Critiques de films, Drame, Romance

Critique : Annalisa, de Pippo Mezzapesa

Portrait d’une adolescence et variation de l’amour dans le décor d’une Italie rupestre, Annalisa est le premier long-métrage de Pippo Mezzapesa, non dénué d’intérêts.

 

Affiche du film Annalisa, de Pippo Mezzapesa
Affiche du film Annalisa, de Pippo Mezzapesa

 

Veleno « Poison » et Zazà, deux adolescents de 15 ans deviennent amis alors que tout les oppose. Veleno est fils de notable, Zazà est une petite frappe des quartiers populaires. Tandis que l’un veut s’affranchir de son milieu favorisé, l’autre rêve d’être repéré par les sélectionneurs de la Juventus. Un jour, la belle Annalisa, jeune fille mystérieuse et sensuelle, apparait dans leurs vies. Elle devient alors une légende énigmatique pour les jeunes du village et une source de troubles passionnels pour les deux garçons.

 

 

 

L’ombre de Fellini plane sûrement sur tant la réflexion sur les sentiments amoureux impossibles et les émois adolescents s’y réfèrent. Pippo Mezzapesa livre avec Annalisa un drame formel et académique, qui pourtant, ne manque d’attirer notre attention. Adaptation du roman Le village des épouses malheureuses de Mario Desiati, Annalisa raconte l’une des premières expériences amoureuses de deux jeunes adolescents pour une femme bien trop vieille pour eux. Une première expérience des sentiments amoureux qui oscille entre fantastique et dramatique. Annalisa, belle comme un cœur, est une femme étrange qui traîne avec des gens plus vieux qu’elle – avec les risques que cela comporte – et s’habille d’une manière négligée. On lui prête des rumeurs et les jeunes enfants du club du Cosmica Football Club vont l’ériger comme une sainte, parce qu’en rupture avec le décor et leur quotidien. Veleno et Zazà, deux enfants aux provenances sociales opposés vont pourtant être rassemblés par les sentiments, d’amitié qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, et amoureux, ceux qu’ils pensent ressentir pour Annalisa. Entre conte social empreint de réalisme et drame romantique à l’issue fatale, Pippo Mezzapesa ressort de son film une chaleur presque étouffante. Sa narration évolue sur un faux-rythme, et ce qui apparaît rapide sur le papier (le film ne fait qu’1h22) s’éternise à souhait comme dans une litanie qui bizarrement, n’a rien de désagréable. C’est encore bien amateur sur la forme, mais le fond ne manquerait pas de nous toucher, même si ce type d’histoire a déjà été relu des dizaines de fois dans l’histoire du cinéma.

 

 

L’avis : Entre rêve fantasmagorique et réalité physique et sociale, Pippo Mezzapesa livre un premier long métrage de bonne facture. Annalisa est une belle chronique adolescente sur l’amour impossible vécu par deux enfants dont les rêves se bousculent et tentent de trouver une forme de hiérarchie cohérente. Un film fellinien qui rappelle des belles heures d’un cinéma italien, qui aujourd’hui, n’arrive plus à attirer notre regard.