la retraite et d’autres psychopathes du même acabit vont alors très vite prouver à Marty que la réalité peut largement dépasser la fiction…

 

 

C’est l’histoire d’un Irlandais au goût prononcé pour le scandale qui tente de donner une suite viable à son premier long-métrage, Bons baisers de Bruges, avec les mêmes recettes autour d’une ironie cynique, la qualité d’écriture follesque des frères Coen pour mieux s’amuser des codes du cinéma de Tarantino, qu’il conspue à chaque occasion. S’il ne veut pas encore faire partie de la grande et délirante famille du cinéma de genre sauce britannique, McDonagh souhaite s’affirmer dans un filon à priori intéressant, se moquer d’Hollywood au travers d’une fausse série B au casting aguicheur. Le pire, c’est que ça fonctionne sur un ensemble pourtant bancal, en témoigne les nombreuses faiblesses d’un scénario que le réalisateur croit cacher par la folie de ses 7 psychopathes dont certains actes transpirent d’incohérence. C’est un peu une sorte de peinture californienne filmée par un cinéaste ayant décidé de laisser ses acteurs en roue libre et qui tente vaguement de se raconter en auto-dérision au travers de son personnage principal incarné par Colin Farrell, un scénariste en panne cherchant à raconter une histoire abracadabrantesque autour de sept psychopathes.

 

Extrait du film 7 psychopathes (2013)
Extrait du film 7 psychopathes (2013)

 

En tête de cette comédie déjantée, un élément forcément tape-à-l’oeil : la distribution d’étoiles qui défile devant la caméra. Forcément, voir le toujours classieux Christopher Walken prend des risques quand Robert de Niro se morfond dans la sureté, admirer le toujours efficace Woody Harrelson tenter d’être aussi drôle que dans Bienvenue à Zombieland, ou encore Sam Rockwell jouer les tombeurs et croiser les sexy Abbie Cornish et Olga Kurylenko. Non, forcément, ça attire. Quand le tape-à-l’oeil devient trompe-l’œil, cela un 7 Psychopathes qui propose dans un rythme décousu une multitude de saynètes, dans lesquelles on retrouve de nombreuses bonnes idées, quelques passages d’humour piquant mais aussi de belles longueurs, des bavardages parfois inutiles et de gros errements narratifs que McDonagh aimerait faire passer sur le dos des actes stupides de ses personnages. Alors rien que pour la belle distribution réunie devant la caméra, on salive, mais la jouissance n’arrive jamais à pointer le bout de son nez, la faute à un scénario empâté qui n’a queue ni tête. A la réflexion, c’est vraiment dommage que Martin McDonagh ne soit aussi scandaleux dans ses films qu’en public…