Comédie, Critiques de films

Critique : Bachelorette, de Lesley Headland

Dans la lignée de Mes Meilleures Amies, Bachelorette se voudrait être une comédie de filles pour tous publics.  D’où le conditionnel.

 

Affiche du film Bachelorette, de Leslye Headland
Affiche du film Bachelorette, de Leslye Headland

 

Regan, Gena et Katie sont inséparables depuis le lycée. Très cyniques, elles sont stupéfaites d’apprendre que leur amie Becky, adorable mais rondouillette, est la première d’entre elles à se marier ! 
Alors que Gena et Katie sont toujours célibataires, Regan harcèle Frank, avec qui elle sort depuis quatre ans, pour qu’il la demande en mariage. Lorsque Becky demande à Regan, particulièrement névrosée, de l’aider à préparer la cérémonie et d’être sa demoiselle d’honneur, celle-ci est furieuse. 
Six mois plus tard, la veille du mariage, Regan, très remontée, tyrannise le personnel et les invités, tandis que Katie et Gena s’apprêtent à faire la fête. Mais tout va de travers.

 

 

À la croisée de Very Bad Trip et Mes Meilleures Amies se situerait Bachelorette, sobre comédie dopée à l’énergie de son casting sexy. Sûr que la réunion menée par Rebel Wilson, vedette du stand up, fait plus d’effet sur notre libido que l’étiquette « co-produit par Will Ferrell et Adam McKay ». Plus que son humour quasi transparent, ce sont donc les pulpeuses Kirsten Dunst, Isla Fisher et Lizzy Caplan qui attirent notre regard. Et pas que. La première se voit promue leader de sa bande de copines prénommée les « faces B ». Elle rêve du mariage et tanne son chéri qui bien évidemment est un aveugle. Le cinéma bien sûr. Qu’on ne s’y méprenne pas, personne n’avait l’habitude de voir la belle blonde provoquer des barres de rire, et Bachelorette ne fait que le confirmer. En revanche son joli minois ne laisse pas insensible. Même constat pour Isla Fisher, maman poule bien cachée derrière les âneries de son compagnon narcissique, Sacha Baron Cohen. Depuis Serial Noceurs, la pétillante rouquine s’est muée en actrice protéiforme sans jamais nous convaincre à nouveau. De retour à ce qu’elle sait faire de mieux, elle hérite ici du rôle de la foncedée de service nourrie aux acides et plastique mise en valeur. Reste Lizzy Caplan, probablement la plus intéressante, névrosée et hantée par le fantôme d’une relation adolescente ratée qui vient resurgir le jour du mariage de la dernière du groupe, La Truie, campée par une Rebel Wilson très effacée.

 

Extrait du film Bachelorette (2012)
Extrait du film Bachelorette (2012)

 

Bachelorette, en cherchant à croiser le délire de femmes ennuyées qui part en sucette, rejoint dans cette chronique sur l’amitié Mes Meilleures Amies, véritable hit de l’année 2011. Misogynie de sortie, happy end conformiste, Bachelorette s’offre des défauts bien évitables. Qu’on se rassure, Dunst n’a ni l’audace ni le brio humoristique de Kristen Wiig et Rebel Wilson n’est pas Melissa McCarthy. Rythme suffisant, acteurs surjouants, narration linéaire et humour absent, Bachelorette manque clairement à ses objectifs, sans paraître pour autant désagréable à l’écran.  Peut être trop politiquement correct, ce premier film de Leslye Headland est à l’image de ses comédies fausses héritières de l’esprit Apatow, trop limitées dans leurs récits et contraintes à des fulgurances humoristiques capilotractées, pourvu sur le spectateur y réponde par le rire. Bachelorette passe à côté de ce minimum syndical et repose uniquement sur la belle heure et demie passée aux côtés d’un casting d’actrices bien gaulées. Triste.