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Critique : Babycall, de Pål Sletaune

Entre froideur réaliste et histoire de présences sans queue ni tête, Babycall s’avère être un film inégal, heureusement porté par son excellente actrice principale : Noomi Rapace.

 

Affiche du film Babycall, de Pal Sletaune
Affiche du film Babycall, de Pal Sletaune

 

Anna fuit son ex-mari violent, avec son fils de 8 ans, Anders. Ils emménagent à une adresse tenue secrète. Terrifiée à l’idée que son ex-mari ne les retrouve, Anna achète un babyphone pour être sûre qu’Anders soit en sécurité pendant son sommeil. Mais d’étranges bruits, provenant d’un autre appartement viennent parasiter le babyphone. Anna croit entendre les cris d’un enfant…

 

Quatrième long métrage du réalisateur norvégien Pål Sletaune, Babycall était attendu pour deux raisons ici : une récompense à Gérardmer, qui bien qu’elle ne soit pas gage d’une réussite, doit susciter l’intérêt, et la présence au casting de Noomi Rapace, actrice que l’on suit avec attention depuis sa puissante prestation en Lisbeth Salander dans le Millénium original (non pas celui avec la poupée Barbie Rooney Mara). A la vérité, Babycall ne dépasse nos attentes. Il ne déçoit pas non plus. Trop irrégulier, ce thriller séduit par son empreinte réaliste et donc par la prestation de Noomi Rapace, autant qu’il déçoit par son manque de cohérence et un twist à tiroirs qui laisse un peu sur sa faim. Si les talents de metteur en scène de Pål Sletaune semblent incontestables, ceux de scénariste le sont un peu plus. Dans une première partie, Babycall joue la carte réaliste, renforçant à coups à la truelle son penchant paranoïaque qui confère à Noomi Rapace un rôle de femme battue fort attachant, à la limite de la compassion. Puis petit à petit, la mère apeurée se découvre, pour notre plus grand plaisir. Son personnage est plus complexe, noir, tiraillé, comme l’actrice les aime, elle qui traîne depuis son enfance des souvenirs peu reluisants. En parallèle, l’intrigue comment à faire naître un côté « hallucinatoire », entre bruits étranges et présences comme fantomatiques. Le spectateur ne sait plus vraiment sur quel pied danser. Puis, Babycall fonce à pleine vitesse vers un final incohérent où la vérité est révélée sans réellement convaincre. Il en reste une histoire touchante, une mise en scène sans folie mais efficace et un long métrage d’être inoubliable.

 

Outre une Noomi Rapace excellente en mère apeurée, Babycall ne suscite qu’un avis mitigé et cache une simplicité trompeuse qui déroute autant qu’elle pourrait séduire, à l’image de sa narration irrégulière.