Critiques de films, Epouvante-horreur, Thriller

Critique : After Life, d’Agniezska Wojtowicz-Vosloo

La réalisatrice Agniezska Wojtowicz-Vosloo signe avec After Life un thriller psycho-horrifique qui vire dans le grand n’importe quoi. On comprend pourquoi celui-ci pourrissait dans les cartons.

 

Affiche du film After Life, d'Agniezska Wojtowicz-Vosloo
Affiche du film After Life, d’Agniezska Wojtowicz-Vosloo

 

Après un grave accident de voiture, Anna se réveille dans une salle des pompes funèbres locales où Eliot Deacon lui explique qu’elle est morte et qu’il doit maintenant préparer son corps pour l’inhumation. Terrifiée, Anna se sent tellement vivante qu’elle ne sait pas si elle doit lui faire confiance pour l’accompagner dans l’autre monde ou s’il a l’intention de l’enterrer vivante…

 

Depuis 2009, date du début de production du film, After Life pourrissait tranquillement dans les cartons des distributeurs. On repoussait une éventuelle date de sortie ou on évitait soigneusement de parler d’un film coincé entre un DTV ou une œuvre taillée pour le grand écran. Trois ans plus tard, on comprend pourquoi. Un budget de 4,5 millions d’euros et After Life n’a toujours pas rentabilisé. Le drame. Pourtant, ce thriller n’a rien de répulsif sur le papier. Un trio d’acteurs habitués à la sphère hollywoodienne (Liam Neeson, Christina Ricci et Justin Long) et un semblant de récit original. Dès ses premières scènes, After Life déroute autant qu’il ennuie. Jouant la carte du mystère à tout prix, la réalisatrice Agniezska Wojtowicz-Vosloo dévoile un peu trop rapidement les ficelles de son jeu qui se voudrait macabre alors qu’il vire fortement au risible. Elle tente de lorgner du côté horrifique et sert sur un plateau vieux sursauts à deux francs, montage anxiogène, maquillage à la truelle et musique de circonstance. Bref, tout ce qu’un bon spectateur doit fuir à tout prix.

 

 

Improbable croque-mort jouant le passeur de l’entre-deux, Liam Neeson n’arrive même pas à convaincre, charisme en main et toute bonté dehors. Son personnage se voudrait insaisissable, un coup attachant, un coup schizophrène et flippant. Cela dit, il n’arrive pas à la cheville d’une Christina Ricci, que même la nudité au final abusive, ne sauve pas, tant l’actrice semble sur une autre planète, à mille lieues du récit. Seul Justin Long évite le naufrage en forçant le trait sur une émotion forcée, alors qu’on est certain qu’au fond d’eux, les acteurs pleurent l’absence d’un scénario. La réflexion sur l’entre-deux temps, entre vie et mort ne captive jamais, à l’instar de dialogues restant en surface du sujet. Le tout pour finir sur une morale minimaliste : « souhaites-tu mourir sans avoir connu l’amour ? » After Life s’évertue à repousser un twist éventé, nous forçant à subit les gémissements d’une Christina Ricci qui a laissé le peu de talent qu’elle a au placard, fermé à double tour.

 

 

L’avis : Rien ne sauve ce premier long-métrage signé Agniezska Wojtowicz-Vosloo. After Life ne captive ni par son rythme, ni par ses acteurs et verse plus dans le cliché pathétique que dans le thriller psychologique respectable où des thématiques viendraient à se frotter à une action un brin haletante. Point d’âme qui vive dans cet After Life qui aurait finalement dû rester au purgatoire, loin de notre regard.