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Critique : Camille Claudel 1915, de Bruno Dumont

Retour sur Camille Claudel 1915 qui poursuit sa tournée des festivals et vient de poser ses valises à Bruxelles.

 

Affiche du film Camille Claudel 1915, de Bruno Dumont
Affiche du film Camille Claudel 1915, de Bruno Dumont

 

Camille Claudel 1915 est le nouveau film de Bruno Dumont. Ce dernier, habitué aux films sérieux, dramatiques, continue sur sa lancée mais en faisant une exception à une de ses règles. Généralement, il tourne avec des acteurs peu connus et pourtant, ici, on retrouve Juliette Binoche en tête d’affiche. C’est cette dernière qui avait exprimé son désir de tourner avec le réalisateur et, quand l’opportunité est arrivée, ils se sont lancés directement.

 

1915. Camille est dans une maison de santé dans le sud de la France. Elle craint qu’on ne veuille l’empoisonner, qu’on lui veuille du mal. Une chose la réjouit, la prochaine venue de son frère.

 

En deux heures et demie, il n’y a pas énormément de choses qui se passent. Bruno Dumont prend le temps de poser sa caméra et de parfois, se laisser aller vers l’inattendu.  Ses plans alternent le très silencieux et le bruyant inhérent à une représentation de la folie, le centre de santé étant rempli de ses pensionnaires, handicapés, autistes, véritables malades. Cela exaspère Camille d’ailleurs. Elle voudrait partir parce qu’elle ne comprend pas ce qu’elle fait là. Et c’est ça le propos du film : l’enfermement, la privation de liberté, l’angoisse, la détresse.

 

 

Extrait du film Camille Claudel 1915 (2013)
Extrait du film Camille Claudel 1915 (2013)

 

Et pour exprimer cette détresse, Juliette Binoche livre une excellente prestation (nomination aux César ?). En la voyant, on ressent le désespoir de Camille Claudel. Elle arrive à faire passer des émotions par son simple regard, ses gestes. Parce que oui, ce film ne regorge pas de dialogues. Et c’est une des forces du cinéma de Bruno Dumont. De par son style léché, sa longueur de plans et, quand il y en a, le silence ambiant, Dumont arrive à tout faire comprendre au spectateur sans que celui-ci n’ait besoin d’entendre des dialogues.

 

Alors même si tout est très travaillé, très maitrisé, cela n’empêche pas l’ennui de s’installer. C’est d’autant plus dommage que sur la forme et le fond, c’est plutôt réussi mais, malgré tout, on trouve le temps long. Il y a toute une partie avec le frère, Paul, avant que celui-ci n’aille rendre visite à sa sœur, qui est assez inutile si ce n’est qu’elle explique bien l’intérêt de Paul pour la religion. C’est un passage qui est un peu pénible à suivre.

 

L’avis : Camille Claudel 1915 est un exercice relativement réussi qui n’empêche pas le spectateur de s’ennuyer. Dommage car c’est un film qui a malgré tout beaucoup de maitrise, magnifié par une Juliette Binoche superbe, très en forme dans son rôle.