Comédie, Critiques de films

Critique : Cassos, de Philippe Carrèse

Petite parodie sans prétention du film de gangster, Cassos peut jouir d’une certaine sympathie malgré de nombreuses lourdeurs qui lui font perdre beaucoup d’intérêt. Est-ce suffisant pour autant ?

 

Affiche du film Cassos, de Philippe Carrèse
Affiche du film Cassos, de Philippe Carrèse

 

 

Marc, un assureur de province, médiocre et psychorigide, rentre en contact avec le Milieu pour faire éliminer sa femme, insupportable matrone castratrice. Chauffeur occasionnel et improbable sur le casse minable d’une bijouterie, Marc est pris en pitié par Toulouse, truand de seconde zone qui, plus par mépris que par compassion, va lui montrer les ficelles du métier à travers plusieurs expériences sur le terrain. Pour Marc, cette série de rencontres et de péripéties s’avère être une révélation. Ce voyage initiatique nocturne lui permettra d’appréhender son potentiel de tueur… toujours psychorigide et médiocre, mais en plus, à présent, dangereux !

 

 

Cassos se veut être une comédie d’auteur, drôle et populaire à la fois. Jouant sur le particularisme régional façon Bienvenue chez les ch’tis avec moins de budget, Cassos se pose comme une parodie minimaliste du cinéma de gangster-mafia, mêlée au roman noir dont le réalisateur est un spécialiste, puisqu’écrivain en la matière. Le constat en est tout autre. L’histoire se déroule dans les trois unités classiques du théâtre moderne (lieu, temps, action), entre la voiture utilisée comme lieu clos et quelques lieux stratégiques de la ville (rue, maison, port, bar, bijouterie). Comme le cinéma des frères Coen que le réalisateur érige en modèle, Cassos souffre de son faux-rythme. Des dialogues sans grand intérêt, un humour irrégulier, des répétitions… Cassos tourne en rond et trouve vite ses limites. Fort heureusement, cette pseudo parodie qui finalement n’exploite qu’à peine son filon d’origine (même Patrick Bosso en guest n’amuse guère) ne dure qu’un peu plus d’1h20. Simon Astier peine à nous tenir éveillé alors que Didier Benureau n’exploite pas plus ses talents d’humoristes, coincé dans son personnage vide. . Il se dégage pourtant une certaine forme de sympathie autour de ce long métrage de Philippe Carrèse dont c’était le premier passage au cinéma, parce que certaines scènes téléphonées prêtent à sourire, parce que les personnages finissent par être attachants, ou parce que la construction en saynètes arrive à faire avaler le film plus vite que prévu. Un moindre mal.

 

L’avis : Loin d’être une comédie parodique populaire et efficace, Cassos s’embourbe dans une action qui tourne en rond, propose peu de références et où le jeu d’acteur ne s’exprime que trop rarement.