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Critique : Chronicle, de Josh Trank

Qui n’a jamais rêvé d’avoir un superpouvoir ? Tel est le pitch de départ de Chronicle, petit coup de cœur SF, intégralement tourné en caméra subjective qui propose un regard sur l’adolescent, aussi intéressant que passionnant.

 

Affiche du film Chronicle, de Josh Trank
Affiche du film Chronicle, de Josh Trank

 

 

 

Après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, trois lycéens se découvrent des supers pouvoirs. La chronique de leur vie qu’ils tenaient sur les réseaux sociaux n’a désormais plus rien d’ordinaire…
D’abord tentés d’utiliser leurs nouveaux pouvoirs pour jouer des tours à leurs proches, ils vont vite prendre la mesure de ce qui leur est possible. Leurs fabuleuses aptitudes les entraînent chaque jour un peu plus au-delà de tout ce qu’ils auraient pu imaginer. Leur sentiment de puissance et d’immortalité va rapidement les pousser à s’interroger sur les limites qu’ils doivent s’imposer… ou pas !

 

 

 

 

Au départ, il y a un jeune (Andrew) qui filme sa vie comme on écrit dans un journal intime, alors que d’autres l’affichent sur les réseaux sociaux. La vie d’Andrew, c’est des railleries venant de la part de ces camarades lycéens, c’est un bouc émissaire tout trouvé, qui tente de survivre entre une mère mourrante et un père alcoolo, violent et répulsif. Bref, la vie d’Andrew est plus que morose. Là-dessus, rien de surprenant, c’est plutôt lisible, et Josh Trank – le réalisateur de Chronicle –  et son scénariste Max Landis – oui le fils de John Landis – arrivent à donner une sincérité touchante à ses thématiques. Le véritable tour de force, c’est la suite. Aux côtés de deux autres lycéens – l’un est un proche, l’autre est une star du lycée – il découvre une cavité abritant un étrange minéral lumineux. Le lendemain, les trois jeunes se retrouvent avec un étrange pouvoir : la télékinésie, ou psychokinésie (créer le mouvement d’un objet par l’esprit). De jeunes adolescents qui acquièrent des supers pouvoirs à la suite d’un phénomène inexpliqué, ce n’est pas sans rappeler les séries Heroes ou Misfits. Plagiat ou copier-coller bien tapissé ? Absolument pas. Pour la simple et bonne raison que Chronicle propose du cinéma, un véritable divertissement intelligent, piloté par un réalisateur audacieux, le tout en 1h20.

 

Extrait du film Chronicle (2012)
Extrait du film Chronicle (2012)

 

 

La force de Chronicle, c’est de s’afficher en teen-movie intelligent, réaliste, rythmé et en même temps profondément original. En utilisant le found footage (le « film trouvé » en quelque sorte) et la caméra subjective, Chronicle propose une forme convaincante avec un fond pertinent. Une parabole de l’adolescent et d’un monde en mutation, l’impossible communication quand toute une vie est bousculée par ces étranges pouvoirs. Logiquement, Andrew, le garçon mal dans son peau, se voit bouffer par ses pouvoirs, au point de ne plus arriver à se contrôler. Une dérive passionnante, alimenté dans un rythme toujours convaincant. En dépit de quelques effets spéciaux cheap, Chronicle passionne aussi bien pour son spectaculaire que pour son fond. Il garde un suspense intact, fait monter la tension, alterne les moments d’humour et d’incongru, avec un dramatique de situation. En somme, Trank et Landis arrivent à faire ce que peu de films de SF ont réussi à faire dans un passé proche. Le film prouve qu’il ne suffit pas d’être attirant visuellement pour convaincre sur l’ensemble.

 

 

L’avis : Un teen-movie intrigant qui tient toutes ses promesses et propose une action sans baisse de régime, un propos intelligent sous la parabole de l’adolescent et une originalité visuelle séduisante. Incontournable !