Critiques de films

Critique : Black Blood, de Miaoyan Zhang

Pour son second long-métrage, Miaoyan Zhang raconte le quotidien d’une famille pauvre et campagnarde dans la Chine populaire en pleine modernisation.

 

Affiche du film Black Blood, de Miaoyan Zhang
Affiche du film Black Blood, de Miaoyan Zhang

 

Xiaolin et sa femme vendent leur sang pour payer l’école de leur fille. Ils finissent par créer une petite banque du sang qu’ils nomment Ali-Baba. Avec ces profits importants, la cour autrefois déserte se remplit de moutons. Mais Xiaojuan, l’épouse, découvre qu’elle est séropositive.

 

Dès les premières scènes, le ton est donné. Black Blood va peindre en noir et blanc une image de la société chinoise contemporaine, le tout à travers des scènes d’une longueur presque pénible. Le noir et blanc renforce un certain esthétisme, s’empresse d’installer une certaine froideur, et permet d’aborder frontalement les thématiques du film, notamment la pauvreté. Black Blood raconte donc comment une famille arrive à financer l’éducation de leur fille en vendant leur sang pour payer l’école. Le film propose un discours lénifiant sur la modernisation d’un pays, tout en se servant de la pauvreté d’une bonne partie de sa population pour l’illustrer. Un paradoxe certes intéressant, mais un peu lisse. La preuve, le cinéaste (parti aux États-Unis depuis ses études) n’a eu aucun problème avec la censure de son pays pour ces deux films, bien que le dernier ait été fait sans autorisation.

Avec une mise en scène qui joue l’économie dans ses mouvements, très répétitifs d’ailleurs, Black Blood s’enfonce peu à peu dans une langueur décevante. Il filme un quotidien apathique et néanmoins obligatoire, parce qu’il est nécessaire de montrer la souffrance sous tous les angles possibles. Entre les goulots et les rots, le spectateur se retrouve face à un quotidien presque burlesque, aussi aride que les décors qu’il filme de façon très linéaire. Peu de mouvement, un propos parfois intéressant, mais sans réel relief, Black Blood vaut le coup d’œil pour son message et son allure physique. Mais pas sur deux heures de pellicules.

 

L’avis : Répétitif, inlassable, quand la mise en scène se met au rythme du scénario. Black Blood raconte le quotidien d’une famille de rase campagne, ostracisé et exclu d’une modernisation propagandiste. Conclusion : le modèle communiste est un leurre et le monde moderne avance à grand pas pour en montrer les limites.